Devenir propriétaire à Bruxelles : le Fonds du logement renforce son action

19 octobre 2016


Le Fonds du logement bruxellois offre de nouvelles possibilités aux familles pour acquérir un logement. Une bonne nouvelle. Mais vivre et rester à Bruxelles exige d’autres mesures sur l’offre de services collectifs et la qualité de vie.

Le Fonds du logement de la Région de Bruxelles-Capitale remplit plusieurs missions d’intérêt public pour les ménages à bas revenus, avec ou sans enfants : construction, rénovation et vente de logements, locations à loyer réduit, garanties locatives, crédits énergétiques… et prêts pour l’acquisition d’un bien immobilier (sous conditions, notamment, de salubrité et de patrimoine).
Devenir propriétaire reste vecteur de stabilité pour les parents et permet la transmission de capital aux générations suivantes. C’est aussi, pour beaucoup, un rêve qui se concrétise. Pour les familles bruxelloises à revenus modestes, cette perspective paraît inatteignable. Trop peu d’épargne, trop peu de revenus. Les logements sont hors de prix. La porte des banques privées reste close.

Propriétaire à Bruxelles, c’est possible !

Pourtant, sur 1 000 crédits accordés en moyenne chaque année par le Fonds du logement, 80 % des ménages réunissent les conditions d’accès au logement social en termes de revenus. Autre chiffre, 1 emprunteur sur 3 était sans emploi en 2015. Comment ? Les taux d’intérêts sont réduits pour les emprunteurs. Ils sont calculés en fonction de la situation familiale (nombre d’enfants à charge, revenus…) et sont adaptés tous les cinq ans. Par ailleurs, le Fonds du logement accompagne les familles tout au long de leur projet : de l’intention d’acheter jusqu’à la remise des clefs.

Une modernisation pour les familles

Depuis 2015, le Fonds innove et s’adapte. Voici quelques-unes de ces nouvelles mesures :

  • les revenus maximums d’admission pour les candidats emprunteurs sont rehaussés ;
  • la possibilité d’emprunter jusqu’à 120 % de la valeur du logement, pour financer, par exemple, une partie des travaux ou des droits d’enregistrement ;
  • les emprunteurs peuvent obtenir un prêt avec mensualité progressive (qui suit l’évolution du salaire) ou constante ;
  • les taux d’intérêts sont réduits ;
  • le montant maximum à pouvoir emprunter est augmenté ;
  • les emprunteurs peuvent louer, moyennant un loyer modéré, une partie de leur logement à des personnes qui ne font pas partie du ménage. Par là, le Fonds du logement favorise l’habitat intergénérationnel, solidaire, etc.

Une aide aux revenus moyens ?

Bien sûr, le Fonds garde pour mission principale l’aide aux revenus modestes (70 % des crédits, au minimum). Il étend son aide pour trois raisons :
1 : Soutenir les ménages qui n’ont pas accès aux crédits des banques privées et qui étaient légèrement au-dessus des barèmes du Fonds.
2. Être plus souple face aux réalités familiales. Un couple d’instituteurs gagnant environ 1 500 € chacun peut à présent faire appel au Fonds du logement. Avant, seul un isolé avec de tels revenus pouvait faire une demande, comme si la mise en ménage était sanctionnée...
3. Résorber l’exode des ménages à revenus moyens hors de la capitale.

Reste encore et toujours la qualité de vie

Acheter un logement peut guider les choix de vie et correspondre à un souhait. Pour certains, la location reste la solution, pour d’autres, c’est la propriété. Quoi qu’il en soit, les briques ne sont pas la seule préoccupation des familles.
Les parents aspirent à vivre dans un environnement sain, avec du vert, des plaines de jeu, des espaces de détente, des services de proximité, des écoles, des crèches de qualité… Une question de conciliation de la vie familiale et professionnelle. Une affaire de bien-être, de conditions d’existence.
Bruxelles est l’une des capitales les plus encombrées d’Europe. Les parents peinent à trouver une école. Le taux de couverture des milieux d’accueil est faible, surtout dans les communes les plus pauvres. La paupérisation de certaines communes s’accentue, tout comme la gentrification de certains lieux.
« Habiter » va bien au-delà du choix d’un logement. Le coût est loin d’être la seule raison pour laquelle les jeunes ménages quittent Bruxelles. Bruxelles manque d’ambition en matière d’aménagement du territoire, de services collectifs accessibles et de qualité de vie. Cette ambition-là devrait être la préoccupation de tous.

Cécile Daron, chargée d’études au service Études et action politique