Pacte d’Excellence : l’heure des responsabilités

7 février 2017


Nombreuses sont les réactions négatives sur l’avis n°3 du Pacte d’Excellence. Avant même d’être débattu au Gouvernement et au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le vaste projet de réforme de l’école semble enterré. Etonnant après plus d’un an de négociation entre tous les acteurs de l’école, chacun ayant contribué à la production de cet avis. La Ligue des familles, qui a également participé à la concertation, lance un appel pour que cette réforme ait une chance de voir le jour, tant les enjeux pour les élèves et leurs familles sont  importants aujourd’hui. Tant le risque d’immobilisme serait dramatique pour les enfants et leur famille de demain.

Plus de qualité et moins d’inégalités : des avancées potentielles

Bien-sûr, un processus qui prend acte des graves dysfonctionnements du système d’enseignement (inégalités entre enfants, quasi marché scolaire, relégations, orientations abusives vers l’enseignement spécialisé, non-gratuité, etc.) et qui veut s’engager sur une réforme en profondeur autour d’axes volontaristes suscite de nombreuses réactions.

Parmi celles-ci, la Ligue des familles veut faire entendre sa voix, notamment sur les points positifs de cet avis n°3 du Groupe central. Car oui ce Pacte, imparfait à l’évidence, a de l’ambition et propose des réponses très attendues sur des sujets aussi fondamentaux que la gratuité scolaire, le renforcement de l’école maternelle, le tronc commun polytechnique ou encore  la remédiation internalisée dans l’école.

L’inquiétude ne doit pas paralyser

La Ligue des familles prend au mot ce projet de réforme qui veut agir en profondeur pour un enseignement plus juste, plus moderne et davantage bienveillant vis-à-vis des élèves et de leurs familles. Comme tout le monde, nous sommes dans l’attente des priorités du Gouvernement et, à leur suite, d’un phasage des mesures. Evidemment, comme pour toute dynamique de changement, le Pacte suscite des peurs et inquiétudes, exprimées ici assez fortement par des enseignants.

La Ligue des familles les entend et partage certaines de ces inquiétudes : risque de pertes d’emplois, d’une charge de travail plus lourde ou d’un manque de moyens humains pour atteindre les objectifs fixés par la réforme. Mais face à un système scolaire inégalitaire et dépassé, ne pas agir aujourd’hui en profondeur c’est reculer pour des dizaines d’années.    

Réformer l’enseignement est une nécessité

La Ligue des familles sera, bien-entendu, attentive à ce que le phasage des mesures soit réaliste et que les moyens pour la mise en œuvre soient suffisants. La Ligue des familles appelle également l’ensemble des responsables politiques à oser ce Pacte et à s’engager formellement à soutenir cette réforme sur plusieurs législatures, qu’ils soient en majorité ou opposition. Parce que l’enseignement ne se réforme pas en quelques années mais en dizaines.

Et surtout, la Ligue des familles veut mettre son énergie pour donner une chance de réussite à ce Pacte. S’il y a un combat à mener aujourd’hui pour l’école, c’est de ne pas renoncer à nos ambitions. Nous voulons penser, encore, qu’une réforme de l’école est possible. Nous voulons croire que nous sommes capables d’avancer ensemble pour une école plus juste et de meilleure qualité pour tous. Nous avons tous en tête ces images des classes finlandaises dans le film de Demain, d’écoles norvégiennes et d’autres pays qui ont osé réformer leur enseignement. Avec des craintes identiques à chez nous. D’autres pays ont réussi. C’est à notre tour maintenant. C’est notre responsabilité à tous, acteurs de l’école.