Ça bouge enfin pour les parents

16 novembre 2020


Ces dernières semaines ont vu l’avènement du chômage temporaire « fermeture d’école », puis « quarantaine d’enfants ». Après des mois, enfin, des solutions raisonnables sont proposées aux parents en galère. Est-ce que tout est parfait ? Loin de là. Mais la situation difficile des parents en cette période de crise devient enfin un vrai sujet politique. Et ça, c’est une bonne nouvelle.

Ça bouge enfin pour les parents

On ne se réjouit pas souvent, dans cet édito. Et pour cause : le rôle politique de la Ligue des familles est plutôt d’identifier les manquements que de distribuer des lauriers. Mais, après des mois de confinement et de déconfinement pendant lesquels les casse-têtes organisationnels des parents ont été complètement laissés de côté, les choses évoluent enfin. Et ça fait du bien, aussi, de s’y attarder un instant.

Un dispositif sérieux en cas d’enfant en quarantaine

« La Ligue des familles appelle à un sursaut politique », lancions-nous dans un communiqué de presse le 17 septembre. « Cette inaction et ce manque de considération pour les parents concernés sont insupportables », écrivions-nous dans le Ligueur du 23 septembre, vu la situation impossible des nombreux parents confrontés aux fermetures d’écoles et à la suite des propos de la ministre Muylle qui considérait qu’il n’était pas utile de prévoir un congé spécifique.

Heureusement, les choses changent parfois vite en politique. Quelques jours plus tard, le 28 septembre exactement, les députés de la Commission Affaires sociales de la Chambre votaient le droit au chômage temporaire pour les parents en cas de fermeture de crèche, de classe ou centre pour enfant en situation de handicap. Un dispositif accessible du jour au lendemain, dès l’annonce de la fermeture, sans que l’accord de l’employeur ou de l’employeuse soit nécessaire, et aussi longtemps que l’établissement reste fermé.

Et bien mieux rémunéré que feu le congé parental corona : 70% du salaire + 5,63 € par jour. Ce n’est clairement pas la panacée : ça reste extrêmement difficile pour de nombreux parents de voir leur rémunération chuter de la sorte et cela peut les empêcher de recourir à ce mécanisme - la Ligue des familles avait plaidé pour un congé sans perte de salaire. Mais nous devons tout de même relever l’énorme avancée que cela représente par rapport à la mesure mise sur pied au printemps (rémunération forfaitaire d’à peine 352 € pour un mi-temps pour le congé corona).

Un problème subsistait toutefois : les quarantaines d’enfant pour des raisons indépendantes de l’école (contact avec un cas positif lors d’une activité sportive, un mouvement de jeunesse ou autre), qui ne donnaient droit à aucun congé pour les parents. La Ligue des familles avait interpellé le ministre Dermagne à ce sujet le 14 octobre, l’appelant à élargir le dispositif de chômage temporaire à ces cas de figure.

Ce 6 novembre, un accord est intervenu en gouvernement fédéral sur ce point. Nous attendons encore des précisions quant aux modalités exactes. Mais, là encore, ça ôtera une fameuse épine du pied aux nombreux parents qui seront encore concernés à l’avenir.

Une solution en vue pour les fonctionnaires ?

Ce chômage temporaire « fermeture d’école » est accessible aux parents salariés (et contractuels du secteur public). Les indépendant·e·s ont quant à eux/elles accès au droit passerelle dans ce cas de figure. Mais à l’heure d’écrire ces lignes, deux mois et demi après la rentrée, les fonctionnaires statutaires n’ont toujours droit à rien (à part à télétravailler tout en s’occupant de leur·s enfant·s en même temps ou à prendre un congé sans solde - pour reprendre ce que certains ministres nous répondent quand on les interpelle à ce sujet).

D’après certains échos, la concertation en cours à l’heure actuelle sur la question serait tout de même en passe d’aboutir à un congé spécifique rémunéré pour les agents du secteur public. Ici aussi, la situation intenable de certains parents va peut-être enfin finir par être prise en compte. Espérons que lorsque vous lirez ces lignes, ce sera chose faite. La Ligue des familles restera toutefois attentive à ce que ce soit bien le cas à chaque niveau de pouvoir.

Caroline Tirmarche, responsable du service Études et Action politique de la Ligue des familles