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Saint-Hubert: autour de la précarité

Depuis 2017, le CIEP Luxembourg et la Ligue des familles se sont associés pour proposer des actions spécifiques autour de la précarité: un ciné-débat, une fresque d’émergence, une expo., etc.

Depuis 2015, le CIEP  organise des soirées mensuelles « Ciné-débat » pour mieux appréhender des réalités sociétales. Sur l’environnement, notre consommation, le statut des femmes, le handicap, les migrations, la démocratie et de multiples sujets d’actualité, le grand écran, sous forme de fictions ou de documentaires, offre un regard aiguisé , artistique et émotionnellement fort. Il permet aussi d’interpeller les spectateurs, d’ouvrir le débat, de faire émerger une pensée critique et, éventuellement, de mobiliser.

Le prix du pain

La précarité peut avoir plusieurs visages, mais l’un des plus pénibles tient à l’alimentation: les difficultés rencontrées pour nourrir sa famille.

Les résultats d’une première série d’ateliers d’expression politique sur la précarité ont dès lors été exposés lors d’une projection du documentaire Le prix du pain au Centre culturel de Saint-Hubert, en présence d’élus saint-hubertois, du président du CPAS et de Christine Mahy, présidente du Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté. L’occasion pour les participants de faire entendre leurs revendications. Pour nourrir cette soirée, une fresque d’émergence a été élaborée autour de la phrase: « Seul, on va vite. Ensemble, on va loin. »

Une autre salve d’interpellations est née d’une série de caricatures destinées elles aussi à favoriser l’expression. Car l’un des objectifs était que les participants confrontés à la précarité puissent retrouver une certaine confiance en leur capacité à investir pleinement leur rôle de citoyen.

Premier constat: les personnes qui n’ont pas les moyens de se payer une voiture font face à beaucoup d’embûches en milieu rural : difficultés pour se rendre au Forem, pour avoir accès à un magasin moins cher que les petites épiceries du centre, etc. « Ils ont donc proposé aux élus communaux, explique Caroline Massart, chargée de projets en région luxembourgeoise, de mettre sur pied un petit bus qui ferait le tour des alentours de Saint-Hubert et des villages avoisinants pour une somme modique. Le système existe sur Bastogne et fonctionne bien. »

Lié aux problèmes de mobilité, subsiste aussi un fort sentiment d’isolement lorsque l’on se retrouve sans emploi. « Ils ont imaginé récupérer un local souvent inoccupé de la commune, explique Caroline, pour créer une maison communautaire gérée par eux et d’autres bénévoles, pour pouvoir se rencontrer et échanger autre part que dans un café où l’on doit consommer. Ils proposaient aussi de travailler gratuitement dans leurs domaines de compétences pour rompre l’isolement, mais cette idée n’a pas été soutenue par l’entièreté du groupe suite à un débat sur la valeur du travail et sur le manque d’éthique que peut représenter "la remise au travail via le volontariat des sans-emploi". On n’a pas trouvé  d’accord et cette piste n’a pas été retenue. »

Sus aux préjugés

Ce projet autour de la précarité a également donné lieu à une réflexion sur les discriminations, qui a débouché sur une exposition  réalisée avec un groupe en réinsertion sociale de chez DEFITS car eux-mêmes sont souvent victimes de préjugés mais ils en véhiculent également (les Polonais prennent nos boulot, les seniors sont inactifs, les jeunes sont fainéants, etc.). Cette exposition a été présentée lors du festival Mai-li Mai-lo. Le but de ce projet était de développer la question des stéréotypes et préjugés de chacun et de faire réfléchir le public de Mai-li Mai-lo.

Michel Torrekens