La Ligue des familles demande à Kris Peeters de retirer sa mesure sur l’exemption de recherche d’emploi pour raisons sociales et familiales

19 février 2015


Les familles dont l’un ou les deux parents sont au chômage sont les plus fragiles. Encore plus lorsqu’elles doivent faire face à des situations de maladie grave d’un membre de la famille. Les économies budgétaires proposées par le Ministre de l’Emploi Kris Peeters sont discriminatoires, socialement inacceptables et irrecevables pour les familles.

Une mesure discriminatoire

Personne n’est à l’abri d’un coup dur : un accident grave ou une maladie peut surgir dans n’importe quelle famille. Très souvent, l’accompagnement et la prise en charge de cette personne (enfant ou adulte) repose sur les épaules d’un autre membre de la famille. Dans 3 cas sur 4, il s’agit d’une femme.

Aujourd’hui, les parents travailleurs dans cette situation peuvent prendre un crédit-temps, un congé spécifique ou opter pour une interruption de carrière. Alors, ils ont droit à des indemnités et ne sont pas pénalisés pour leur pension. Depuis le 1er janvier 2015, les demandeurs d’emploi ne bénéficient plus de ces droits.

La Ligue des familles dénonce une mesure discriminatoire entre les familles : celles qui ont un emploi et celles qui sont au chômage et qui n’ont plus la possibilité d’assurer la prise en charge d’une personne dépendante, ou de chercher un emploi, c’est selon.

Des politiques d’activation qui fragilisent les plus fragiles

Dans un contexte de pénurie d’emploi - 1 offre pour plus de 10 chômeurs-, il est important de soutenir tous les chômeurs. Encore plus ceux qui ont une charge de famille. Nous nous opposons vigoureusement à toute idée que les chômeurs sont responsables de leur situation car pas assez actifs dans la recherche d’emploi.  De nouveau, ce sont les personnes les plus fragiles, les familles et les femmes en premier, qui sont ciblées par les politiques d’activation. Signalons également que les plus touchées d’entre elles sont des femmes.

Des choix politiques qui portent atteinte à la sécurité sociale, au soutien des familles et qui aggravent le risque de pauvreté

Ces économies budgétaires sont tout à fait déplacées. Il est ici question de responsabilité et de solidarité familiale. C’est à soutenir et non pas à pénaliser. Presque 7000 personnes en Belgique en 2014 sont concernées : 6 600 femmes pour 400 hommes.

La Ligue des familles demande plus de transparence dans les décisions prises en matière de chômage et qui touchent directement les familles

Enfin, nous déplorons d’apprendre l’existence de telles mesures par la presse ; des mesures qui sont en application depuis le 1er janvier 2015 et qui n’ont pas fait l’objet d’un véritable débat public, ni à la Chambre, ni avec les mouvements familiaux.  

Pour ces raisons, la Ligue des familles demande au Ministre Kris Peeters le retrait pur et simple de cette mesure.