Parentàbout : le burnout parental, parlons-en sans tabou

23 octobre 2017


L’épuisement parental est une réalité encore peu connue, tant par les professionnels que par les parents. Avec parentàbout, la Ligue des familles et la Ministre bruxelloise des Familles lancent une campagne pour briser le tabou, mais aussi et surtout pour expliquer et soutenir les parents. Visible dans les lieux où se rendent les parents bruxellois, elle se décline aussi sur Internet et sur les réseaux sociaux.

Avoir des moments de grande fatigue ou craquer, parfois, lorsqu’on est parent, c’est humain et normal. Et puis ça passe. Mais certains parents n’en sortent pas. Ils s’enfoncent dans un sentiment de perte de contrôle, de déconnexion et se retrouvent dans un état d’épuisement immense. Rongés par le sentiment d’être de mauvais parents, ils endurent la culpabilité et la tristesse de ne plus supporter leurs propres enfants. Et ils n’osent pas en parler. Dans les récits des amis ou les photos d’autres parents sur les médias sociaux, tout semble plus facile. Alors, comment oser avouer qu’on ne parvient pas à être le parent idéal ? Le sujet est tabou.

Il porte pourtant un nom : l’épuisement parental, aussi nommé burnout parental. La Ligue des familles lance aujourd’hui une campagne créée à l’initiative de la Ministre bruxelloise des Familles, Céline Fremault. Pour cela, elles bénéficient de l’appui scientifique d’Isabelle Roskam et de Moïra Mikolajczak, chercheuses à l’UCL et de la collaboration des centres bruxellois de planning familial, qui ont reçu une information spécifique sur le burnout parental et peuvent offrir une écoute professionnelle et attentive.

« Trop de tabous existent encore au sujet du burnout parental. Cependant cette problématique sort de l’ombre grâce aux témoignages courageux de nombreuses mamans mais aussi de papas. Il faut pouvoir bâtir les politiques les plus adaptées et les plus sereines possibles pour éviter certaines conséquences dramatiques comme la maltraitance des enfants, l’isolement ou encore la démission en tant que parents. La solution : informer, consulter et déculpabiliser. Cette campagne a pour mission de mettre un nom sur cet épuisement, de dire aux parents qu’ils ne sont pas seuls dans cette situation, de les aider à détecter les premiers signes pour agir à temps et briser enfin le silence autour du burnout parental. » explique la Ministre bruxelloise en charge des Familles, Céline Fremault.

Parent à bout : la campagne

La campagne se décline d’abord en un site, www.parentàbout.be, qui explique le burnout parental, présente des témoignages et oriente les parents vers le centre de planning familial le plus proche de chez eux. C’est aussi une large campagne d’affiches et cartes postales qui vont être distribuées dans les lieux bruxellois fréquentés par les familles (crèches, consultations ONE, CPAS, services sociaux, maisons médicales…) et deux comptines revisitées, dont les vidéos sont lancées sur les médias sociaux. Le dispositif est complété par une conférence organisée le 23 novembre ainsi que par la mise à disposition d’une application qui permet aux parents de se situer par rapport au risque de burnout.

Le burnout parental

Le syndrome de burnout parental comprend plusieurs symptômes : l’épuisement physique, psychologique ou cognitif, la distanciation affective avec ses enfants et une perte d’épanouissement dans son rôle de parent. Le père ou la mère a le sentiment d’être ’’mauvais’’ et n’a qu’une seule envie : tout abandonner, s’échapper de son quotidien et de son rôle de parent. Mais c’est impossible : on ne démissionne pas de ses enfants comme on pourrait le faire d’un emploi.

Le burnout parental peut avoir des conséquences graves sur le parent (problèmes de santé, addictions...), sur le couple (irritabilité, conflits, divorce...) et sur la relation parent-enfant (négligence, violence).

Les recherches le démontrent, le burnout parental touche potentiellement tous les parents : des femmes et des hommes, des monoparents et des couples, des parents en situation précaire et à hauts revenus, avec des tout jeunes enfants ou des ados… Dans son dernier baromètre, les parents interrogés par la Ligue des familles étaient 1 sur 5 à ressentir un risque de burnout parental. « Cette campagne est une première réponse apportée aux parents, indique Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles. Limitée à Bruxelles, nous espérons avoir l’occasion de l’étendre prochainement à la Wallonie. Mais au-delà, il faut souligner le manque de solutions d’urgence, d’accompagnement, de réseau d’entraide et de ressources accessibles pour les parents qui sont au bout du rouleau. Cette campagne est une belle avancée, mais ce n’est que le début du chemin.» 

 

--- fin du communiqué ---

 

Matériel

Conférence

"Le burnout parental : le comprendre, l’éviter et s’en sortir", par Moïra Mikolajczak & Isabelle Roskam, Professeurs UCL. Jeudi 23 novembre 2017 à 20h à la Ligue des familles : 109, avenue Émile de Béco, 1050 Ixelles. Gratuit. Inscription en ligne sur www.parentàbout.be