Du côté des partis

Avant les élections du 25 mai 2014, la Ligue des familles a passé en revue les priorités des différents groupes politiques sur les matières familiales. Premier thème, l’argent : les présidents de partis répondent aux revendications du mouvement sur les allocations familiales et les contributions alimentaires. Leurs réponses en images.

La crise économique a touché les familles de plein fouet. Le taux de pauvreté a augmenté et le risque de précarité s'est étendu à presque toutes les catégories socioéconomiques. Face à cette situation, les allocations familiales et les créances alimentaires représentent un outil important de lutte contre la pauvreté et la précarité. À la suite de son Mémorandum, la Ligue des familles a soumis plusieurs propositions importantes aux partis politiques durant le mois de mars 2014. Voici leurs réponses.

Les allocations familiales

Pour assurer une compensation plus solidaire de la charge financière des enfants, soutenir les parents d’aujourd’hui, lutter contre la pauvreté infantile et pour que les allocations familiales soient considérées comme un droit de l’enfant, la Ligue des familles propose notamment de supprimer les rangs et d’accorder une allocation universelle de base pour chaque enfant

Les réponses des partis politiques

Le MR est en phase avec la Ligue des familles sur ses propositions d’allocation universelle et de suppression des rangs. Mais Olivier Chastel, président du MR, attire l’attention sur la situation budgétaire : il ne sera pas possible de garantir une allocation de 160 € par mois pour chaque enfant sans passer par des étapes intermédiaires. La première priorité du parti est donc de réussir l’implémentation du transfert de cette compétence afin que le système de paiement reste efficace.
Le MR veut avoir la garantie qu’en cas de changement de domicile, il y ait une continuité dans le versement des allocations familiales.

Le PS adhère à cette conception d’une allocation universelle avec des suppléments de revenus mais reste prudent quant aux modalités. En effet, un changement de système peut entraîner des blocages et des problèmes. Il faut plusieurs années pour que les familles ne ressentent pas les changements de manière brutale. Il faut profiter de ce transfert de compétences pour construire un nouveau consensus sur ce sujet. L’essentiel actuellement est d’éviter que les parents ne perdent des revenus lors du transfert.
Le PS plaide pour maintenir le système le plus proche entre la région bruxelloise et la région wallonne. Ce n’est pas aux parents à faire la demande mais c’est aux prestataires à s’adapter aux changements de situation. Pour autant, on ne peut pas garantir que les systèmes convergeront systématiquement.

Pour le cdH, ce ne sont pas les allocations familiales en tant que telles qui doivent réduire les inégalités dans le chef des familles mais plutôt la fiscalité. Pour autant, le cdH reste attaché au principe « 1 enfant = 1 enfant ». Le cdH est favorable à une allocation universelle mais uniquement pour les nouvelles familles. Le parti craint que ce système pénalise les familles nombreuses. Il plaide pour le maintien de certains suppléments (familles d’enfants en situation de handicap, enfants malades…) voire les augmenter dans certaines situations.
Enfin, le cdH défend un modèle de gestion identique à Bruxelles et en Wallonie. Il faut un seul interlocuteur pour chaque famille.

Pour Ecolo, les allocations familiales sont avant tout un droit de l’enfant. Cette conception s’inscrit dans une logique plus large : celle de l’individualisation des droits. Ecolo plaide pour la suppression des rangs. Mais la priorité du moment est de continuer à assurer le paiement régulier  des allocations familiales suite au transfert de cette compétence aux entités fédérées. Si la machine institutionnelle et administrative est opérationnelle avant 2020, Ecolo ne voit pas de raison de retarder la mise en place d’un nouveau système d’allocations familiales.
Ecolo plaide pour une indispensable coopération entre toutes les entités fédérées, y compris avec la Région flamande. Concernant la Région Bruxelloise, la priorité est d’éviter l’émergence de sous-nationalités.

Le FDF est favorable à la proposition de la Ligue des familles d’instaurer un système universel. Pour le parti, il faut instaurer une égalité de traitement pour chaque enfant. Le FDF est favorable à un système de suppléments à partir de l’âge de 14 ans et des suppléments conditionnés à la situation économique des parents.
Le FDF souhaite la convergence entre Bruxelles et la Wallonie concernant les allocations familiales. Il plaide également pour qu’il n’y ait pas de changements en cas de déménagement.

Le PTB défend la refédéralisation des allocations familiales et demande pour le moment que les montants restent identiques des deux côtés de la frontière linguistique. Il défend le principe d’une allocation universelle si à côté il y a une vraie justice sociale. Le PTB conçoit les allocations familiales comme un moyen de lutte contre la pauvreté infantile. Le PTB veut éviter cette spirale vers le bas et la mise en concurrence des régions.
Concernant les suppléments pour les bas revenus, le PTB y est favorable. La lutte contre la pauvreté est un combat central pour le PTB.

La Ligue des familles revendique:

  • Une allocation universelle de base de l’ordre de 150€ pour chaque enfant. On ne tient plus compte du statut socioprofessionnel du parent ni du rang de l’enfant.
    Objectif: garantir le droit de chaque enfant, soutenir la parentalité d’aujourd’hui.
     
  • Un supplément par enfant pour les familles à revenus modestes  : 50 € par enfant .
  • Un supplément par enfant pour les familles nombreuses à revenus modestes : 30 € par enfant

    Objectif: renforcer la justice sociale, combattre le risque de pauvreté de ces familles et en particulier la pauvreté infantile.
  • Un supplément d’âge par enfant, à partir de 14 ans : 42,5 € par enfant

    Selon les résultats de nos études, le coût de l’enfant fait un bond au moment de l’adolescence. Les suppléments d’âge tels qu’ils existent aujourd’hui ne correspondent pas à cette réalité.
  • Des allocations majorées pour les enfants handicapés ou orphelins.
    On ne touche pas à la situation existante.
  • Personne ne doit subir de réduction d'allocations familiales.
    Le transfert de compétence ne peut provoquer une diminution de revenu pour les familles. Le nouveau système doit donc s’appliquer progressivement.