Mettre la parentalité et l’enfance au cœur d’un projet de société

12 décembre 2014


La Ligue des familles est solidaire du mouvement de grève nationale du 15 décembre 2014 et dénonce l’impact des mesures gouvernementales sur les parents.

Le 6 novembre 2014, la Ligue des familles a participé à la manifestation nationale, rejoignant ainsi un front social large et ouvert. Parce que les familles vont être les premières touchées par les mesures annoncées par l’ensemble des gouvernements, fédéral mais pas seulement. L’une des missions prioritaires de la Ligue des familles est de défendre l’intérêt de tous les parents. Il nous semble important, aujourd’hui, d’exprimer notre inquiétude et notre désaccord face aux mesures prises et à venir. Outre les questions liées strictement au travail, l’allongement de carrière va affecter les solidarités intergénérationnelles. Le saut d’index va réduire encore plus le pouvoir d’achat des familles. Les diminutions de leurs droits en matière de sécurité sociale, via des restrictions et la suppression de plusieurs allocations, vont affecter leurs conditions d’existence, les relations intrafamiliales et les possibilités d’émancipation de leurs membres. Démonstration.

Les parents au travail ou en recherche d’emploi
#conciliation vie familiale et vie professionnelle

  • L’allocation pour le crédit temps sans motif sera supprimée. Ce crédit temps permet de pallier certains accidents de la vie nécessitant de s’absenter du travail. Il représente une solution pour les parents, essentiellement des femmes, qui ont épuisé tous les autres dispositifs auxquels elles ont accès.
  • La création d’un compte-carrière va renforcer les inégalités entre les travailleurs qui auront la possibilité de cette épargne et les autres. Plus fondamentalement, cette mesure individualise les solutions là où des réponses collectives sont attendues face à un besoin social pressant pour les parents : le besoin de temps.
  • Une flexibilisation du temps de travail via les temps partiels et la promotion d’horaires flottants vont directement renforcer les inégalités entre les hommes et les femmes.
  • La définition de ’’l’emploi convenable’’ (qui fait passer la distance du domicile au travail à 90km) et les politiques d’activation vont affecter en premier les parents qui ont en charge leurs enfants, essentiellement les mères.

Les familles monoparentales
#créances alimentaires

Le budget présenté par le gouvernement fédéral est pointé par la Cour des Comptes comme insuffisant. 8 millions vont manquer au Service des Créances Alimentaires – le SECAL – pour assurer le paiement des avances des contributions alimentaires non payées. De facto, l’Etat fédéral s’avoue dans l’incapacité d’appliquer la nouvelle Loi qui remonte le plafond d’accès aux avances à 1.800€.

Jeunes
#allocations d’insertion

La diminution de l’âge maximum pour l’allocation d’insertion (25 ans au lieu de 30 ans) va durcir les conditions d’entrée dans la vie active pour beaucoup de jeunes.

Femmes
#pauvreté

Les réformes sur les pensions et le crédit-temps, la forte diminution de l’allocation de garantie de revenus (AGR) et le temps partiel, auront un impact plus fort sur les femmes, notamment par un appauvrissement. Cela aura, dans la foulée, un effet sur la vie des familles et singulièrement sur la situation des enfants puisque le taux de pauvreté infantile est fortement déterminé par la situation socioéconomique de la mère.

D’autres choix sont possibles

Ces mesures prises font porter les efforts en premier sur les familles : les jeunes, les familles monoparentales, essentiellement des femmes, qui seront exclues en nombre du chômage au 1er janvier 2015, les grands-parents qui seront contraints de travailler plus longtemps et les enfants n’ayant pas tous le même accès à des milieux d’accueil et une école de qualité (cf. économies annoncées à l’ONE et dans l’enseignement). Un discours dominant veut nous faire croire que « nous n’avons pas le choix ». C’est faux. D’autres politiques sont possibles. Dans son mémorandum 2014, la Ligue des familles demandait aux responsables politiques de mettre la parentalité et l’enfance au cœur de notre projet de société.

Loin d’être naïfs, nous avons budgété chacune de nos propositions et démontré deux choses : 1) ces mesures sont réalistes et 2) elles rapportent, via une haute valeur ajoutée sociale et des retours sur investissement : à titre d’exemple, 1 € investit dans l’accueil de la petite enfance, c’est 3 € de retour pour la collectivité.

Pour l’ensemble de ces raisons, la Ligue des familles veut faire entendre la voix des parents dans un front social ouvert, constructif et déterminé. C’est pourquoi les services de l’association ne seront pas accessibles au public ce 15 décembre.

Contact presse :

Nicolas Doncq, chargé de communication

02/507.72.67 - n.doncq[at]liguedesfamilles.be

Interview :

Delphine Chabbert, directrice du service Études et de l’action politique

0478/77.05.95 – d.chabbert[at]liguedesfamilles.be