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Solos… mais battant.e.s

On a beau utiliser l’écriture inclusive, il n’empêche: la réalité quotidienne des familles monoparentales est d’abord celle de mères seules. Pas étonnant dès lors que se lançant dans une démarche d’Education permanente, nos chargées de projet se soient retrouvées face à une majorité de participantes. Pour une bonne dizaine de personnes. Quelques hommes étaient néanmoins présents. De quoi faire la chasse aux préjugés, première étape de la démarche entamée par le groupe Solobattant.e.s...

« On doit se rendre plus visible, ne pas avoir de scrupules à appeler au secours. La monoparentalité est discrète et silencieuse. »

La question des préjugés et de la stigmatisation des parents solos dans notre société a constitué le point de démarrage de l’action.

« Elle l’a voulu »

Douze préjugés dont voici quelques perles: « Une famille monoparentale, ça coûte cher à la société! » ; « Mooooo! Regardez ce papa, comme il s’occupe bien de son enfant! C’est trop minouche! » ; « On lui avait bien dit qu’elle choisissait le mauvais père! Elle l’a un peu cherchée, cette situation. » ; « Désolé, Madame, mais vous n’avez pas les moyens de louer cet appartement toute seule... » ; etc. Des phrases entendues par l’un.e ou l’autre, mais des phrases que l’un.e ou l’autre reconnaît avoir déjà prononcées. Des préjugés, constatent-elles, parfois entretenus, voire renforcés, par le système. Certaines solutions existent, comme la colocation, mais elles ne sont pas encouragées. Méconnaissance, projections, raccourcis, jugements moraux, autant de réactions qui enfoncent ces parents dans leurs difficultés plutôt que de les soutenir et les aider à s’en sortir. Ces témoignages et constats ont été relevés lors d’une journée d’échanges entre monoparents, afin de créer une dynamique collective et d’initier des actions concrètes. Celle-ci a été organisée en partenariat avec, notamment, la Maison des femmes de Molenbeek et Arab Women Solidarity Belgium (AWSA-Be). Dans la foulée, s’est tenu un colloque au printemps: Familles monoparentales et rentes alimentaires, durant lequel ont été abordés le burnout, la résilience face à la violence, les préjugés et clichés, la précarité des familles monoparentales.

Solobattant.e.s Solodaires

« Puisque son papa ne prend aucune responsabilité vis-à-vis de l’enfant, il faut bien que quelqu’un le fasse. »

Toutes ces rencontres ont débouché sur un résultat concret: une micro-expo pour rendre visible le vécu de ces parents  devenus Solodaires en plus d’être Solobattant.e.s. Cette exposition a été présentée en son temps dans les locaux de la Ligue des familles, afin de susciter des réactions à travers ces "œuvres qui parlent" et de créer une fresque d’émergence. L’objectif est aujourd’hui de proposer une intervention collective dans l’espace public: une sculpture avec des objets symboliques de la surcharge vécue par le parent seul, un happening qui pourrait être un slow des solos, des jeux de rôle comme un entretien d’embauche, un rendez-vous avec un.e futur.e propriétaire, etc. Une action à la rencontre du public afin de sensibiliser l’opinion aux réalités vécues par les familles monoparentales, réalités totalement ignorées tant qu’on ne s’y retrouve pas plongé.

« Dans l’école de mon fils, ils ont pris une bonne initiative: ils donnent une exonération garderie pour les familles monoparentales. »

Dans le but d’alerter les médias et d’interpeller les hommes et femmes politiques, certain.e.s ont émis l’idée de créer une journée nationale des familles homoparentales. Un site est également en construction avec la volonté de présenter un maximum d’informations aux personnes dans cette situation, reprenant une check-list de tous les aspects auxquels il faut être attentif.ve.

Michel TORREKENS