La mobilité des familles : une affaire de genre ?

24 octobre 2018


Résumé

L’arrivée d’un enfant est synonyme de changements dans la vie des parents. Une fois l’enfant là, c’est toute l’organisation journalière qu’il faut adapter et régulièrement réadapter selon l’âge de(s) l’enfant(s). Sans grande surprise, les études montrent ce sont les femmes qui modifient le plus leur emploi du temps à la naissance d’un enfant. Ce sont également elles qui consacrent le plus de temps aux soins et à l’éducation ainsi qu’aux tâches ménagères.

Si les mères restent majoritairement actrices de ce « temps domestique », il nous parait dès lors légitime de nous questionner sur cette réalité dans les déplacements des parents. Cette analyse de la Ligue des familles propose donc d’étudier la question de la mobilité des familles par le prisme du genre.

Il apparait que les femmes et les mères restent les principales responsables de la mobilité domestique. Elles ont également une mobilité différente des hommes :

  • Elles ont des temps de déplacements plus courts,
  • Elles font des distances plus courtes,   
  • Elles font des déplacements plus nombreux,
  • Elles font plus de déplacements en chaine,
  • Elles utilisent moins la voiture,
  • Elles font plus de déplacements hors heures de pointe.

Cette charge de la mobilité domestique et l’aménagement du territoire forcent certaines d’entre elles à trouver des alternatives pour pouvoir assurer la « double journée de travail » : réduction du temps de travail, lieu de travail proche du domicile, concentration des déplacements… Les familles monoparentales, principalement des mères, font face à des problèmes de mobilité encore plus accrus qui rejaillissent sur l’ensemble de leur vie.

Pour la Ligue des familles si l’on veut réduire les inégalités de genre en matière de mobilité chez les parents, leur assurer une vie familiale agréable et les mêmes opportunités professionnelles, ce sont quatre changements majeurs qu’il faut mettre en place :

  • Repenser l’aménagement du territoire :  
    • En arrêtant le découpage territorial selon les fonctions (logement, loisirs, travail, déplacements),
    • En repensant les espaces avec une approche « parents », 
  • Inclure les femmes et les mères dans les espaces de décision et de concertation : 
    • Des instances politiques compétentes en matière de mobilité et d’aménagement du territoire,
    • Des opérateurs publics et privés de la mobilité,
  • Réduire les inégalités de genre dans notre société pour que les femmes ne soient plus les principales responsables du care et des déplacements du ménage.
  • Améliorer la conciliation vie professionnelle-vie familiale pour que les parents ne subissent plus les déplacements comme une contrainte et un stress.

Alexandra Woelfle, sous la direction de Delphine Chabbert

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