L'école, ça passe par ma commune (III)

25 avril 2012


Troisième volet de la campagne de la Ligue des familles à la veille des élections communales : l’école. Dans les deux éditions précédentes du Ligueur, nous vous avions présenté les revendications de notre mouvement dans le domaine du logement (le 11 avril) et celui de l’accueil de la petite enfance (le 25 avril). Cette fois, notre Petit train citoyen prend le chemin des écoliers avec une question en tête : "Votre commune est-elle une locomotive pour l’école ?"


Un calcul qui fait BOOM

En 2010, il y avait 206 000 jeunes de moins de 15 ans dans la Région de Bruxelles-Capitale. En 2020, le Bureau du Plan prévoit qu’il y en aura 255 000. C’est près de 50 000 jeunes en plus, une augmentation de 24%. Soyons clairs : c’est une chance incroyable pour une Ville-Région comme Bruxelles qui va vivre un boom démographique plein de promesses et d’avenir.

Petit calcul qui fait boom. Nous sommes optimistes, généreux et un zeste idéalistes, nous proposons à ces jeunes d’être 25 par classe. Nous ne comptabilisons pas les 20% d’enfants de 0 à 3 ans en vous renvoyant à nos questions et propositions sur les crèches (dossier tout aussi explosif). Nous ne comptons pas les enfants de plus de 12 ans en renvoyant vers le dossier de l’école secondaire (autre dossier feu d’artifice). Il faudra donc ouvrir dans les prochaines années 1 200 classes de 25 élèves pour accueillir les 30 000 nouveaux élèves.

D’accord, le calcul est établi "à la grosse louche". Raison de plus pour interroger votre commune : "Combien de classes devrez-vous ouvrir dans les dix prochaines années ?" C’est une question qui se pose particulièrement pour les communes du nord de Bruxelles - mais pas exclusivement : d’autres communes wallonnes seront confrontées à la même question.

Défi n° 1. Ouvrir des écoles de qualité, quitter cette spirale infernale des bonnes et des mauvaises écoles aux yeux des parents, ouvrir des écoles de la réussite pour tous.

Défi n° 2. Recruter, former, motiver et payer des jeunes profs. Faire en sorte qu’ils restent dans le métier (le tutorat des anciens est donc le bienvenu).

Défi n° 3. Construire ou rénover des bâtiments scolaires. À défaut de fusionner les réseaux, mettre en commun tout ce qui peut l’être. Penser à la qualité énergétique des bâtiments. Sans oublier de faire en sorte que les réfectoires ressemblent à autre chose que des piscines au bruit supersonique.

Pour rencontrer ces trois défis, autant dire qu’il va falloir sonner la mobilisation générale : Fédération Wallonie-Bruxelles et Régions relayées par tous les pouvoirs organisateurs dont les communes. Si elles ne peuvent pas tout sur le plan budgétaire, elles peuvent malgré tout jouer un rôle d’impulsion en mobilisant tous les acteurs. L’heure n’est plus aux guerres scolaires. Nécessité fait loi !


ATL : pas le nom d'une société de parking

ATL est l’abréviation d’Accueil Temps Libre. Dans le langage courant, on parle des garderies d’avant et d’après l’école, du mercredi après-midi, des congés scolaires. En complémentarité de l’école et bien menées, les activités d’Accueil Temps Libre sont importantes pour le développement des enfants : elles favorisent la cohésion sociale. Ce sont par ailleurs des services utiles et souvent indispensables pour les parents qui doivent pouvoir concilier vie professionnelle et vie familiale.

Les communes sont en première ligne pour mettre en place et coordonner les activités d’avant et après l’école, celles du mercredi et des vacances. Première question à poser : "Votre commune a-t-elle adhéré au dispositif ATL mis en place par la Fédération Wallonie-Bruxelles ?". C’est le cas pour 80% d’entre elles. Dans ce cas, elles ont l’obligation d’adopter un programme de Coordination Locale pour l’Enfance (CLE) et de mettre sur pied une Commission Communale de l’Accueil (CCA).

Traduction moins énigmatique de ces obligations : la commune doit voir clair sur les besoins en matière d’accueil extrascolaire, elle doit avoir une vision d’ensemble, programmer pour le futur et surtout mobiliser tous les acteurs de la commune. Cela vaut directement pour les écoles communales et indirectement pour les écoles des autres réseaux. Tout cela est possible grâce à l’engagement d’un coordinateur dont le dynamisme peut être bénéfique pour "booster" les services. À condition, bien entendu, de respecter des taux d’encadrement décents. Sur le papier, la Fédération Wallonie-Bruxelles parle de 1 accueillant pour 18 enfants. La réalité est tout autre : une moyenne d'1 pour 20. Mais dans 9% des cas, on passe à 1 pour 30. Retour à la case parking.


Nos revendications

  • Mobiliser tous les acteurs de la commune pour développer un accueil extrascolaire dynamique et de qualité dans la commune. Veiller à valoriser chacun dans son rôle : l’échevinat de la petite enfance, les pouvoirs organisateurs des écoles, les associations prestataires de services, les parents, les professionnels, les services communaux ;
  • Appliquer des tarifs démocratiques et progressifs qui prennent en compte les revenus des parents. Y consacrer les budgets nécessaires ;
  • Mettre en place un programme de formation pour soutenir le personnel accueillant et valoriser toutes les formes de compétence nécessaires à un accueil de qualité ;
  • Affecter des locaux adéquats pour les activités et veiller à une alimentation de qualité (le goûter est un repas crucial !) ;


Alimentation: un cahier des charges, un poids c'est tout.

À l’heure actuelle, en Belgique, 14 personnes sur 100 sont obèses et 18 enfants sur 100 sont en surpoids. En vingt ans, l’obésité et le surpoids infantile ont augmenté de 17%. Tout est dit pour justifier une action ambitieuse en faveur d’une alimentation de qualité de nos enfants à l’école. C’est un engagement des parents avec leurs enfants. Mais c’est aussi la responsabilité des pouvoirs publics, y compris les communes, de créer des conditions favorables à une alimentation de qualité.

Notre revendication

  • Définir et imposer un cahier spécial des charges, pour les opérateurs communaux et pour les prestataires de services, qui intègre des critères de prix et de qualité (équilibre des menus, présence d’un plan alimentaire, utilisation de produits locaux et de saison, intégration de produits bio et équitables).

 

Bon appétit !


Denis Lambert,

Directeur général de la Ligue des familles

 

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