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Esneux : causes communes

Les citoyens sont des participants du Service d’Insertion Sociale du CPAS d’Esneux (SIS). Dès lors, il s’agit d’un public fragilisé qui émarge au CPAS ou d’autres services locaux : Centre de santé mentale, Plan de Cohésion Sociale, Plan Habitat Permanent, etc. ou tout simplement, arrivés grâce au bouche-à-oreilles. Ce sont souvent des personnes qui souffrent d’isolement et qui ont besoin de (re)créer un réseau social autour d’elles.

« L’origine de ce partenariat remonte à l’année 2012, explique Cécile Gérard, du S.I.S. En effet, mon public cible, des adultes victimes d’exclusion sociale, avait établi le constat suivant : parmi les parents qui composaient le groupe, beaucoup rencontraient des difficultés avec leurs enfants adolescents à la maison. Par conséquent, nous avons proposé plusieurs ateliers parentalité sur cette thématique et d’autres encore, sur des problématiques que pouvaient rencontrer parents et/ou grands-parents. Ceci dans le but de leur permettre de s’informer et de constater qu’ils n’étaient pas seuls à rencontrer ce genre de difficultés et donc proposer un schéma rassurant et non culpabilisant. »

Ensuite, ils ont convenu d’élargir leur partenariat pour convenir d’actions communes et cohérentes sur le public cible : ils se tournent vers un Planning Familial et la Maison des Jeunes d’Esneux-Tilff. Avec eux, ils travaillent  sur différents modules dont les thématiques ont été érigées par les différents groupes : la vie affective et sexuelle, le harcèlement, la démocratie, etc. « Dans un premier temps, se souvient Cécile Gérard, nous avons souhaité travailler sur des projets de type intergénérationnel mais finalement, faute d’un public jeune suffisamment nombreux, nous avons évolué vers d’autres objectifs.A l’heure actuelle, après avoir travaillé dernièrement sur la notion de citoyenneté, nous avons observé que les groupes ressentaient désormais le besoin d’agir et de retrouver une place dans la vie sociale. Dès lors, nous invitons les participants à se mobiliser autour d’une cause commune à laquelle ils sont sensibles et que le groupe choisit lui-même et, durant quelques ateliers (5 à 6), ils organisent la manière dont ils vont agir en faveur de cette cause. Ensuite, nous choisissons un événement sur la commune auquel nous pouvons nous greffer pour avoir un public et pour que les participants puissent faire entendre leur voix. »

Concrètement, des exemples d’implications citoyennes locales ou régionales réussies leur sont présentés afin de faire émerger des idées chez les participants. C’est ainsi que le film Demain a été projeté et suivi d’un débat. « Cela a permis au groupe de lister des initiatives citoyennes et collectives au niveau local, explique Evelyne de Locht, chargée de projet Education Permanente de la Ligue des familles. En 2017 nous avons réfléchi ensemble sur le thème de la Lutte, nous avons visité l’exposition En Lutte, histoires d’émancipation. Les participant-e-s ont ainsi réfléchi aux luttes qui les motivent en tant que citoyen-ne-s. »

Plusieurs idées sont apparues, en lien avec des préoccupations locales :

  • La faune et la flore : protection des arbres à cause des castors. Quels arbres protégés ?
  • Incivilité : gestion des déchets dans l’Ourthe.
  • Mon avenir professionnel : source d’inquiétude
  • Mon bien-être personnel : améliorer ce qui me touche directement
  • Un potager collectif (avec un cadre à mettre au point, un terrain à trouver …)
  • Une Give box dans un lieu ouvert qui pourrait accueillir des vêtements, des livres ….

« Au vu de cette liste, poursuit Evelyne de Locht, le groupe a décidé de créer un répertoire de tout ce qui se fait par rapport à l’environnement sur la commune : le collectif citoyen a rencontré des acteurs de la société afin d’affiner le choix d’une action collective. Chacun a récolté un maximum d’infos sur les différents sujets qui avaient retenu leur attention : verger, ruche, maraîchage, arbres, castors, gestion des déchets, agriculture, faune piscicole sur la région… Ils en ont fait une sorte de mini parcours avec différents postes qui fut présenté à l’occasion de la fête des voisins. »

Pour des professionnels comme Cécile Gérard, cette action a permis de dégager déjà quelques conclusions. Quels en ont été les principaux enseignements à ses yeux ? « Je constate que le public cible se sent réellement EXCLU de la société : soit par ignorance, soit par dégoût du système social, il est certain qu’il n’y trouve pas sa place. Ce genre d’ateliers lui propose de réfléchir les choses autrement. Je pense qu’il est indispensable de semer des graines dans les esprits de chacun qui germeront ou non ultérieurement. Grâce à ces ateliers, ils ont le sentiment d’être entendu et pris en considération. De ce fait là, ils sont davantage disposés à s’informer et à « agir ».

Quand on lui pose la question de ses objectifs pour la suite, Cécile Gérard n’hésite pas une seconde : « Continuer et surtout, nous efforcer de proposer des modules d’animation en correspondance avec les attentes et les besoins des bénéficiaires, de tenir compte de leur réalité sociale. »

Michel Torrekens