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Apprendre le français. et bien davantage!

Longtemps appelés ateliers FLE (Français Langue Étrangère), ceux-ci se sont vus adjoindre le terme Agora. Agora comme lieu d’échanges d’expériences, d’idées, de cultures, de savoirs. Ils sont présents à La Louvière, Liège et Bruxelles.

Bien plus qu’un objectif fonctionnel, l’insertion socio-professionnelle par l’apprentissage de la langue française, les ateliers AGORA/FLE ont pour objectifs l’épanouissement des bénéficiaires au sein de leur famille et de la société, à l’école, dans les administrations et loisirs, lors de la recherche d’un emploi, en tant que citoyen-acteur, etc. Le français y est un moyen d’émancipation plus qu’une fin en soi.

T comme travail, T comme temps

C’est dans cette optique que les groupes AGORA/FLE de La Louvière ont décidé de se saisir d’une thématique bien parentale: la conciliation des temps familiaux et professionnels, problématique qui avait été retenue par les volontaires de la Ligue des familles lors de la rencontre régionale du Centre en début d’année. Une douzaine de personnes, de cinq pays différents, toutes parents, ont réfléchi sur les contraintes qui pèsent sur les parents et leurs causes, afin de dégager des pistes d’action pour alléger ces charges, individuellement et collectivement.

Maman, ralentis s’il te plait!

Après une première approche assez complexe pour les participants autour des notions de burn out parental, d’épuisement émotionnel et de conciliation, l’animatrice a choisi de lire un texte plus parlant: Maman, ralentis s’il te plaît!, de Rebekah Knight. Un poème qui donne la parole à un enfant face à sa mère, trop occupée pour se poser et profiter de moments précieux avec ses enfants. « Il en est ressorti beaucoup d’émotionnel, se souvient Sonia Bongi, chargée de projets AGORA/FLE, beaucoup de références à l’éducation reçue de leurs propres parents, des souvenirs, des anecdotes sur leur enfance, des différences avec les relations qu’ils entretiennent avec leurs enfants aujourd’hui. Beaucoup d’échanges très riches aussi sur leur rôle de parents d’origine étrangère, dans les conditions qui sont les leurs... » Obstacles pour trouver un logement ou un emploi, insécurité liée à l’obtention d’un statut, éloignement familial, précarité financière, etc.

La post-it attitude

Dans une étape suivante, les apprenants ont été invités à répondre à deux questions sur des post-it: d’abord sur les différences de problèmes rencontrés dans leur pays d’origine respectif et en Belgique; ensuite sur les inquiétudes et difficultés spécifiquement parentales chez eux et ici. Premier constat: parents d’ici et parents de là-bas, même combat: « Ce que veulent les parents, explique Sonia Bongi, quels que soient leurs origines, leur situation financière, leur statut social, qu’ils vivent au cœur d’une grande ville ou dans un village perché sur une montagne, c’est le bien-être et l’épanouissement de leurs enfants. » Un autre constat a amené le groupe à se concentrer sur le rôle des mamans, majoritaires parmi les apprenants: « En effet, précise Sonia Bongi, leurs réponses montrent que la charge parentale est essentiellement portée par les mères, avec un plus pour les mamans solos qui subissent des pressions financières et culturelles supplémentaires. » Formation en français langue étrangère oblige, il a alors été décidé d’écrire collectivement un texte qui porterait la voix de toutes les mamans du monde. Un texte qui a séduit les animateurs et animatrices de la Ligue des familles lesquel.le.s ont proposé de le mettre en valeur au sein de l’exposition montée à Bruxelles pour le 40e anniversaire du Prix Bernard Versele, autre démarche de sensibilisation à la lecture, à l’écriture et à la langue française comme outil d’émancipation (lire article page 4).

Une belle reconnaissance

L’objectif suivant que le groupe s’est donné est, idéalement, d’identifier et de mettre en place des solutions pour alléger cette fameuse charge parentale. En attendant, confie Sonia Bongi, « ils ont été très touchés et fiers de participer à cette exposition. Les créations artistiques qui accompagnent le texte final leur ont permis de découvrir de beaux talents au sein du groupe. »

Michel TORREKENS