Etre aidant-e proche et monoparental-e.

15 avril 2015


Une enquête de la Ligue des familles

La Ligue des familles a voulu jeter un coup de projecteur sur une population peu connue : les aidants proches monoparentaux. Qui sont-ils ? Qui sont-elles ? A qui viennent-ils en aide ? Quelles sont leurs difficultés au quotidien ? Quels sont leur besoins en matière de conciliation entre la vie personnelle et professionnelle ?

120 personnes ont répondu à cette enquête en ligne sur www.liguedesfamilles.be, entre le 16 février et le 6 mars 2015.

Les principaux résultats

  • Des femmes de la « génération sandwich » :
    • 90 % des répondants sont des femmes ;
    • 77 % ont plus de 40 ans et font partie de la « génération sandwich » ;
  • Un risque de pauvreté important :
    • 55 % gagnent moins de 2000 euros par mois ;
    • 57 % ont dû soit abandonner leur travail (32%) soit réduire leur temps de travail (25%) ;
  • Des tâches multiples à effectuer :
    • 55 % consacrent plus de 20 heures à aider un proche ;
    • 53% ne sont pas aidés dans leur activité au quotidien ;
  • Un manque de soutien psychologique et un déficit de répit :
    • 80 % ont de grandes difficultés à obtenir un répit ;
    • 60% des répondants ont des difficultés à trouver un soutien psychologique ;
  • Une qualité de vie qui se détériore :
    • 63 % ont vu la qualité de leur vie se détériorer. A l’inverse, pour 23 %, elle s’est enrichie ;
  • L’oubli de soi :
    • Plus de 80% n’ont pas de temps pour eux et pour les loisirs. L’isolement est un risque important chez les aidants proches.

Des besoins identiques, avec une intensité plus forte

Les difficultés rencontrées par ce public sont les mêmes que celles de la majorité des aidants porches. Par contre, l’intensité observée dans les besoins est plus grande.

Des réponses à définir, entre mesures spécifiques et politiques globales

Au vu de ces premiers résultats d’enquête, la Ligue des familles plaide un renforcement des dispositifs à destination de l’ensemble des aidants proches. Autrement dit, de soutenir des politiques structurelles de protection sociale, des politiques de santé publique qui améliorent l’accès et la qualité des services médicaux et des politiques de lutte contre la pauvreté.

Pour étayer, voire infirmer cette position, la Ligue des familles invite des spécialistes (associatifs, académiques et politiques) à commenter les résultats de cette enquête et à avancer sur la question ’’mesures spécifiques vs politiques globales’’. Rendez-vous est pris le 21  avril 2015 pour un grand colloque « Aidants proches, après le loi on fait quoi ? ». Des actes seront publiés ultérieurement.

 

Matthieu Paillet, sous la direction de Delphine Chabbert

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