La Ligue des familles lance le premier Baromètre des parents

2 décembre 2015


Le Baromètre de la Ligue des familles dresse le profil des familles d’aujourd’hui. 1 500 parents vivant à Bruxelles et en Wallonie ont été interrogés par Dedicated, mettant à jour leurs attentes et leurs besoins. Inédit.

Pourquoi un Baromètre des parents ?

Depuis longtemps maintenant, la vie politique se nourrit de sondages. Cette tendance à la mesure s’étend progressivement à presque tous les domaines de nos vies : baromètre de la santé, de la pauvreté, de la mobilité… Mais rien, à ce jour, n’était consacré aux familles. La Ligue des familles a décidé de mettre en place cet outil pour deux raisons essentielles : 1. dresser le portrait des familles d’aujourd’hui, 2. connaître et comprendre les besoins des parents.
Pourquoi est-ce si important ? Parce que depuis une quarantaine d’années, rien n’a plus bougé dans nos sociétés que les familles. Et parce que les familles changent, la société change. Les responsables politiques et l’ensemble des décideurs (partenaires sociaux, entreprises, etc.) doivent en prendre la mesure et proposer des réponses adaptées aux besoins des parents.
Pour les aider, ce Baromètre sera réalisé chaque année, permettant ainsi de mesurer les évolutions des conditions de vie des parents et la satisfaction des solutions mises en œuvre.

Le profil des familles d’aujourd’hui

Les familles dites « classiques » sont encore majoritaires : 60 % des familles sont composées du couple de parents. À côté, 25 % sont monoparentales et 15 % sont recomposées. Le Baromètre montre aussi que la vie de couple est chahutée assez vite après la rencontre. Pour la moitié des couples, la séparation intervient avant les 5 ans de l’enfant. Et puis, les familles recomposées sont les nouvelles familles nombreuses : elles sont 25 % à réunir plus de trois enfants, pour 15 % de l’ensemble des familles. Par ailleurs, bonne nouvelle, deux beaux-parents sur trois veulent s’investir davantage dans le quotidien des beaux-enfants.
Autre bonne surprise : la capacité des parents à trouver des solutions eux-mêmes, sans passer par la justice. Même après une séparation, une majorité s’entend à l’amiable pour l’hébergement des enfants. Enfin, positif aussi, la garde alternée progresse et concerne aujourd’hui presque une famille sur trois.

Ce qui fait débat : l’école

Devoirs à la maison, horaires scolaires à la journée, durée des congés, inscription… les parents sont très partagés sur les questions qui touchent à l’école. Cela confirme l’importance d’un large débat de société sur l’école et la nécessité d’y associer les familles.

Les points noirs pour les parents : stress et pauvreté

Si l’on devait retenir une difficulté dans la vie des parents, ça serait la difficulté à concilier vie personnelle, familiale et professionnelle. Quelques chiffres pour comprendre : 6 parents sur 10 veulent être plus présents avec leurs enfants et 8 sur 10 (!) ont des difficultés concrètes d’organisation entre vie de famille et travail.
De cette course contre le temps, les parents sont fatigués (78 %) et stressés (1 sur 2). Enfin, plus de 1 parent sur 3 ressent un risque de burn-out parental, particulièrement lorsque les enfants sont jeunes. C’est considérable.
Cet essoufflement des parents s’aggrave avec les difficultés financières. Là, les familles monoparentales sont les plus exposées et requièrent toute notre attention. 2 familles monoparentales sur 3 vivent avec moins de 2 000 € par mois. Les femmes sont de loin les plus concernées par le chômage, les temps partiels, les salaires plus faibles et des créances alimentaires payées irrégulièrement dans 25 % des cas.

Les messages de la Ligue des familles

1. Des réponses urgentes sont attendues.

Pour l’accueil de la petite enfance, la création de nouvelles places à un prix accessible n’attend pas. Presque 1 famille sur 10 n’a trouvé aucune solution. Et parmi ceux qui ont une place, 2 parents sur 3 points sont très insatisfaits de son prix.
Pour l’école. Des places de qualité, doivent être créées pour tous les enfants. 38 % des Bruxellois ont eu des difficultés pour inscrire leur enfant en maternelle !
Pour le logement. L’accès à un logement doit être facilité, particulièrement pour les locataires. Aller vers un loyer de référence et créer un fonds de garanties locatives, les familles sont d’accord.
Pour un minimum de ressources financières. Le paiement des créances alimentaires doit être garanti pour les familles monoparentales. Et les allocations familiales doivent être réformées : un même montant d’allocation pour chaque enfant est souhaité.
Pour les pères. Un homme sur deux ne prend pas son congé de paternité, soit parce qu’il pense ne pas y avoir droit, soit par pression de l’employeur (14 %). La Ligue des familles propose un congé de paternité obligatoire.

2. De nouvelles réponses sont nécessaires pour faire face aux nouveaux besoins des familles.

Renforcer les services publics et la sécurité sociale ne sera pas suffisant. Il est temps d’oser une vraie politique de soutien à la parentalité, inexistante à ce jour. Trois pistes inspirées de ces résultats :

  1. permettre à chaque parent de s’occuper de son enfant jusqu’à ses 6 mois et permettre à chaque enfant d’avoir une place d’accueil, au moins à temps partiel, jusqu’à son entrée à l’école.
  2. Faire évoluer le droit et reconnaître les beaux-parents et toutes les autres formes de parentalité sociale.
  3. Repenser l’organisation du travail pour améliorer la conciliation vie familiale/vie professionnelle et faire baisser la pression sur les parents.

Et vous, parents, quelles sont vos autres propositions ? Dites-nous ce que vous pensez de ces résultats et aidez-nous à faire de ce Baromètre le rendez-vous des parents.

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles