Parents : "Vive la Fédération Wallonie-Bruxelles"

27 avril 2011


Ne dites plus Communauté française de Belgique. Dites désormais Fédération Wallonie-Bruxelles, comme vous le recommande unanimement et ensemble les quatre partis francophones de la Belgique du sud. Le changement de dénomination est officiel sauf… dans les textes de la Constitution de la Belgique.

Si l’appellation Fédération Wallonie-Bruxelles fait partie d’un petit jeu de musculation dans le cadre des négociations pour la constitution d’un gouvernement fédéral, disons alors que la manœuvre est triste et dérisoire. Même si on n’ose plus le demander, l’important et l’urgent est de constituer un gouvernement fédéral. Et la meilleure manière d’y arriver, c’est de négocier. L’heure n’est plus aux provocations, ultimatums et autres contorsions. Trois bonnes raisons de former un gouvernement : 1. Le respect de la démocratie. 2. Ne pas laisser les marchés financiers s’engouffrer dans nos faiblesses budgétaires. 3. Créer de l’avenir face aux différentes crises que vit le monde.

 

Si l‘appellation Fédération Wallonie-Bruxelles n’est qu’un changement de dénomination sans autre portée qu’un changement de plumage pour le coq de la Communauté française, soyons bref et direct. Cela tient en trois lettres : bof ! Ne gaspillez pas de papier à lettre pour changer le logo (il est vieillot, c’est vrai). Cela coûte cher et les arbres sont précieux. En revanche, si l’appellation Fédération Wallonie-Bruxelles veut dire ce qu’elle dit - l’affirmation de la coopération sur un pied d’égalité entre deux Régions -, alors nous osons affirmer notre enthousiasme raisonné : "Vive la Fédération Wallonie-Bruxelles".

 

Trois bonnes raisons d’apprécier la FWB

La superposition de la Communauté et des Régions est un frein dans le développement de politiques fortes et cohérentes.

Prenons l’exemple de la petite enfance : place d’accueil, crèches… Les normes et l’encadrement sont du ressort de la Communauté, les bâtiments et les aides à l’emploi des Régions, le statut du personnel et les aides fiscales du Fédéral. Au total, huit ministres interviennent dans cette politique. Affirmer une approche régionale est un pas vers une simplification de la prise de décision. L’accueil de la petite enfance n’est qu’un exemple parmi d’autres...

 

L’affirmation d’une fédération entre la Wallonie et Bruxelles confirme bien le droit de Bruxelles d’être une Région comme les autres. Tous ceux qui vivent à Bruxelles, francophones, néerlandophones et allochtones qui forment ensemble ce merveilleux melting-pot multilingue, doivent avoir des droits identiques à chaque Belge. Il faut s’opposer fermement au fait de créer des sous-nationalités à Bruxelles en mettant la Région-Capitale sous la coupe de deux Communautés. Prenons cet exemple important pour les parents : les allocations familiales. La défédéralisation vers les Communautés plutôt que les Régions serait catastrophique pour les Bruxellois qui seraient obligés de choisir "au plus offrant" et empêchés de tenir compte des besoins spécifiques de Bruxelles (voir à ce propos le Ligueur n° 2 du 19 janvier 2011). S’il faut défédéraliser les allocations, c’est vers les Régions. Wallonie et Bruxelles pourront ensuite harmoniser leur approche. La Fédération Wallonie-Bruxelles est un réceptacle bien utile pour les transferts de compétences à l’issue de la probable et attendue réforme de l’État.

 

FWB ne signifie pas Fusion Wallonie-Bruxelles. Il y a des différences entre la Wallonie et Bruxelles. On peut d’ailleurs se demander s’il ne faut pas donner une spécificité régionale à des politiques communautaires, on pense notamment à l’enseignement. Un débat qu’a ouvert le Ministre-Président de … la Fédération Wallonie-Bruxelles, Rudy Demotte. Certes, il l’a fait avec une grande prudence. C’est normal, il touche à un tabou. Mais cela mériterait d’être creusé avec un objectif unique : une école de qualité pour tous.

 

Denis Lambert,

Directeur général de la Ligue des familles

 

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