Fermetures de classes et de crèches : la Ligue des familles appelle à un sursaut politique

17 septembre 2020


Chaque jour apporte ses nouvelles annonces de fermetures de classes et de crèches. Aujourd’hui c’est à Schaerbeek qu’une école primaire entière ferme ses portes (l’école communale n°16), mettant plus de 400 élèves (!) en quarantaine. Des centaines de parents, qui s’ajoutent aux centaines d’autres déjà concernés, doivent donc trouver en quelques heures une solution de garde pour leurs enfants, et ce pour deux semaines. Malgré cette situation intenable, la Ministre fédérale de l’Emploi vient d’indiquer qu’elle estimait que les parents disposaient de suffisamment de solutions avec les dispositifs existants. Pour la Ligue des familles, ce n’est absolument pas le cas.

Un manque de considération flagrant pour la situation difficile des parents

La semaine dernière, la Ligue des familles a appelé à un congé spécifique pour faire face à cette situation et à une protection des parents contre le licenciement aussi longtemps que le système des codes couleurs persiste dans les écoles – propositions soutenues par la FGTB, les Femmes CSC, la CGSLB, et ensuite la Fédération des services sociaux et les FPS. Suite à cet appel, la députée Marie-Colline Leroy (Ecolo) a interpellé hier la Ministre de l’Emploi Nathalie Muylle (CD&V) en Commission affaire sociales. « Nous avons été abasourdis de constater que la Ministre estimait qu’il y avait suffisamment de solutions qui s’offraient aux parents et qu’il n’était pas nécessaire qu’elle prenne une initiative », dit Christophe Cocu, Directeur général de la Ligue des familles. « La Ministre avance des solutions pour enfants malades, mais les parents ne peuvent pas y recourir puisque les enfants ne sont pas malades mais en quarantaine. Elle ose même parler du congé sans solde – mais enfin, combien de parents peuvent se permettre de perdre deux semaines entières de salaire ? Le désarroi des parents concernés n’a pas absolument pas été pris au sérieux par la Ministre. »

Un congé spécifique pour soutenir les parents et pour que les mesures sanitaires soient utiles

Deux semaines après la rentrée, de très nombreuses classes et crèches ont déjà fermé et, du côté des différents gouvernements, on ne semble pas prendre conscience de l’urgence de la situation.

En Fédération Wallonie-Bruxelles, les Ministres Désir et Linard ont bien rappelé les conditions précises dans lesquelles les établissements devaient fermer, mais quelques jours plus tard, une école entière fermait dans des conditions non prévues par leur circulaire. Il n’est pas tolérable que chaque école applique ses propres critères ; la Ligue des familles appelle les Ministres à faire respecter les règles existantes. Au fédéral, la Ministre Muylle n’a donc pas l’intention de travailler à une solution pour les parents. La Ligue des familles a également interpellé la Première ministre Sophie Wilmès, le vice-Premier ministre David Clarinval et la Ministre des Affaires sociales Maggie De Block, sans encore de réponse.

« Depuis la rentrée, le nombre de parents en difficulté s’accroit chaque jour et du côté politique, c’est le calme plat, comme si la situation allait se résoudre par elle-même. Ce n’est pas le cas : il y a urgence. Si, quand une école ferme, les parents doivent mettre les enfants chez leurs grands-parents parce qu’ils n’ont pas d’autre solution, cela n’a aucun sens pour la santé publique. Si l’on veut que ces mesures sanitaires soient utiles, il est indispensable de donner à chacun les moyens de les faire respecter » conclut Christophe Cocu.