Le congé coronavirus encore retardé : les parents se sentent abandonnés

30 avril 2020


La Ministre fédérale de l’Emploi Nathalie Muylle avait annoncé qu’une nouvelle modalité du congé parental serait accessible dès le 1er mai pour permettre aux parents de faire face à la situation actuelle.

Mais le 1er mai c’est… demain, or rien n’a encore été mis en place. Dans Het Laatste Nieuws, le cabinet Muylle confirme aujourd’hui que le délai du 1er mai ne pourra être tenu.

7 semaines de suspension des cours, toujours aucune solution pour les parents

« Cela fait 7 semaines que les enfants ne vont pas à l’école et il n’y a toujours aucune solution digne de ce nom pour les parents ! » regrette Christophe Cocu, Directeur général de la Ligue des familles. A partir du 4 mai, et peut-être encore davantage le 11, des parents vont reprendre le travail en masse. « Nous apprenons aujourd’hui (NB : via les propos de l’ACV dans Het Laatste Nieuws) qu’il faudrait faire la demande de ce congé 3 jours à l’avance, puis l’employeur aurait 6 jours pour se prononcer. Ce congé ne sera donc toujours pas accessible quand les parents en auront massivement besoin. » Par ailleurs, il ne serait accessible que jusqu’au 30 juin, alors qu’on ne sait pas encore si les stages et camps seront maintenus : il est possible que les parents en aient encore besoin jusqu’en septembre.

« Il est temps de mettre en place des solutions sérieuses pour les parents. Nous appelons le gouvernement à rendre enfin ce nouveau congé effectif, mais aussi et surtout à mieux le rémunérer et à le rendre accessible aux indépendant.e.s. La situation actuelle est intenable et fait reposer toute la pression sur les parents, qui ne savent plus quoi faire. »

De manière générale, aucune mesure concrète n’est prise pour les parents qui travaillent ou télétravaillent 

Ces derniers jours, la Ligue des familles reçoit à nouveau un flux continu de mails de parents inquiets, car ils n’ont pas de solution de garde alors qu’ils doivent reprendre le travail en présentiel ou continuer à télétravailler. Les garderies font peur ; elles sont par ailleurs accessibles uniquement aux enfants dont aucun des deux parents ne télétravaille. Il est impossible de faire garder les enfants par les grands-parents (à risque) ou un baby-sitter (interdit). Enfin, certains parents voudraient faire garder leurs enfants par un proche, mais il y a là un flou : la Ligue des familles a demandé 5 fois au numéro d’info officiel si c’était permis et a reçu 5 réponses allant du « oui bien sûr » au « non, vous risquez une amende ». Le congé parental classique, quant à lui, rémunéré 765€/mois pour un temps plein, est inaccessible à de très nombreuses familles (et nécessite l’accord de l’employeur pour être pris rapidement).

« Les familles se sentent abandonnées, il est grand temps de les entendre » conclut Christophe Cocu.