Le logement, ça passe par ma commune

12 avril 2012


Les élections communales du 14 octobre 2012 se préparent. Et la Ligue des familles s’y active. Rassurez-vous, la Ligue ne devient pas un parti politique qui présenterait des candidats. Elle est et veut rester une association pluraliste. En revanche, c’est son job de groupe de pression de faire des constats, d’interpeller, de formuler des propositions, de revendiquer des solutions pour chaque parent. Premier volet de la démarche : le logement.

 

Le droit au logement

Voilà une évidence. C’est même un droit affirmé dans l’article 23 de la Constitution : "Chacun a le droit de mener une vie conforme à la dignité humaine. Ce droit comprend notamment le droit à un logement décent". Tout le monde n’a pas, aujourd’hui, en Belgique un logement décent. Inacceptable. L'évolution des modes de vie, des modèles familiaux, mise en ménage et/ou mariage, séparation, recompositions familiales… a fait que le parcours résidentiel de chacun n'est plus linéaire. Les personnes, les ménages, connaissent l'alternance, le va-et-vient entre la propriété et la location, l'appartement et la maison, au cours de leur vie. De plus, en cas de séparation, et dans le cadre de l'autorité parentale conjointe, chacun des parents doit pouvoir accueillir tous les enfants. La grande diversité des modèles familiaux doit conduire à diversifier l’offre de logement pour répondre à des besoins sans cesse mouvants. D’où l’importance de concevoir une architecture qui intègre la possibilité de modifier le gabarit des logements et d’introduire des dispositifs légaux, réglementaires et fiscaux qui encouragent la modularité des logements et la mobilité de ses occupants.

 

Nos revendications

  • Appliquer les objectifs de logement public : 10% en région Wallonne au niveau d’un bassin de vie, 15% en Région de Bruxelles Capitale.
  • Renforcer la capacité d’intervention des Agences Immobilières Sociales (AIS).
  • Soutenir les acteurs associatifs qui ont la capacité de développer des projets innovants et transversaux.

 

Densifier l'habitat

Les politiques d’aménagement du territoire font débat. En Belgique, les habitants apprécient les maisons quatre façades, l’espace, le "vert". Ils quittent les villes et s’installent, vu la pénurie et le prix du terrain et des logements, dans des périphéries, de plus en plus lointaines. Et pourtant, les conséquences de ce phénomène sont aussi nombreuses que négatives : explosion des déplacements et… de la pollution, perte de biodiversité, dégradation et perte de substance des centres urbains, appauvrissement des villes et des finances publiques (Bruxelles est un exemple criant). L’extension de la périurbanisation induit des transports de plus en plus longs et de plus en plus lourds. Notre mobilité est toujours plus dépendante de la voiture privée. Avoir encouragé le découplage des fonctions d’habitat, d’emploi et de services (les écoles, les commerces, les loisirs…) a eu des conséquences majeures sur nos vies. L’achat et l’usage de la voiture (pardon, de deux voitures) grèvent les budgets. D’abord, le budget argent. Mais aussi le budget temps et le budget CO2. Aujourd’hui, la balance entre "le rêve d’une maison quatre façades" et le stress des déplacements ou de la pollution continue à pencher du côté de l’éparpillement de l’habitat. Est-ce bien durable ? Densifier l’habitat est une nécessité si l’on veut améliorer la mobilité, diminuer les coûts d’infrastructures publiques, préserver l’environnement. Densifier l’habitat facilitera la définition de priorités dans l’investissement de nouveaux services collectifs. Densifier l’habitat et améliorer l’offre de services est une vision d’un "vivre ensemble" qui tient compte d’une qualité de vie dans un tissu social diversifié (mixité sociale et relations intergénérationnelles). Densifier l’habitat et renforcer les services collectifs (crèches, écoles, commerces, culture, loisirs, mobilité, services) est une condition pour faire face aux enjeux actuels et futurs d’un développement durable et solidaire.

 

Nos revendications

  • Inciter des pouvoirs communaux à la mise sur pied d’un schéma de structure communal et d’un règlement communal d’urbanisme complet.
  • Renforcer des commissions consultatives d’aménagement du territoire et de la mobilité (CCATM) : débat sur des visions stratégiques, concertation de bassin de vie ; motivation des avis en fonction de critères de densité d’habitat.
  • Adapter la taxation aussi en fonction d’un paramètre de densité d’habitat : lier les taxes communales d’urbanisation ou de remboursement non plus à la seule longueur de façade mais également en fonction de la localisation du bien immobilier dans un noyau de densité, instaurer des charges urbanistiques proportionnelles aux frais nécessaires pour assurer les services collectifs.
  • Mettre en place une dynamique soutenue de concertation entre tous les acteurs d’un même bassin de vie : les pouvoirs régionaux, les pouvoirs communaux, les entreprises de transports publics, les organisateurs de services collectifs (crèches, écoles…), les entreprises privées, le monde associatif.
  • Établir un plan coordonné par bassin de vie pour articuler des politiques cohérentes : renforcement des noyaux d’habitat, développement de services collectifs proches, adaptation de l’offre en mobilité douce

 

 

Denis Lambert,

Directeur général de la Ligue des familles

 

a