Baromètre des parents 2017 - Une situation qui s’assombrit

11 décembre 2017


La Ligue des familles publie aujourd’hui son troisième Baromètre des parents. Outre les nombreuses données qu’il comporte, c’est aussi l’occasion de mesurer pour la première fois des évolutions. Verdict : alors que le profil des familles se diversifie, le rôle des parents se complique. Séparations, stress, difficulté à trouver des places en crèche... Le bien-être des parents doit devenir l’étalon majeur des décisions politiques.

Baromètre des parents 2017 - Une situation qui s’assombrit

Le profil des familles 

Avec 57% du total, la famille classique reste le modèle majoritaire en Belgique francophone. Il s’érode toutefois de façon continue, perdant 4 points en trois ans. Ce sont les familles recomposées qui montent (+ 4 points à 20%) tandis que les familles monoparentales sont stables à 23%. De plus en plus de parents ont donc vécu une séparation après avoir eu au moins un enfant. Et si la séparation intervient la moitié du temps après dix ans de vie commune, ils sont 26% à se séparer alors que leur dernier enfant a moins d’un an.

Beaucoup de séparations donc… mais c’est ici que se situent paradoxalement les bonnes nouvelles : les séparations se négocient le plus souvent à l’amiable (53%) et on note une tendance toujours plus importante à la garde partagée de façon égalitaire (34%). Conséquence probable de cette augmentation, on remarque une hausse de la représentation masculine dans les familles monoparentales (+ 4 points à 34%).

Un point noir se confirme par contre : le mauvais paiement des rentes alimentaires pour 43% des personnes devant en bénéficier. La contribution alimentaire, c’est 360€ en moyenne, une part souvent essentielle dans le budget familial. « Garantir le paiement des rentes alimentaires est une priorité, souligne Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles. En France et au Canada par exemple, ce paiement est garanti soit par les caisses d’allocations familiales, soit par un Fonds centralisé. Chez nous, c’est comme si ces mauvais paiements étaient devenus une ‘’norme’’, comme si les pouvoirs publics avouaient leur impuissance face à ce non-respect du droit et cet appauvrissement des familles monoparentales. » Une paupérisation confirmée par le Baromètre : 35% des familles monoparentales vivent avec moins de 1.500€ par mois (+6%).

Parents sous tension

Etre parent en 2017, c’est vivre pressé. Cette réalité est confirmée par 57% de sondés en manque de temps. Conséquences pour eux : de la fatigue (73%), du stress (60%) voire une détérioration de la vie sentimentale et sexuelle (26%). Un quart des parents ressentent désormais un risque de burnout.

On les comprend… La combinaison entre vie de famille et travail est délicate. La situation est même dramatique lorsqu’il s’agit de trouver une place en crèche : c’est désormais difficile pour 55% des parents contre « seulement » 27% en 2015. C’est l’évolution la plus marquée de ce baromètre. Les mesures prises pour augmenter le nombre de places ne suffisent visiblement pas.

Ce n’est pas la seule difficulté des parents, aux prises avec des horaires de travail incompatibles avec l’ouverture des garderies. Un tiers des parents ont désormais besoin de solutions de garde avant l’ouverture des portes et ils sont tout autant à être confrontés au problème en fin de journée.

Parents solidaires

Dans cette édition du Baromètre, la Ligue des familles a tenu à faire un focus sur les aidants proches. Ils et elles sont 22% de parents à assumer la prise en charge d’un proche dépendant. C’est le signe d’une importante solidarité familiale. Mais ces aidants proches expriment des besoins importants de soutien psychologique, d’accès à des services de répit ou de congés professionnels. Là aussi, il y a du  travail pour que cette aide relève d’une solidarité choisie et non d’un remède à une déficience des pouvoirs publics.

« Avec son Baromètre, la Ligue des familles veut mettre les parents au cœur du débat public, explique Delphine Chabbert. Quels responsables politiques entendront ces signaux d’alarme et se saisiront résolument des problèmes aigus vécus par les familles ? A l’aube de deux grandes échéances électorales, la question doit être posée. »

 

--- fin du communiqué ---

 

Echantillon et méthodologie

Le Baromètre des parents de la Ligue des familles se base sur un échantillon représentatif de la population francophone belge. 1.299 parents vivant à Bruxelles et en Wallonie ont répondu à un questionnaire en ligne du 7 au 16 novembre 2017. La marge d’erreur est de 2,7%.

Cette édition 2017 constitue la troisième édition de ce Baromètre réalisé annuellement par la Ligue des familles. L’utilisation d’un échantillon similaire et de questions identiques permet d’analyser l’évolution de la situation des familles d’année en année.