Une meilleure allocation de transition pour les parents qui perdent leur conjoint·e : avançons

6 juillet 2021


La Ligue des familles plaide, depuis la sortie de son étude sur la question en novembre dernier, pour un meilleur soutien financier aux parents qui perdent leur conjoint·e. Elle se réjouit de lire dans La Libre aujourd’hui que la Ministre des Pensions mettra cette question prochainement sur la table du gouvernement. La Ligue des familles appelle tous les partenaires de la majorité à soutenir cette mesure indispensable pour les familles endeuillées et à la mettre en œuvre au plus vite.

En Belgique, près de 10.000 enfants ont perdu un de leurs parents. Dans la plupart de ces familles, au drame du décès, s’ajoutent les difficultés financières : perte d’un des deux revenus du ménage, coûts liés au décès (dont les frais funéraires qui grimpent vite jusqu’à plusieurs milliers d’euros), tandis que les autres charges restent identiques.

Les parents qui perdent leur conjoint.e ont droit à une allocation de transition pendant deux ans, dont le montant dépend du revenu de leur conjoint décédé. Mais toutes les familles concernées rencontrées par la Ligue des familles estimaient toutes que cette durée de deux ans est bien trop courte pour pouvoir sortir la tête de l’eau. L’allocation de transition n’est par ailleurs ouverte qu’aux couples mariés : les parents cohabitants légaux ou cohabitants de fait, même s’ils ont des enfants en commun, n’ont droit à rien si leur conjoint.e décède.

Vers un renforcement de l’allocation de transition

La Ligue des familles avait dès lors appelé à un allongement de cette allocation de transition et à son élargissement aux cohabitants légaux. Elle avait rencontré la Ministre Lalieux et tous les groupes parlementaires en ce sens.

La Ministre indique aujourd’hui dans La Libre qu’elle entend allonger l’allocation de transition de 24 à 36 mois pour les parents qui perdent leur conjoint.e, et à 48 mois si un des enfants a moins de 12 ans, avec effet rétroactif pour les familles déjà concernées par ces situations. Cette mesure doit encore être approuvée par le gouvernement – avant le 21 juillet, espère la Ministre.

La Ligue des familles plaide pour que tous les partenaires de la majorité soutiennent cette mesure : avec le choc émotionnel, la nécessité de s’occuper désormais seul·e des enfants, il est bien souvent très difficile pour le parent survivant de continuer à exercer une activité professionnelle comme avant et l’allocation est donc indispensable bien au-delà des deux années actuelles. L’élargissement aux cohabitants légaux est aussi une nécessité et une urgence puisque chaque décès d’un parent non marié laisse actuellement son partenaire survivant sans ressources suffisantes.

Mais encore…

Au-delà de ces deux mesures, la Ligue des familles appelle à attribuer l’allocation de transition automatiquement lors du décès d’un conjoint afin d’éviter des démarches administratives à des personnes qui croulent déjà sous la paperasserie après un décès, et de garantir que chacun y ait bien droit. Enfin, cette allocation étant trop peu précomptée, ses bénéficiaires se retrouvent souvent à payer des impôts conséquents deux ans après. C’est donc au moment où ils n’ont plus droit à ce soutien financier que le couperet tombe et qu’ils doivent rembourser des sommes parfois déjà dépensées. La Ligue des familles appelle dès lors à ce que l’allocation de transition devienne exonérée d’impôts.

Après l’allongement du congé de deuil de 3 à 10 jours voté il y a quelques semaines, la Ligue des familles espère que cette deuxième mesure demandée par les familles concernées aboutira au plus vite.