La Ligue des familles appelle à un meilleur soutien des familles endeuillées

30 octobre 2020


A de multiples reprises, des parents qui avaient perdu un enfant ou leur conjoint ont alerté la Ligue des familles de leur situation particulièrement difficile : problèmes financiers, lourdes démarches administratives, insuffisance du soutien psychologique, manque de temps pour entamer le travail de deuil, entraves à la reprise des activités professionnelles… A partir d’une étude approfondie de leurs difficultés, la Ligue des familles propose un dispositif global de soutien à ces familles.

En Belgique, près de 10.000 enfants ont perdu leur papa, leur maman ou leurs deux parents à la fois. Et chaque année, près 1000 enfants (ou jeunes de 0 à 25 ans) perdent la vie prématurément. La Ligue des familles a longuement rencontré des familles concernées ainsi que de nombreux professionnels (notaires, pompes funèbres, associations de soutien aux familles, services hospitaliers…) pour mieux connaître les besoins, identifier les éléments sur lesquels il était possible d’agir et élaborer des propositions pour mieux soutenir les familles.

Les besoins exprimés par les familles

Très souvent, un décès plonge les familles dans des difficultés financières – y compris celles qui n’en connaissaient pas avant. C’est le cas lors de la perte d’un conjoint (et donc d’au moins un des deux revenus du ménage). Ça l’est aussi lors de la perte d’un enfant, vu le coût des funérailles, mais aussi des conséquences indirectes de ce décès : impossibilité, bien souvent, de continuer à travailler comme avant, séparation des parents confrontés à ce drame…

Le soutien psychologique fait aussi défaut : le nombre de séances thérapeutiques remboursées est beaucoup trop faible pour faire face à ces situations et la part personnelle à payer par le patient est, pour de nombreuses familles, trop élevée quand on additionne les séances nécessaires pour tous les membres du ménage. Résultat : certaines familles ne bénéficient d’aucun suivi, faute de moyens.

Le congé de deuil est en outre ridiculement court : trois jours à peine, et les dispositifs permettant de reprendre le travail petit à petit sont quasi inexistants.

Enfin, les familles concernées font face à une montagne de formalités administratives à accomplir suite à un décès et ne bénéficient d’aucun accompagnement pour y faire face.

Pour un dispositif complet de soutien

Il n’existe quasi aucun dispositif de soutien aux familles endeuillées en Belgique. Des associations effectuent un travail remarquable, mais elles ne couvrent pas tout le territoire et ne disposent pas de moyens suffisants pour faire face à toutes les demandes.

Pour la Ligue des familles, il est indispensable d’agir à plusieurs niveaux :

  • Améliorer l’allocation de transition, destinée à combler en partie la perte de revenu du conjoint décédé, notamment en l’octroyant jusqu’à la fin des études des enfants (au lieu des deux ans actuels), et en l’ouvrant aux cohabitants légaux ;
  • Mieux rembourser les consultations chez des psychologues dans ce cas spécifique ;
  • Allonger le congé de deuil immédiatement à 10 jours puis ouvrir un débat visant à en déterminer la durée la plus adéquate ;
  • Prévoir un financement public permettant aux parents endeuillés de reprendre le travail progressivement, avec des horaires et une charge de travail réduits mais sans perte de revenu ;
  • Automatiser un maximum de démarches administratives ;
  • Et mettre sur pied, comme c’est le cas en France, un dispositif global d’accompagnement des familles endeuillées (avec un interlocuteur formé de référence et, selon les besoins, une aide pour les démarches administratives, une aide-ménagère, un accompagnement social, etc.)

Avec cette étude, la Ligue des familles espère mettre les situations extrêmement difficiles des familles endeuillées en lumière et réussir, petit à petit, à obtenir des avancées leur permettant de se concentrer sur leur deuil, en laissant de côté des difficultés financières, administratives et autres.