Baromètre des parents 2020 - Le message des familles : « Plus vite ! »

16 décembre 2020


Les réponses politiques peinent à suivre l’évolution des besoins des familles et de la société. C’est le message principal qu’adressent les familles francophones dans le cadre de l’édition 2020 du Baromètre des parents de la Ligue des familles.

Baromètre des parents 2020 -  Le message des familles : « Plus vite ! »

Pour 6 parents sur 10, concilier travail et vie de famille, c’est compliqué. Pour 2 parents sur 3, trouver une place en crèche n’a rien d’évident. Pour 1 parent sur 3, la garderie scolaire devrait être ouverte plus tôt le matin et/ou plus tard le soir. Près de 4 parents séparés sur 10 ne touchent pas la pension alimentaire à laquelle ils ont droit. Le constat est limpide : c’est toujours autant la galère pour les parents.

Et pourtant, des choses ont changé, mais souvent de manière trop timide et aussi beaucoup trop tard. En 2020, le parlement fédéral a décrété la fin du congé de maternité raboté en cas d’incapacité de travail en fin de grossesse. L’aboutissement de ce combat vieux de plusieurs décennies et remis au-devant de l’actualité par une pétition initiée par une maman concernée et, dans la foulée, par la Ligue des familles il y a deux ans, est un super aboutissement ! Et pourtant, il ne cache que timidement que le congé de maternité belge est un des plus courts au niveau européen.

Autre exemple ? Le congé de paternité sera, en janvier prochain, porté à 15 jours, puis à 20 jours en 2023… En pleine campagne de la Ligue des familles pour passer le congé paternité à 15 semaines ! Alors, certes, ce sont de bonnes nouvelles et la Ligue des familles s’en réjouit, mais nous le disons à nouveau, ça reste trop timide et beaucoup trop tardif.

Des mentalités qui évoluent plus vite que les lois

Car la Ligue des familles en fait le constat dans son Baromètre, sur certains points, l’opinion des Belges évolue vite : par exemple, en deux ans, les papas réclamant un congé de paternité égal à celui de la maman sont montés de 7% pour arriver à 67%. Quand on sait le temps que peuvent mettre les mentalités pour évoluer, ce n’est pas rien !

Et dans la gestion de la crise ? 7 parents sur 10 ne se sont pas sentis soutenus pas le monde politique pendant cette crise du coronavirus. Au cœur du mécontentement des familles : les fermetures d’écoles et de crèches, les « bulles de contact » inadaptées à leurs réalités familiales et le manque de soutien financier.

Par ailleurs, les réponses apportées par les pouvoirs publics ont été, là aussi, trop timides et trop tardives. Un exemple, le congé parental Coronavirus. Imaginé par la Ligue des familles comme une mesure pour soulager durant le confinement le rythme infernal imposé aux parents par le télétravail conjoint à l’occupation des enfants, cette mesure a été mise en place en mai, pour le déconfinement, et avec des conditions telles que ce n’était presque pas possible de le prendre (mi-temps, revenu faible, accord de l’employeur, etc.). Les parents attendent donc beaucoup plus de réactivité et d’ambition.

Chère santé

Ce Baromètre a aussi été l’occasion de faire le point sur la question de la santé dans les familles, hors période de crise : maladies graves d’un membre de la famille, paiement des factures d’hôpital, reports de soins à prodiguer aux enfants pour raisons financières. Partout, le même constat : nous sommes sans doute dans un des pays les mieux lotis au monde en termes de soins de santé et de Sécurité sociale, il n’empêche que se soigner coûte cher, bien trop cher encore. Dans les familles les plus pauvres, mais aussi dans les plus privilégiées, un problème de santé survient, et tout le ménage peut basculer dans les difficultés financières.

Les constats du Baromètre 2020 de la Ligue des familles sont un peu sombres, ils sont aussi le reflet de l’état d’esprit des familles : nombre d’entre elles sont engluées dans les difficultés de santé, financières, de conciliation des temps et, parfois, tout à la fois. Il y a des avancées politiques, législatives, mais à la marge eu égard aux enjeux.

Cependant, la Ligue des familles est persuadée que nommer les problèmes, c’est un premier pas vers la solution. Avec ce Baromètre, nous posons des constats. Il restera bien du travail ensuite pour obtenir des mesures qui y répondent avec suffisamment d’ambition, mais la Ligue des familles s’y attèlera avec d’autant plus de vigueur.

Christophe Cocu, directeur général de la Ligue des familles