Sondage Ligue des familles L’enseignement numérique : oui, mais pas n’importe comment

7 juin 2021


La Ligue des familles a mené un sondage auprès de 1500 familles pour savoir comment elles avaient vécu l’enseignement via un ordinateur ou une tablette pendant la crise. Résultats : de trop nombreux enfants étaient mal équipés, le matériel informatique a représenté une lourde charge financière pour les familles, les élèves étaient contactés par l’école à toute heure de la soirée ou du week-end, et dans la majorité des cas l’enseignement numérique a représenté une entrave plutôt qu’une aide aux apprentissages.

A l’heure où certains représentants politiques souhaitent pousser plus loin le numérique à l’école, la Ligue des familles dresse 4 points d’attention pour que cela ne se fasse pas au détriment des apprentissages, du bien-être des enfants et des budgets des ménages.

Chiffres-clés

  • 1 élève sur 2 n’avait pas d’ordinateur ou de tablette personnels pour suivre les cours à distance et rédiger ses travaux – et davantage encore dans les familles à bas revenus ;
  • Les 3/4 des familles ont dû payer 300€ ou plus pour acheter un ordinateur ou une tablette. A cela, il faut ajouter le coût du matériel supplémentaire (imprimante, nouvelle connexion internet…) que 8 parents sur 10 ont dû acquérir ;
  • 2 familles sur 3 estiment que le numérique a renforcé les difficultés d’apprentissage ;
  • L’aide à l’acquisition de matériel informatique prévue par le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles n’a pas été suffisamment bien ciblée, profitant même un petit peu plus aux familles aux revenus les plus élevés (18%) qu’à celles à bas revenus (17%) ;
  • Pas de droit à la déconnexion pour les élèves : à peine 16% d’entre eux étaient laissés sans sollicitation de l’école après 18h et le week-end.

L’enseignement numérique : oui, mais pas n’importe comment

Le développement de l’enseignement numérique est à l’agenda politique. Les Ministres Jeholet et Daerden entendent permettre aux écoles de demander désormais à tous les élèves, à partir de la 3e secondaire, d’avoir un ordinateur, qui serait payé dans sa plus grande partie par les parents. Les débats parlementaires nous apprennent par ailleurs que certains envisagent de permettre l’enseignement à distance désormais en cas d’absence d’un enseignant, de pénurie de professeurs, « voire de manière normale ».

L’enseignement numérique en Fédération Wallonie-Bruxelles s’est développé dans l’urgence : notre sondage montre que cela a posé de nombreux problèmes, c’est assez compréhensible. Ce qui ne le serait pas, c’est qu’on prolonge voire amplifie des mesures prises en période de crise, sans tenir compte des difficultés rencontrées par les élèves et leurs familles. Pour la Ligue des familles, ce qui importe maintenant, c’est qu’on en tire les leçons pour la suite et qu’on prenne le temps de construire une véritable stratégie numérique en Fédération Wallonie-Bruxelles, axée sur l’intérêt pédagogique, respectant la gratuité scolaire et le bien-être des enfants.

La Ligue des familles dresse 4 points d’attention

Pour la Ligue des familles, pour développer l’enseignement numérique en Fédération Wallonie-Bruxelles, il est indispensable de mener d’abord les réflexions sur :

  1. Comment et dans quels objectifs recourt-on à l’enseignement numérique? S’il est nécessaire d’être formé à l’informatique à l’école, il est moins évident que l’apprentissage du français, des mathématiques ou des langues doive absolument passer par un ordinateur. Pour la Ligue des familles, il est donc indispensable, avant toute chose, de mener une réflexion pédagogique à ce sujet. 
  2. L’intégration du matériel informatique dans les règles relatives à la gratuité scolaire.
  3. Le droit à la déconnexion des élèves, qui ne doivent pas devenir joignables à tout moment de la soirée ou du week-end par l’école.
  4. L’accompagnement technique pour qu’un problème d’ordinateur ne vienne pas entraver les apprentissages.

 

 

--- fin du communiqué ---

Ce sondage de la Ligue des familles a été mené par internet auprès d’un échantillon de 1505 parents wallons et bruxellois, du 16 mars au 2 avril 2021.

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