Conciliation travail et famille : résultats d’enquête 

2 novembre 2018


Les besoins et les demandes des parents pour une vie plus zen

Concilier sa vie de famille et son travail est compliqué pour une majorité des parents. Entre le travail, les enfants, les tâches ménagères et le peu de loisirs restant, les parents ont du mal à s’y retrouver. 4174 parents salariés, fonctionnaires, indépendants et demandeurs d’emploi ont répondu à la question « Comment adapter le monde du travail à la vie des parents » et identifié les mesures qui faciliteraient leur vie. 

Plus de la moitié des parents ont du mal à concilier travail et vie familiale « souvent » ou « en permanence ». A l’inverse, seuls 8% disent n’avoir aucune difficulté. Qui sont ceux qui s’en sortent le mieux et pourquoi ? Quels parents éprouvent le plus de difficultés ? Quelles mesures sont réclamées par les parents ? L’enquête menée par la Ligue des familles lève le voile sur ces questions cruciales pour le bien-être des parents et le monde du travail.

« Notre enquête montre qu’aucun statut professionnel n’est épargné : à temps plein, à temps partiel, indépendant et demandeurs d’emploi, tous ont des difficultés à être parent et travailler. Les femmes, les familles monoparentales et les ménages à faibles revenus sont les plus impactés. Ces constats devraient tous nous alerter » indique Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles.

La flexibilité pensée « parent » aide vraiment

Commençons par une mesure de plus en plus offerte aux travailleurs et qui aide les parents : 57% d’entre eux disent jouir d’une certaine liberté dans la gestion de leurs horaires. L’enquête le démontre : plus les parents ont une certaine liberté, moins ils éprouvent de difficultés à concilier leur vie familiale et leur vie professionnelle. 72% des parents qui éprouvent rarement des difficultés à articuler leur travail et leur vie familiale ont une liberté pour gérer leurs horaires de travail. Soulignons que d’autres mesures sont prises par certains employeurs : outre les horaires flottants (47% de répondants concernés), certains bénéficient de jours de congés extra-légaux (41%), ont accès au télétravail, à des horaires flexibles (18%)… Autant de mesures qui doivent encore servir d’exemple car près de 20% des parents n’ont accès à aucun de ces dispositifs. Les parents aux revenus le plus faible (- de 2000€ net/ménage) sont 37% à être concernés.

A l’inverse, lorsque la flexibilité est d’abord pensée comme une exigence de l’employeur, elle complique la vie des parents. 22% des parents sont concernés par des horaires atypiques (travail tôt le matin, tard, de nuit ou le week-end) et parmi ceux-ci, près d’un quart ressentent en permanence des difficultés de conciliation contre 13% des parents à horaires « normaux ».

Les indépendants et les demandeurs d’emploi pas à la fête non plus

Ne bénéficiant pas des systèmes d’aide à la conciliation (congé parental ou de paternité, compensation pour s’occuper d’un enfant malade, etc.), les parents indépendants rencontrent des difficultés plus aigües. Ils sont 23% à éprouver des difficultés en permanence (contre 16% pour les autres). Au top de leurs revendications : un congé parental rémunéré et flexible.

L’enquête permet aussi de montrer les difficultés particulières rencontrées par les demandeurs d’emploi, qui sont bien plus nombreux que les travailleurs à témoigner de difficultés à concilier vie de famille et recherche d’emploi (34% ont des difficultés en permanence, 44% en ont souvent).

Et les femmes…

Sans surprise, les femmes sont plus concernées que les hommes par les difficultés de conciliation. 62% éprouvent des difficultés souvent ou en permanence (52% d’hommes). Le signe le plus criant est qu’elles représentent 85% des répondants (avant redressement).

Des impacts graves

Les impacts de ces difficultés de conciliation sont importants, avec des conséquences qui touchent forcément aussi la productivité de ces mêmes parents au travail. Si la fatigue (87%), le manque de loisirs (78%) et le stress (67%) figurent au top 3 des répondants, ils sont également très nombreux à évoquer l’impact sur la vie affective-sexuelle (52%) ou encore l’impact sur le bien-être de leurs enfants (39%). Ils sont aussi 8% à concéder recourir à des médicaments, des drogues ou à l’alcool en raison de leurs difficultés de conciliation (17% des parents ayant un enfant en situation de handicap).

Principales demandes des parents

Les priorités des parents pour favoriser la conciliation des temps ? En premier, travailler moins sans perte de revenu (66%), puis davantage de liberté dans l’organisation du travail (52%).  Il s’agirait dans ce cas de limiter le nombre de jours de travail (semaine de 4 jours pour 61% des répondants) ou le nombre d’heures par jour (50%). La création d’un congé dédié à la conciliation (par exemple : 30h par an pour faire face aux imprévus) séduit également 46% des parents, particulièrement ceux à faible revenu et les familles monoparentales.

Au rayon des demandes concrètes réclamées à l’employeur, la principale revendication est le télétravail (45%). Bénéficier de titres-services payés par l’entreprise est le deuxième souhait des travailleurs (42%), avant d’autres demandes telles que les crèches d’entreprise (30%). Autant d’arguments qui feront mouche aussi pour les entreprises qui recruteront en proposant ce type de solutions.

« Ces demandes sont pragmatiques. Les parents ont besoin de solutions concrètes et globales pour résoudre leurs problèmes. Cette approche « parentale » a l’intérêt de désidéologiser des questions parfois très clivées. Ça pourrait inspirer nombre de responsables politiques et partenaires sociaux ; parce que chercher un meilleur équilibre dans nos temps de vie, c’est, au fond, interroger le projet de société que l’on veut. Rien de moins, » conclut Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles.

 

--- fin du communiqué ---

 

Sur l’enquête

Cette enquête a été menée du 17 septembre au 7 octobre via internet. Il y a eu 4174 répondants. Après redressement et correction, l’échantillon de base s’élève à 3760 répondants. Les répondants ont été contactés via les médias de la Ligue des familles, du Vif et par de la publicité en ligne (Google et Facebook, avec ciblage spécifique pour avoir des répondants masculins).

Avant le redressement, 85% de l’échantillon sont des femmes contre 15% d’hommes. Suite au redressement, nous atteignons une proportion 60-40 de femmes et d’hommes. Ce résultat avant redressement est en soi une information importante : les questions liées à l’articulation entre travail et parentalité restent une « affaire de femmes ».

L’analyse complète est disponible sur le web. Vous y trouverez notamment en condensé les principaux constats réalisés ainsi que le résumé des besoins prioritaires selon les parents (p.13).