Réduire les frais de l’école, ça vaut le coût

20 février 2013


Réduire les frais scolaires : nous avions promis de ne pas lâcher le morceau. Engagement tenu ! Nous maintenons le cap vers un seul objectif : faire bouger concrètement les choses à l’échelle de la Fédération Wallonie-Bruxelles pour diminuer les coûts scolaires dans toutes les écoles. L’enquête citoyenne que la Ligue des familles a menée, avec l’appui de l’institut Dedicated, donne une indication claire : 6 personnes sur 10 pensent que les frais de fournitures scolaires sont excessifs.

 

Envoyez la facture

La Ligue des familles a donc mis une proposition concrète sur la table. La Fédération Wallonie-Bruxelles devrait amener chaque école à envoyer aux parents une facture mensuelle (chaque mois, avec le même montant) pour couvrir l’ensemble des frais scolaires. Nous n’y voyons que des avantages.

  • Les enfants ne transportent plus d’argent dans tous les sens avec tous les problèmes que l’on connaît : perte de la sacro-sainte enveloppe, mini-racket, oubli.
  • enseignants ne perdent pas de temps à être des boutiquiers-chefs comptables de bouts de ficelle pour gérer l’argent de la classe.
  • Les directions d’écoles qui seraient chargées d’établir et d’envoyer ces factures chaque mois (variante : tous les deux mois ?) gardent leur autonomie de gestion. Simplement, elles disposent d’un outil pour planifier les dépenses, les budgétiser et les répartir de manière égale sur les dix mois de l’année scolaire. Au passage, elles renforcent leur rôle de coordination au sein de l’école entre les différents enseignants. Mieux, elles peuvent associer les parents à travers les conseils de participation pour définir une politique d’ensemble, solidarités comprises.
  • La Fédération Wallonie-Bruxelles pourra exercer un contrôle effectif sur ce qui passe dans chaque école. À ce propos, vous aurez noté le grand écart entre deux chiffres. Seuls 5% des parents connaissent les règles existantes en matière de frais scolaires mais 90% demandent des sanctions contre les abus et de meilleurs contrôles. Quand la ministre de l’Enseignement, Marie-Dominique Simonet, affirme: « S’il y a des abus sur les frais scolaires dans une école, faites-le moi savoir. Je demanderai à mes services d’intervenir », elle feint d’oublier deux choses. Premièrement, le décret de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur les frais scolaires est inconnu de l’immense majorité des parents. Deuxièmement, les parents n’aiment pas entrer en contradiction avec l’école de leur enfant par crainte de l’impliquer dans un conflit. Une facture permettrait d’améliorer la transparence dans le système et d’identifier des points où on peut améliorer les choses.
  • Les parents, avec le système de la facture, auront à y gagner. Ils peuvent prévoir les sommes à payer puisque le montant est identique chaque mois. On évite les mois chargés : le mois de la rentrée, bien entendu (un tiers des dépenses) mais aussi le mois des voyages scolaires (genre classe verte ou classe de neige à la période du carnaval).
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L’enquête montre que l’idée d’une facture mensuelle reçoit un appui de 55% des parents. 15% ne se prononcent pas. Et seulement 3 sur 10 n’y sont pas favorables (détail amusant, ce sont les sondés qui n’ont pas d’enfant qui y sont le moins favorables). En résumé, la proposition de la Ligue des familles emporte largement la majorité de l’opinion. Reste à la transformer en un vote favorable au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Ça vaudrait le coup !

 

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Limitez la facture

83% des personnes interrogées pensent que les voyages scolaires sont nécessaires. Voilà qui est clair et net aux yeux des parents : les voyages forment la jeunesse. C’est vrai que ce type d’activités est une occasion unique pour des jeunes de vivre des expériences de vie en groupe et de s’ouvrir au monde, en particulier les enfants de milieux modestes. À ce propos, on ne peut ignorer d’autres données de l’enquête. Deux tiers des parents estiment que les voyages scolaires sont trop chers et un tiers pense que le voyage scolaire est un outil d’image de marque des écoles. La Fédération Wallonie-Bruxelles a défini des règles qui fixent un taux de participation de minimum 90% des élèves pour une activité « hors école ». L’activité proposée doit également être en lien avec le projet pédagogique de l’école. La Ligue des familles plaide pour une réelle implication des conseils de participation des parents pour évaluer le bien-fondé des activités proposées en relation avec le projet pédagogique de l’école. Mais la Ligue des familles revendique en premier lieu que la Fédération Wallonie-Bruxelles impose un plafond pour les frais de voyage. Ça vaudrait vraiment le coût.

 

Supprimez la facture

  • 1 parent sur 8 fait appel à du soutien scolaire pour son (ses) enfant(s). Pour 75% de ces parents, c’est suite à un conseil donné par un enseignant.
  • deux tiers des parents pensent que l’école devrait être obligée de proposer du soutien scolaire gratuit.

La Ligue des familles a toujours défendu l’idée que, plutôt que d’investir près de 400 millions d’euros dans le redoublement, mieux vaudrait investir dans une politique forte et cohérente de remédiation scolaire au sein de l’école (avec l’appui du mouvement associatif). Et cela passe par davantage d’espace et de valorisation d’un travail d’équipe pédagogique associant différents acteurs dans leur diversité et leurs compétences. La Fédération Wallonie-Bruxelles vient de prendre des initiatives qui vont plutôt dans ce sens. Même si cela reste très timide, nous sommes preneurs de ce qui met l’école sur le chemin de la réussite.

 

Rendez la monnaie

Deux tiers des personnes estiment que les distributeurs de sodas devraient être interdits. Sur la qualité de l’alimentation à l’école, pas de blabla qui fasse pschittt ! La Ligue des familles plaide pour l’imposition (le mot est choisi !) de cahier des charges pour les opérateurs et les prestataires de services. Avec une priorité : la santé. Prévenir aujourd’hui coûtera moins cher que guérir demain.

 

Denis Lambert,

Directeur général de la Ligue des familles