L’enseignement et l’argentne font pas bon ménage !

5 février 2016


Le 5 février, la Ligue des familles a lancé, avec la FEF (Fédération des étudiants francophones) et les fédérations de CPAS bruxellois et wallons, un appel pour soutenir l’accès aux bourses des étudiants. L’argent ne doit pas freiner le parcours scolaire d’un jeune. Ni aux études supérieures, encore moins dans l’enseignement fondamental. C’est un engagement fort de la Ligue des familles, auprès des ministères, des parlements et au sein du Pacte pour un enseignement d’excellence.

S’il y a bien une question qui nous rassemble tous, parents, c’est celle de l’avenir. Notre responsabilité première est d’aider nos enfants à bien grandir et de les accompagner sur le chemin de l’autonomie. Sur ce chemin éducatif, les parents ne sont pas seuls. L’école (au sens large) est à nos côtés. Sauf que parfois, l’école échoue avec certains de nos enfants. Plus tard, des jeunes sont empêchés d’accéder à l’enseignement supérieur, non par incapacités intellectuelles ou travail insuffisant, mais par manque d’argent. Notre système éducatif est devenu inégalitaire (les enfants de milieux modestes réussissent moins bien que les autres) et injuste. L’argent pollue les relations entre les familles et l’école et bouche l’avenir de certains de nos jeunes. C’est inacceptable.

Soutenir les étudiants boursiers…

Les allocations d’études existent pour permettre aux étudiants de familles modestes d’accéder à l’enseignement supérieur. C’est la juste responsabilité d’un État démocratique à l’égard de sa jeunesse. Mais ces allocations sont aujourd’hui sur le grill. Les conséquences de l’allongement des études suite au Décret Paysage (voir En savoir +) et un projet de réintroduction d’un critère de réussite scolaire inquiètent les familles. Et pas seulement les plus pauvres. Le nombre d’étudiants boursiers a augmenté de 30 % en dix ans et 1 étudiant sur 22 est au CPAS en Wallonie, 1 sur 15 à Bruxelles. Ces chiffres sont alarmants. Ils montrent aussi que de plus en plus de familles issues de la « petite classe moyenne » poussent la porte des CPAS cherchant des solutions pour leurs jeunes. Pour ces raisons, la Ligue des familles demande d’augmenter les plafonds d’accès aux bourses, une revalorisation de l’allocation forfaitaire (environ 1 000 € par an) et refuse catégoriquement tout critère de réussite pour le maintien de la bourse.

… et leurs parents

Restreindre l’accès à ces bourses a des conséquences importantes sur toute la famille de l’étudiant. Les parents, parfois les grands-parents, qui doivent suppléer au manque d’aide publique, sont eux-mêmes appauvris. Ils ressentent des angoisses par rapport à leur capacité à faire face financièrement et sur les possibilités d’avenir de leurs enfants. Des tensions intrafamiliales s’accentuent quand le jeune doit faire valoir ses droits auprès des débiteurs alimentaires au CPAS. Enfin, et c’est bien le pire, des familles entières s’autocensurent, de génération en génération, sur le parcours scolaire de leurs enfants. Des jeunes ont intégré le fait que l’enseignement supérieur n’est pas pour eux. Leurs parents s’interdisent même de l’imaginer, craignant de ne pas pouvoir payer. Cette autocensure est un échec de la démocratie. En s’exprimant sur les mécanismes d’allocations d’études, la Ligue des familles veut rappeler aux autorités leur responsabilité par rapport à sa jeunesse. Permettre à nos enfants d’avancer, accompagner nos jeunes vers l’autonomie, c’est un devoir mais surtout une chance et une richesse pour nous tous, pour toutes les familles et l’ensemble de la société.

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles