Assouplir les règles pour les adolescents : indispensable, mais pas au détriment des plus jeunes ! 

27 janvier 2021


Il y a, certes, du positif : une petite éclaircie pour les ados, qui en ont grand besoin, avec l’annonce de la possible réouverture partielle des activités extrascolaires. Mais entre fermeture des écoles et restrictions des activités extrascolaires pour les moins de 13 ans, d’autres mesures évoquées ces derniers jours ont de quoi inquiéter les plus jeunes et leurs parents.

La fermeture des écoles? Une mesure de tout dernier recours seulement

Pour la Ligue des familles, il est essentiel de tout mettre en œuvre pour permettre à chaque jeune de poursuivre sa scolarité dans les meilleures conditions. Vu son impact sur la vie sociale et les apprentissages de toute une génération, la fermeture des écoles ne peut être qu’une mesure de tout dernier recours, quand tout le reste a été tenté pour maîtriser la situation sanitaire. « On comprendrait difficilement qu’au moment où on envisage des assouplissements comme la réouverture des coiffeurs et autres métiers de contact (et on leur souhaite que ce soit possible), on ferme les écoles », relève Christophe Cocu, Directeur général de la Ligue des familles.

Des perspectives positives pour les ados: c’est nécessaire, mais en préservant les espaces de liberté des plus jeunes 

En ce qui concerne les activités extrascolaires, la Ligue des familles souhaite que les gouvernements donnent des perspectives positives aux ados après plusieurs mois de restrictions sociales et d’école partielle à distance. Mais elle regrette que la proposition des Communautés de permettre certaines activités pour les plus grands se fasse au détriment des enfants de moins de 13 ans.

« Les enfants de moins de 13 ans vont à l’école à temps plein, mais ils ont tout autant besoin de pratiquer un sport, de participer à un cours de musique ou à un mouvement de jeunesse. Jusqu’ici, ils pouvaient le faire sans restriction. Désormais, si la mesure est confirmée, ils devront choisir une seule activité et la pratiquer dans une bulle de 10 maximum. Alors qu’on parle partout du bien-être des jeunes, est-ce vraiment indispensable d’enlever des libertés aux plus petits ? Est-ce vraiment indispensable d’accroître encore les contraintes qui pèsent sur les parents, en restreignant ces activités sur lesquelles ils comptent pour la prise en charge de leurs enfants ? Est-ce vraiment indispensable, pour maîtriser la pandémie, de mettre sur pied un système aussi complexe à appliquer et invérifiable ? » demande Christophe Cocu. 

« Enfin, n’oublions pas que tous les enfants n’ont pas d’activités extrascolaires. Cette avancée n’améliorera pas la situation des jeunes issus de familles précarisées, surtout en temps de crise. » Il n’existe sans doute pas une seule mesure miracle positive pour tous les jeunes. La Ligue des familles plaide pour que l’on soumette aux experts une panoplie de mesures tendant à donner un peu plus de libertés aux jeunes sans trop mettre à mal les efforts collectifs visant à maîtriser la situation sanitaire, par exemple l’élargissement des possibilités de rencontres à l’extérieur, des contacts en petits groupes ou avec les enseignant.e.s plus fréquents dans les écoles, le présentiel partiel dans l’enseignement supérieur...

Appel au Comité de concertation 

Si nous sommes tous tributaires de la situation sanitaire et de son évolution, pour la Ligue des familles, il est indispensable que le prochain Comité de concertation chargé de discuter/avaliser ces mesures évalue chacune d’elles au regard des risques psycho-sociaux qu’elle comporte pour les enfants. « Tout en limitant la propagation du virus, il est important de trouver un équilibre qui préserve les jeunes, et plus largement les familles les plus fragiles, des conséquences de cette crise »  conclut Christophe Cocu.