Vélo et familles : comment en faire une promenade de santé ?

20 décembre 2018


Le vélo a longtemps été le moyen de transport principal en Europe, du moins jusqu’aux années 1950 où l’usage de la voiture s’est démocratisé. Cette démocratisation a entrainé un aménagement du territoire plus dispersé et rendu la pratique du vélo plus dangereuse. Si depuis les années 1990, la Flandre a mis en place une politique de mobilité axée sur le vélo, la Wallonie et Bruxelles ont tardé. Et cela se remarque dans les taux d’utilisation : en 2012, 44% des Flamands prenaient le vélo au moins une fois par semaine contre 11% des Wallons et 15% des Bruxellois. Quand on interroge les parents, on ne peut que constater la faible utilisation du vélo. En 2016, seulement 13% des parents bruxellois roulaient avec leurs enfants à vélo vers l’école et les parents wallons n’étaient que 3,6%.

La première raison qui peut expliquer ce désamour est la crainte de l’insécurité. Elle est directement liée à un manque d’infrastructures et d’entretien de celles existantes. Les parents font face à d’autres défis : il faut un équipement qui évolue avec la taille, le poids, l’âge et les compétences de l’enfant. Les problèmes de stockage, d’intermodalité et l’éclatement du territoire sont également des freins à l’utilisation du vélo en famille.  Pourtant d’autres pays européens ont réussi ce pari en adoptant des politiques volontaristes accordant la priorité aux cyclistes dans l’espace public. En Belgique francophone, plusieurs initiatives existent qui mériteraient d’être poursuivies ou généralisées : le brevet du cycliste, les rues cyclables, un vélo pour 10 ans… 

Pour développer l’utilisation du vélo et en faire une vraie promenade de santé pour les familles, la Ligue des familles recommande aux pouvoirs publics de tous les échelons (des communes jusqu’au Fédéral) d’accorder une plus grande priorité aux vélos dans leurs politiques de mobilité. L’espace public doit être redistribué pour accorder la priorité aux transports actifs (piétions, cyclistes), puis aux transports en commun et enfin aux voitures.

Ces politiques de mobilité doivent notamment soutenir :

  • Des zones résidentielles plus pacifiées avec des voies majeures concentrant l’essentiel du trafic routier,
  • Des parkings vélos privés et publics en suffisance aux endroits de grande affluence, aux gares et arrêts principaux,
  • L’intermodalité avec les transports publics,
  • Des formations dès le plus jeune âge mais également pour tous les usagers de la route (lors du permis de conduire),
  • La création de pistes cyclables et d’infrastructures qui prennent en compte les vélos familiaux…  

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