Ligue des familles, associations de parents, syndicats et monde associatif pressent le gouvernement de revoir les rythmes scolaires

1 septembre 2020


Cela fait des années – des décennies en fait – que la question des rythmes scolaires est sur la table des décideur·euse·s politiques. L’accord de gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles prévoit de les réformer… comme d’ailleurs tous les accords de gouvernement depuis 1992. Pourtant, jusqu’à présent, promesse non-tenue. Cette rentrée est évidemment pleine de défis, mais il est important de continuer à construire l’avenir de l’école. La Ligue des familles, l’Ufapec, le SEL-SETCA, la CSC Enseignement, CGSLB-Appel, le CEF et la Ligue des droits de l’enfant appellent la Ministre Désir à, enfin, s’emparer de la question avec volontarisme, et en concertation avec tous les acteurs de l’enseignement comme cela est promis dans la Déclaration de Politique Communautaire, mettre en place cette réforme nécessaire.

Le confinement a souligné le besoin de changer de rythme de vie

Pendant le confinement, certaines familles ont pu vivre à un rythme plus adapté à leurs besoins naturels, avec des parents qui travaillaient moins, des enfants qui pouvaient dormir plus tard, moins de trajets et de course contre le temps. D’autres, au contraire, ont eu encore plus de difficultés à tout combiner, devant travailler tout en s’occupant de leurs enfants et en assurant le suivi scolaire. Que l’expérience ait été positive ou négative, cette situation de crise a poussé de nombreuses familles à s’interroger à propos de leurs rythmes de vie. Le rythme de la journée de travail bien sûr, les questions de mobilité, mais aussi le rythme de la journée d’école.
La question n’est pas neuve. Dès 1991, la Commission des rythmes scolaires rendait un rapport faisant le constat de l’inadaptation des actuels rythmes scolaires au rythme biologique de l’enfant ainsi qu’au rythme de vie des parents et proposait donc de les modifier. Cette volonté de réforme sera reprise dans la Déclaration de politique communautaire du gouvernement Anselme en 1992 et puis dans chacun des accords de gouvernement depuis cette date. Une promesse maintes fois répétée, jamais réalisée.

Une école plus agréable et où l’on apprend mieux

Pourtant, les rythmes actuels ne sont absolument pas adaptés aux enfants.  C’est le cas du rythme de l’année scolaire : les grandes vacances, longues, entrainent des pertes d’apprentissage chez l’élève et nécessitent une organisation importante et souvent coûteuse (stages) pour les parents qui travaillent ; quant aux vacances d’automne et de Carnaval, elles sont trop courtes pour permettre aux enfants et aux enseignant·e·s de véritablement se reposer et déconnecter. Une autre organisation de l’année scolaire devrait faciliter le travail collaboratif et la formation continue des enseignants. Comme les travaux évoqués ci-avant, nous proposons d’organiser l’année sur base d’une succession de 7 semaines de cours, suivies de 2 semaines de congé. Cette alternance régulière permettrait un meilleur équilibre physique et psychique.
Réformer les rythmes scolaires, c’est donc rendre l’école plus agréable à vivre pour les enfants, mais aussi améliorer leur capacité à apprendre en prenant mieux en compte leurs rythmes biologiques. Pour les enseignants, c’est une opportunité d’organiser leur travail autrement sans alourdir leur charge.
Le Pacte pour un enseignement d’excellence a également souligné l’importance d’une telle réforme. Il avait d’ailleurs été décidé de faire mener une étude de faisabilité par la fondation Roi Baudoin. Celle-ci ayant été réalisée par le précédent gouvernement, et rien dans ses conclusions ne semblant empêcher ce changement, il est temps d’enclencher la suite des opérations de le rendre effectif.

Changer de rythme, ça prend du temps… il faut donc s’y mettre vite

Dans la Déclaration de Politique Communautaire, le gouvernement de la FWB s’est engagé à réformer « progressivement, en concertation avec les enseignants et les autres acteurs concernés, les rythmes scolaires annuels et journaliers au rythme chronobiologique des enfants et réformer l’organisation du temps scolaire et le financement de l’extrascolaire. » Les derniers mois ont été consacrés, logiquement, à la gestion de la crise, mais il est maintenant temps de lancer cette réforme tant attendue. Cette rentrée est évidemment pleine de défis, mais il est important de continuer à construire l’avenir de l’école. Les rythmes scolaires ne peuvent plus être, pour une septième législature consécutive, une promesse non tenue du gouvernement.
La Ministre Désir indiquait il y a presque un an sa volonté de « briser les tabous » et d’agir en la matière. Une volonté à saluer. Mais le temps passe vite. Instaurer un rythme 7 semaines de cours-2 semaines de congé demandera une concertation avec la Flandre et la Communauté germanophone et un temps d’adaptation aux enseignant·e·s, aux familles, à la société tout entière. Voilà pourquoi il est important de lancer maintenant un travail qui aboutirait d’ici deux ans, et de prendre dès à présent des contacts avec les autres communautés pour que les entités fédérées puissent avancer de concert, au profit de toutes les familles du pays et dans le respect des enseignant·e·s francophones, néerlandophones et germanophones.