Activités MouvementLe Ligueur du Mouvement

Ans: D’rôles de parents : à vous de jouer

« Métro, boulot, dodo », disent les travailleurs. « Écoles, loisirs, famille, extrascolaire », complètent les parents. Face à l’hyperconsommation, la sur-occupation, les rythmes souvent infernaux du quotidien parental, le groupe local d’Ans a voulu réfléchir et agir contre cette mode des « superparents ».

Invitation a été faite au psychologue Bruno Humbeeck, de l’Université de Mons, pour éclairer les quelque 80 participants à une soirée. « Parent hélicoptère, parent drone, parent-kurling… Les symptômes de l’hyper-parentalité tendent actuellement à s’organiser en syndromes pour définir des types particuliers de comportements et d’attitudes parentales parfois étranges aux yeux des observateurs, souvent déroutants pour le parent et généralement déstabilisants pour les enfants », constate-t-il. Et de poursuivre : « Parents déboussolés, enfants désorientés, entre injonctions paradoxales, attentes anxieuses et peurs irraisonnées, les parents, de nos jours, ne se contentent plus d’élever des enfants. Ils prétendent davantage éduquer des enfants heureux et destinés à l’être jusqu’à la fin de leur vie. Cette tâche met à la fois sur eux-mêmes et sur leur progéniture une énorme pression. »

La Ligue en soutien à la parentalité

Voilà pour le constat, que chaque parent, en particulier ceux d’enfants en âge scolaire mais pas seulement, peut ressentir jusque dans ses tripes. Pour agir, un groupe de Citoyensparents s’est constitué autour de la Ligue des familles, de l’AMO (Aide en Milieu Ouvert) La Boussole et du Centre culturel d’Ans.

« Après cette conférence sur la slow parentalité, les participants ont concocté une « soupe de la slow parentalité » avec toutes les idées émises face à des situations de stress. Nous voulions montrer l’importance de ne pas se mettre la pression, de ralentir la cadence avec ses enfants, de mieux profiter d’eux, de respecter davantage leurs rythmes », se souvient Marie Evens, maman d’Odile et Alice, volontaire de la Ligue des familles à Ans. Des pistes à destination des parents envers eux-mêmes, à l’égard de leurs enfants mais aussi à l’intention des politiques ainsi que des professionnels de l’enseignement ou de la santé.

Toutes ces idées, ils décident  de  les traduire en situations de vie et de les mettre en scène dans un jeu de rôles. Rapidement, le groupe tombe d’accord sur un nom prédestiné pour ce jeu de société : D’rôles de parents. « Avec D’rôles de parents, j’espère pouvoir aider les parents qui ont des difficultés avec leurs enfants, leur proposer un outil pour sortir de leur solitude. Même si je ne suis pas une professionnelle, j’apporte un regard d’observatrice, plus concret, plus quotidien peut-être », confie Marie lors d’une réunion du groupe au Centre culturel d’Ans.

Pour une slow éducation

Avec la création collective et participative du jeu D’rôles de parents, le groupe Citoyensparents de Ans milite pour le respect du rythme de chacun à travers une forme de slow éducation. Un prototype a été élaboré, puis testé dans un groupe de femmes du CPAS et en AMO, mais aussi au salon de la slow attitude du Centre culturel, où le groupe a invité les parents à réfléchir à une modification des rythmes scolaires inscrite dans le Pacte pour un enseignement d’excellence. La preuve que cette démarche EP s’inscrit totalement dans les combats de la Ligue, notamment pour la conciliation des temps parentaux ! Aujourd’hui, le groupe est fier de pouvoir présenter un joli boîtier avec jeux de cartes-situations et cartes-réponses, un règlement, des accessoires pour se mettre dans la peau d’un personnage, etc. Un jeu où, bien évidemment, il n’y a ni gagnant, ni perdant. Envie d’en savoir plus ? Sachez qu’il sera en démonstration à la 4e édition du salon de la slow attitude à Ans les 22 et 23 octobre. D’ici là, il peut être utilisé en animation en s’adressant à Evelyne de Locht, chargée de projet en Éducation Permanente (e.delocht@liguedesfamilles.be)

Michel Torrekens