Allocations familiales : la Ligue attend de VRAIES réponses politiques !

25 juin 2014


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Le 1er juillet 2014, les allocations familiales seront officiellement défédéralisées. Prête, la Ligue des familles a dans ses cartons une proposition pour un nouveau système d'allocations familiales. Seule à avancer sur ce transfert, elle réclame un grand débat et appelle les partis politiques francophones à se prononcer enfin sur le futur des allocations familiales. Coup de gueule !

Sans refaire l'histoire, rappelons que la Ligue des familles élabore un système alternatif d'allocations familiales, plus en phase avec les besoins des parents d'aujourd'hui, depuis les négociations politiques sur la 6e réforme de l'État. Soit depuis plus de quatre ans maintenant. Précisons également que nous sommes seuls à avoir déposé une proposition concrète, chiffrée et finançable dans l'enveloppe actuelle. Cette proposition est unique du côté francophone, et c'est bien cela qui nous inquiète.

La (non) réponse politique francophone

Pendant la campagne électorale, son mémorandum sous le bras, la Ligue des familles a interpellé directement les présidents et présidentes des principaux partis politiques francophones. Ce que l'on en retient pour l'essentiel :

  1. De quoi se réjouir : tous les partis approuvent les objectifs et les principes mis en avant par la Ligue, en particulier la suppression des rangs. Pour le reste, c'est vague.
  2. De quoi s'inquiéter : les programmes de ces partis sont muets, ou presque, sur le futur des allocations familiales, alors que ces mêmes partis auront à gérer le transfert des allocations du Fédéral aux Communautés, dès la prochaine législature. La proposition la plus affirmative est… de continuer à verser des allocations familiales aux parents (!). Tout au plus, certains partis envisagent « à long terme » la suppression des rangs. Comment interpréter ce manque éloquent de vision politique sur un sujet aussi important ? Par désintérêt ? Excès de prudence ? Crainte que les moyens budgétaires transférés ne suffisent pas à payer les allocations des Wallons et des Bruxellois ? Ou par anticipation non avouée de futures mesures d’austérité ? Quelles qu'en soient les raisons et quelles que soient les majorités qui sortiront des négociations en cours, les parents ont le droit de savoir.

Les réponses du côté de la Flandre

De l'autre côté de la frontière linguistique, nos voisins flamands ont une longueur d'avance. Tous les partis se sont prononcés sur leur vision du futur des allocations familiales. N-VA, CD&V, sp.a, Groen, Vlaams Belang proposent la suppression des rangs. Seul l'open vld maintient un système de rangs mais inversé. Les montants d'allocation de base proposés oscillent entre 90 € et 250 €. On remarque également une grande diversité de modèles pour les suppléments : en fonction du statut, du revenu, de l'âge, etc. Dans tous les cas, les options politiques sont affirmées et claires. Les mouvements familiaux ont été consultés, ils ont pris la parole dans les médias ainsi que l'ensemble des acteurs du soutien à la parentalité. Pourquoi ce débat a-t-il lieu en Flandre et pas chez nous ?
La Ligue des familles tape du poing sur la table pour que ce débat public sur le futur des allocations familiales à Bruxelles et en Wallonie ait lieu. Parce que nous sommes lassés d'entendre comme seule réponse : notre priorité est que le transfert se passe bien. Oui, nous aussi, évidemment. Mais nous attendons plus du politique qu'une seule réponse de gestionnaire. Nous demandons une vision politique ambitieuse pour le soutien aux familles. Nous attendons des propositions claires et chiffrées, avec des montants indicatifs.
Fin 2019, c'est la date finale du transfert des allocations familiales. Nous craignons également que cette absence de débat soit le reflet d'un manque de préparation. Vu la complexité de notre système actuel et l'importance des enjeux, fin 2019, c'est demain. Il y a urgence.

Delphine Chabbert, directrice des études et de l'action politique