Ce que veulent les parents dans leur commune

30 mai 2018


Près de 3 500 parents ont répondu à l’enquête de la Ligue des familles sur les prochaines élections communales d’octobre 2018. En dix propositions phares, ils dressent un programme minimum pour les futur·e·s élu·e·s bourgmestres et échevin·e·s.

Sans surprise…

1 > Des places, des places, des places ! Plus de 7 parents sur 10 réclament davantage de places dans les crèches, les haltes-garderies et les écoles. Ils en font clairement une priorité. Impossible d’ignorer cette demande.

2 > Une mobilité douce et apaisée. Dans l’ordre, les parents demandent un meilleur état des trottoirs et des routes, une sécurisation des abords des écoles et une amélioration de l’offre de transports en commun. Sans conteste, les problèmes de mobilité heurtent la qualité de vie des familles. Action.

Osez !

3 > Une qualité de vie pour les enfants. Investir dans une commune agréable pour les plus jeunes et proposer des espaces adaptés et des activités éducatives accessibles à tous est une demande forte. En priorité, les parents veulent plus de plaines de jeux, d’espaces verts et d’activités culturelles. Par ailleurs, ils sont 8 sur 10 à souhaiter une amélioration de l’encadrement, une offre plus variée et des tarifs plus accessibles pour l’extrascolaire.

4 > Des horaires adaptés à la vie des parents. Ils sont une majorité à réclamer un élargissement des horaires des services communaux, une ouverture des bibliothèques, piscines et infrastructures sportives le soir et le week-end. Aussi, ils demandent des garderies ouvertes plus tôt le matin et tard le soir. En attendant une organisation du travail qui facilite la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, les communes ont mille moyens pour mieux adapter les rythmes sociaux à la vie des familles, tout en respectant les enfants. À noter que 3 parents sur 4 plébiscitent l’usage d’internet pour alléger le poids des démarches administratives.

5 > La gratuité pour les fournitures scolaires et les garderies. Presque 8 parents sur 10 demandent que le matériel scolaire soit fourni par l’école. Alors que la Constitution belge prévoit la gratuité de l’enseignement, une majorité se plaint de ces frais autant que du coût des garderies scolaires. Communes, jouez la carte de la gratuité pour plus d’égalité entre toutes les familles dans vos écoles.

6 > Une meilleure alimentation dans les écoles. Ils sont presque 9 parents sur 10 à demander des produits de qualité, sains, bio et locaux pour les cantines. Précisons que cette attention est partagée par les familles de tous milieux socioéconomiques.

7 > Des bâtiments scolaires rénovés. L’amélioration des locaux qui accueillent des enfants est un problème pour plus de 9 parents sur 10 ! Il est plus que temps d’agir.

8 > Un accueil des personnes migrantes. Plus de 1 parent sur 2 soutient des initiatives communales d’accueil des personnes venues d’ailleurs. Dans toutes les provinces, les parents favorables à cet accueil sont plus nombreux que ceux qui s’y opposent. C’est la très bonne nouvelle de cette enquête.

Portez une attention particulière à certaines familles pour…

9 > Atténuer les difficultés des familles monoparentales. 8 parents sur 10 pensent que ces familles doivent avoir un accès prioritaire à un logement. De leur côté, ces mono-parents - des femmes en grande majorité - sont plus nombreux à avoir besoin de services moins chers (crèches, garderies, stages, plaines de jeux, transports…). Ne les oubliez pas.

10 > Réellement soutenir les familles concernées par le handicap. Quel que soit leur niveau socioéconomique ou leur lieu de vie, ces familles demandent plus de tout. 1 parent sur 6 est directement concerné mais la mise en place de communes inclusives est à l’avantage de toutes les familles !

Programme minimum

Ces propositions sont, en quelque sorte, le programme minimum d’une commune qui a la volonté de réellement soutenir les parents. Plus des dizaines d’autres comme la garde d’enfants malades, la participation aux décisions de la commune, des guichets uniques pour faciliter les démarches, des coins doux dans les écoles, plus d’activités pour les ados, des logements adaptés aux grandes familles, etc.
Nous ne sommes pas naïfs. Nous savons que ces mesures ont un coût et que les finances des communes ne sont pas illimitées. Nous savons également que beaucoup de ces demandes ne relèvent pas des compétences obligatoires au niveau communal. Il n’empêche. Le bien-être des enfants, la qualité de vie pour les familles, une attention aux plus fragiles et des mesures volontaristes contre les inégalités devraient orienter, nous semble-t-il, le travail des bourgmestres et collèges échevinaux de toutes majorités politiques imaginables. Par étape et en fonction des particularités de chaque commune. Concrètement et pas que dans les discours. La Ligue des familles y veillera durant les six prochaines années à venir.

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles