« Jeunesse en galère, marre d’être précaire »

16 novembre 2017


Mobilisation commune d’étudiants, syndicats, associations et citoyens

Face aux constats alarmants d’une précarité étudiante grandissante, la Fédération des Etudiants Francophones, la Ligue des Familles, le Réseau Wallon de Lutte contre la Pauvreté, la Ligue des Droits de l’Homme, Comac, les Jeunes CSC, Ecolo J et le Mouvement des Jeunes Socialistes tirent la sonnette d’alarme et organisent, en front commun, une grande mobilisation le vendredi 17 novembre, à Bruxelles, lors de la Journée Internationale des Etudiants.

« Jeunesse en galère, marre d’être précaire »

Les récentes analyses chiffraient le coût des études supérieures entre 8.000 et 10.000 euros par an. Bien que cette somme enfonce déjà de très nombreux étudiants et leurs familles dans des difficultés financières importantes, le coût des études supérieures ne fait qu’augmenter, réduisant chaque jour un peu plus l’accessibilité à notre enseignement supérieur.

La hausse des coûts périphériques - logements, transports, … - et le manque de politiques sociales ayant pour objectif la réduction des coûts des études contraignent bien souvent les étudiants à trouver d’autres sources de revenus que les revenus parentaux, désormais devenus bien trop souvent insuffisants. Selon l’enquête sur les conditions de vie étudiante réalisée en 2016-2017 par la FEF auprès de 3.000 étudiants, 15% des interrogés disaient devoir se débrouiller intégralement sans leurs parents pour financer leurs études. Rajoutons à cela le nombre non négligeable d’étudiants n’ayant même pas accès à une formation de qualité, faute de moyens familiaux importants.

Aujourd’hui, pas moins d’un étudiant sur deux exerce un job étudiant afin de financer son année académique, un chiffre en forte augmentation et révélateur d’une réelle détresse financière. L’étudiant jobiste, soumis à des pressions supplémentaires et parfois contraint d’accepter des emplois précaires pour arriver à boucler ses fins de mois, est un étudiant qui se met en danger par rapport à sa réussite. Comme en témoigne la récente polémique autour des « sugar daddies », on constate également le développement de la prostitution étudiante sur les campus, une situation qui ne peut laisser personne indifférent.

Enfin, on compte actuellement sept fois plus d’étudiants bénéficiaires d’une aide du CPAS qu’il y a 15 ans, alors que cette aide constitue le dernier filet de sécurité sociale. Et c’est sans compter l’augmentation, chaque année, des demandes d’allocations d’études et d’aides sociales des établissements d’enseignement supérieur, sans pour autant voir les octrois et les montants augmenter à hauteur des besoins.

Ce constat alarmant démontre une fois de plus que notre système éducatif est bien loin des objectifs d’accessibilité que son statut de service public est sensé lui imposer. Il est plus qu’urgent que le politique prenne ses responsabilités pour que l’enseignement ne soit plus un privilège, mais un droit fondamental :
- Pour des études moins chères ;
- Pour l’élargissement de la protection sociale des étudiants ;
- Pour un refinancement de l’enseignement supérieur.

Le front commun mobilise étudiants et citoyens pour en finir avec la précarité étudiante ! Pour cette journée exceptionnelle, un cortège partira de Bruxelles-Centrale, à 14h, pour arriver à la place de la Chapelle, où se dérouleront concerts, discours, et action symbolique, au coeur d’un village associatif.

Vendredi 17 novembre 2017
14h00 : rendez-vous à Bruxelles-Centrale – départ du cortège
16h00 : arrivée place de la Chapelle – concerts, discours, stands, …