Parent en 2016, un métier à haut risque - Les résultats du Baromètre des parents de la Ligue des familles

13 décembre 2016


1600 parents, vivant à Bruxelles et en Wallonie, ont été interrogés par IPSOS du 28 octobre au 10 novembre 2016. Ils livrent le portrait des familles d’aujourd’hui. Un tableau forcément contrasté, mais qui montre une tendance lourde : entre séparation, burn out et précarisation, de nombreuses inquiétudes plombent le ciel des parents en 2016.

Parent en 2016, un métier à haut risque - Les résultats du Baromètre des parents de la Ligue des familles

Le profil des familles : en couple 10 ans

Si la famille dite classique continue à dominer (61% de familles sont composées de papa/maman/les enfants sous le même toit), 2 familles sur 5 ont connu une séparation. Outre la famille classique, deux autres types de famille dominent : la monoparentale (23%) et la recomposée (16%).

La durée moyenne de vie d’un couple est de 10 ans. Mise en perspective avec la durée de prise en charge d’un enfant, c’est peu… Pour 1 couple de parents sur 10, la séparation se produit même avant le premier anniversaire de l’enfant. La bonne nouvelle ? Les séparations se déroulent majoritairement à l’amiable : les ex-conjoints se parlent et optent de plus en plus pour l’hébergement égalitaire (1 sur 3).

Les difficultés de tous ordres touchent systématiquement plus fortement les femmes et les familles monoparentales. Ce n’est pas une surprise, mais les chiffres le confirment clairement.

Appauvries, les familles ont besoin de sécurité financière

Une difficulté majeure, spécialement pour les familles monoparentales, est le mauvais paiement des contributions alimentaires pour enfants. On constate que 40% des contributions alimentaires ne sont pas payées régulièrement. C’est énorme. S’y ajoutent 12% de parents, de mères principalement, qui n’osent pas la demander. Les effets sont dramatiques sur la précarisation des familles.

Parent et travail : quand le burn out menace

Autre enseignement de ce Baromètre, les difficultés de conciliation entre vie familiale et vie professionnelle s’aggravent : elles touchent 6 parents sur 10, contre moins de 1 sur 2 l’an dernier. Pire, le sentiment de burn out parental s’installe : 22% en ressentent le risque, souvent ou en permanence. De nouveau, les femmes sont plus exposées. Améliorer cette conciliation devient donc une question de santé publique.

La réponse se trouve-t-elle dans les congés parentaux ? Étonnement : seuls 46% des parents l’ont pris partiellement, en totalité ou le prendront plus tard. Et pourtant, le besoin est là. C’est qu’il faut réformer ce dispositif dont se privent plus de la moitié des parents. Succès par contre pour le congé de paternité : 2 hommes sur 3 le souhaitent désormais obligatoire.

L’école… hors de l’école

Premier constat, consensuel celui-là : il faut construire des écoles ! 15% des parents ont des difficultés pour trouver une place à l’école, plus encore en maternelle alors que cet enseignement est jugé comme essentiel. Inconcevable.

Autre constat, inquiétant cette fois : l’école est face à un risque de privatisation. 1 parent sur 2 a recours à un coach, et 1 sur 4 fait appel à du soutien scolaire. Ce suivi des élèves en dehors de ses murs, c’est le territoire perdu par l’école.

Ceci résume quelques-uns des principaux enseignements d’un Baromètre qui démontre également l’impact du manque de crèches sur les familles modestes, l’importance des allocations familiales, des activités extrascolaires ou encore l’emprise croissante du numérique dans nos vies. Pour Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles, « ces chiffres nous montrent des parents éreintés et sous pression. Les femmes, les familles monoparentales et les parents à faibles revenus plus encore. Cela n’est pas acceptable. La course contre le temps et l’insécurité financière affaiblissent les couples qui finissent par craquer, ce qui les appauvrit encore. Ce Baromètre doit réveiller le monde politique et servir à construire les solutions qui briseront ce cercle vicieux. »

 

--- fin du communiqué ---

Echantillon et méthodologie

Le Baromètre des parents de la Ligue des familles se base sur un sondage réalisé par IPSOS sur un échantillon représentatif de la population francophone belge. 1600 personnes ont été interrogées via un questionnaire en ligne entre le 28/10/2016 et le 10/11/2016. Les interviews ont duré en moyenne 20 minutes. L’échantillon était composé d’adultes francophones de 18 ans et plus ayant au moins un enfant de 0 à 25 ans. La marge d’erreur maximale est de 2,5%.

Cette édition 2016 constitue la deuxième édition d’un Baromètre qui est réalisé annuellement par la Ligue des familles. L’utilisation d’un échantillon similaire et de questions identiques permet d’analyser l’évolution de la situation des familles d’année en année.

Chiffres-clés

Les chiffres-clés du sondage sont disponibles en PDF. Vous pouvez également – sur demande – obtenir l’ensemble des chiffres collectés à l’occasion du Baromètre 2016 de la Ligue des familles.

Partenariats

Le Baromètre des parents de la Ligue des familles a été réalisé par Ipsos et bénéficie du partenariat du Soir et de la RTBF.

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