Du côté des parents

Que font les parents de l’allocation familiale qui varie sensiblement selon le nombre d’enfants et la situation ? Le Ligueur a frappé à la porte de différentes familles et sondé des parents indépendants, veufs, séparés, des familles nombreuses, recomposées… Les uns n’en voient pas la couleur. D’autres en ont une utilisation bien précise.

Virginie

Un geste, rien de plus

« Notre ménage touche 82 € par mois. Qu’est-ce que tu veux faire avec ça ? Avec cette somme, on peut aller une fois chez le pédiatre et acheter une boîte de lait par mois. Je ne touche aucun revenu pendant les huit semaines de congé de maternité auxquelles j’ai droit. Pour garder mon statut d’indépendante et préserver mes droits aux allocations et à la prime de naissance, je dois continuer à payer mes cotisations sociales. J’ai aussi mes versements anticipés d’impôts... Le montant est tellement dérisoire que ça va être englouti dans les frais généraux. C’est un geste, rien de plus. C’est vraiment un choix d’être parents quand on est indépendants. Ça demande des sacrifices financiers et un soutien familial. »

Virginie, indépendante, en couple avec un indépendant, un bébé de 7 semaines.

Jean-François

On n’est pas parvenu à s’entendre

« C’est mon ex qui touche les 480 ou 490 €. Je ne sais pas ce qu’elle en fait exactement. C’est elle qui paie pratiquement tous les frais scolaires, la garderie après l’école, la plupart des vêtements. Moi je les ai cinq jours sur quatorze. En théorie, nous devrions partager les allocations. En plus, ils sont tous les trois à sa charge et c’est elle qui a tout l’avantage fiscal lié aux enfants. Mais on n’a pas fait de calcul sérieux, on n’est pas parvenus à s’entendre sur un accord financier formel et on n’est jamais passé devant le juge. Je devrais percevoir une alloc et sans doute profiter d’une part de la déduction fiscale, mais je ne suis pas revendicatif à ce niveau-là. »

Jean-François, papa séparé, trois enfants (9, 7 et 5 ans)

Natacha

Veuve, je me remets en ménage

« Je reçois les allocations majorées depuis le décès de mon compagnon, et jusqu’à ce que je sois à nouveau officiellement en ménage avec quelqu’un, que ce soit ma sœur, ma mère, une amie… Je me suis remise avec quelqu’un récemment. On habite ensemble depuis quelques mois, mais tant qu’il n’a pas un emploi stable, il n’habitera pas officiellement chez moi. Oui, les allocs majorées ont joué dans la décision. Bien sûr, tout l’argent des allocs va aux enfants. Mais je serai un peu perdante le jour où mon nouveau compagnon sera domicilié chez moi… »

Natacha, veuve, trois enfants

Mathieu

Avec quatre enfants, c’est le minimum

« Je reçois environ 700 €. C’est moi qui les touche, je ne sais pas bien pourquoi, ça s’est fait un peu par hasard. En tout cas, avec quatre, pour moi, c’est le minimum. Ça permet de ne pas être dans le rouge à la fin du mois. Ça ne couvre même pas les courses de bouffe. Et ça ne compense pas non plus les frais scolaires, la garderie, les couches… On ne fait pas d’économies pour leurs études. Quatre enfants, ça coûte un pont. »

Mathieu, quatre enfants (entre 2 et 5 ans)

Marie

Une somme à heure et à temps !

« Nous n'avons jamais eu de soucis avec le payement si ce n'est la dernière fois que mon mari a changé d'employeur (il était basé en Flandre et travaille actuellement sur Bruxelles). Alors qu'on nous avait dit que le transfert allait se faire automatiquement, je me suis rendu compte après deux ou trois mois où nous avions vraiment du mal à joindre les deux bouts et devions puiser dans les réserves que le problème venait du fait que nous n'avions pas perçu nos allocations car le dossier n'avait pas été transmis de l'ancienne caisse à la nouvelle. Après un coup de téléphone, tout est rentré dans l'ordre assez rapidement. »

Marie, mariée, trois enfants (11, 9 et 6 ans)

Vincent

Intégré au budget

« Sarah est à la charge de Stéphanie. Et je ne sais pas à quoi exactement la maman de Sarah destine cette allocation. Je l’ignore même chez moi. Anne reçoit 88,51 € pour Chloé. C’est intégré au budget commun, ce n'est donc pas alloué à quelque chose en particulier. »

Vincent, papa de famille recomposée, deux enfants (7 ans et 8 mois)

Suzanne

Un enfant d'indépendant, c’est pas moins cher

« Pour la naissance de notre premier enfant, les allocations étaient encore vraiment dérisoires par rapport aux salariés (une trentaine d'euros par mois si je me souviens bien). Il était vraiment temps qu'elles s'alignent sur les autres ! Que voulez vous faire avec 30 € par mois ? Un enfant d'indépendant ne coûte pas moins cher qu'un autre. Et quand on lance sa propre activité, les finances sont assez chaotiques... »

Suzanne, maman indépendante, quatre enfants

Les autres

Retrouvez d'autres témoignages de parents dans le dossier du Ligueur.

La Ligue des familles revendique:

  • Une allocation universelle de base de l’ordre de 150€ pour chaque enfant. On ne tient plus compte du statut socioprofessionnel du parent ni du rang de l’enfant.
    Objectif: garantir le droit de chaque enfant, soutenir la parentalité d’aujourd’hui.
     
  • Un supplément par enfant pour les familles à revenus modestes  : 50 € par enfant .
  • Un supplément par enfant pour les familles nombreuses à revenus modestes : 30 € par enfant

    Objectif: renforcer la justice sociale, combattre le risque de pauvreté de ces familles et en particulier la pauvreté infantile.
  • Un supplément d’âge par enfant, à partir de 14 ans : 42,5 € par enfant

    Selon les résultats de nos études, le coût de l’enfant fait un bond au moment de l’adolescence. Les suppléments d’âge tels qu’ils existent aujourd’hui ne correspondent pas à cette réalité.
  • Des allocations majorées pour les enfants handicapés ou orphelins.
    On ne touche pas à la situation existante.
  • Personne ne doit subir de réduction d'allocations familiales.
    Le transfert de compétence ne peut provoquer une diminution de revenu pour les familles. Le nouveau système doit donc s’appliquer progressivement.