2017, une nouvelle année généreuse et solidaire

11 janvier 2017


Des vœux, bien sûr, en ce mois de janvier pour vous tous, parents. Mais pas des vœux creux, des vœux qu’on veut voir devenir réalité. Pour cela, la Ligue des familles s’engage à continuer à travailler pour plus de justice et plus d’égalité pour toutes les familles.

2016, un mauvais souvenir

2016 restera une année difficile. Une année où nous avons dû trouver des mots simples (sans être simplistes) pour dire à nos enfants ce qu’est le terrorisme, l’importance de faire la part des choses et ne pas mettre tout le monde dans le même sac. Pour dire à nos enfants que des familles par milliers fuient les bombes, qu’à leur place nous ferions pareil et qu’il est important de les accueillir dignement. Pour dire à nos enfants que malgré le Brexit, l’isolement n’est pas la solution et le projet européen reste porteur d’espoir. Pour dire à nos enfants que la démocratie reste le « moins mauvais des systèmes », même si elle mène au pouvoir des hommes comme Donald Trump. Oui, nous en avons eu des mots à trouver pour expliquer un monde qui n’épargne pas les enfants et qui blesse autant nos idéaux qu’il heurte notre quotidien.

2016, le Baromètre des parents : entre manques et inégalités

Chez nous, l’année fut difficile aussi. Les résultats du Baromètre des parents de la Ligue des familles nous ont étonnés par leur dureté. Deux grandes tendances s’en dégagent.

► Une accumulation de manques. Les parents manquent d‘argent, plus qu’en 2015. Ils manquent de temps : 22 % ressentent un risque de burn out parental et 8 sur 10 ont des difficultés à concilier vie familiale et vie professionnelle. Ils manquent d’amour, aussi : 1 parent sur 3 a connu une séparation. Et puis, ils manquent de places en crèche ou à l’école. La liste n’est pas exhaustive, mais elle a déjà de quoi nous inquiéter.
Les inégalités s’accroissent. Inégalités à l’école, notamment via la question des devoirs. Inégalités dans l’accès aux crèches et aux activités extrascolaires : stages et loisirs. Inégalités entre les hommes et les femmes : les femmes sont plus en difficultés pour toutes les thématiques questionnées. Et des inégalités dans le logement qui s’aggravent.

Ce qui nous a le plus alerté est le sort de certaines familles qui cumulent les difficultés : les familles monoparentales, essentiellement composées de femmes, et les familles modestes. Vincent de Coorebyter le relevait justement lors de nos débats organisés à la sortie du Baromètre et dans un article publié dans Le Soir (28/12/2016). « Sans même parler des personnes en précarité extrême, les moins favorisés souffrent d’une cascade de difficultés qui transforme le quotidien en course d’obstacles, bien au-delà de ce que les statistiques de revenus permettent d’imaginer. On peut se faire une idée de cette situation en consultant le Baromètre des parents 2016 de la Ligue des familles. (…) Parmi les autres enseignements que l’on peut en tirer, ceux qui ont trait aux inégalités sont sans doute les plus frappants. »

2016, une année de générosité

Décembre 2016, Viva For Life battait son record : 3,4 millions d’euros recueillis pour aider les enfants vivant dans la pauvreté. Il y peu, plus de 9 millions pour le Télévie. Chez nos voisins flamands, les compteurs s’affolent aussi pour Music For Life (De Warmste Week) : plus de 7,8 millions et Rode Neuzen Dag (la Journée des Nez rouges) au profit des enfants atteints de problèmes psychiques : plus de 4 millions. Toutes ces opérations caritatives nous montrent la générosité des ménages belges. Des milliers de personnes donnent de leur temps et de leur argent pour financer des asbl qui œuvrent chaque jour « sur le terrain » pour lutter contre la pauvreté ou la maladie. On ne peut que s’en réjouir. C’est une démonstration de l’humanité et de la vitalité de nos sociétés.

2017, une année de solidarité ?

Mais la générosité ne résoudra ni la pauvreté, ni la maladie. Le combat contre la pauvreté est avant tout politique. Politique parce que c’est à ce niveau que s’opèrent les décisions qui auront le plus d’impact dans la vie des familles. Politique parce que c’est de la responsabilité de nos élus de garantir à chaque citoyen-ne des conditions de vie digne et l’accès à des services publics de qualité (crèche, école, hôpitaux, etc.). Ceci n’est ni ma responsabilité, ni la vôtre, quelle que soit notre bonne volonté.
Penser que seuls les initiatives citoyennes et l’engagement bénévole résoudront des questions aussi essentielles que l’éducation, le logement ou la lutte contre la pauvreté est un leurre et une régression. Nous perdrions beaucoup à troquer nos systèmes de solidarité (Sécurité Sociale, services publics) contre des opérations caritatives. Un peu comme lorsque des ministres wallons distribuent du lait aux plus démunis et réduisent, dans le même temps, les budgets de cohésion sociale de plusieurs millions…
Pour 2017, la Ligue des familles continuera à soutenir les initiatives citoyennes, soulignant leur immense richesse pour notre vie en société. Mais en 2017, la Ligue des familles ne cessera de défendre des systèmes de solidarité forts, indispensables à la lutte contre les inégalités et favorisant le bien-être de toutes les familles. Enfin, nous vous souhaitons de l’amour, de la légèreté et de la joie pour augmenter notre « force d’exister » comme nous y invitait Spinoza il y a un peu plus de trois siècles déjà.

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles