20 semaines de congé de maternité

2 décembre 2010


Cela maintenant plusieurs semaines que la Ligue des familles a lancé la campagne "(re)prendre le temps". Nous avons tous besoin de temps, c'est sûr. Du temps pour soi, du temps pour les siens, du temps pour les autres. Quand un nouvel enfant arrive dans la famille, ce besoin de temps est multiplié par 10, par 100 ou peut-être plus encore. Le Parlement européen a décidé d'augmenter la durée des congés de maternité et de paternité : c'est un début… mais le chemin à parcourir est encore long.

Le 20 octobre 2010, le Parlement européen a pris une décision en optant pour un congé de maternité à vingt semaines (il est actuellement de quinze semaines en Belgique) et pour un congé de paternité de deux semaines (dix jours en Belgique, c’est donc équivalent), en fixant le montant d’indemnisation à 100 % du salaire (actuellement en Belgique, pour le congé maternité, l’indemnité est de 82 % les trente premiers jours, puis 75 % ; pour le congé paternité, 100 % les trois premiers jours, puis 82 % les sept jours qui suivent). Faut-il s’enflammer pour ce cadeau de Saint-Nicolas avant l’heure ?

 

D’abord et avant tout, le Parlement européen ne décide pas seul. Les États membres doivent aussi co-décider et les payeurs sont loin d’être enthousiastes sur cette mesure. Attention donc, rien n’est fait. Ne tombez pas dans le piège de l’annonce médiatique. Cela dit, que penser de la pré-décision du Parlement européen ? Commençons par l’incontestablement positif. Une indemnisation du congé de maternité et de paternité à 100 %, ce serait une option impeccable. Il n’y a aucune raison que les parents, particulièrement les femmes, soient discriminés dans leur rémunération parce qu’ils ont fait le choix d’avoir un enfant. Nous applaudissons cette option à pleines mains. Bravo les citoyeneurodéputés. Vous avez choisi le progrès social.

 

Faut-il être aussi enthousiaste pour l’allongement du congé de maternité ? Nous mettons un double bémol. Bien sûr qu’un congé de maternité de durée suffisante est indispensable pour le bien-être de l’enfant et de la maman. Mais quand les femmes suspendent trop longtemps leur carrière professionnelle, elles prennent un risque réel d’avoir des difficultés futures dans leur entreprise ou sur le marché de l’emploi. Nous nous méfions de certaines intentions plus ou moins avouées pour favoriser le retour des femmes au foyer. Voilà pourquoi nous souhaitons une globalisation des différents congés parentaux, bien indemnisés, à partager de manière égalitaire entre les femmes et les hommes. Des hommes qu’il faut davantage contraindre à prendre ces congés, en particulier le congé de paternité. L’égalité et le partage des responsabilités est à ce prix.

 

Pour ancrer une telle avancée, il nous paraît indispensable que les décideurs politiques abordent les questions de soutien à la parentalité dans une approche globale : des ressources financières, du temps et des services collectifs. C’est tout le sens de la campagne "Reprendre le temps" que la Ligue des familles continue d’animer comme mouvement de citoyenparents.


Denis Lambert,

directeur général de la Ligue des familles.

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