Que diront-ils dans 100 ans ?

3 septembre 2015


Des milliers de demandeurs d’asile arrivent chez nous. Des centaines sont à la rue. Parmi eux des familles avec enfants. Tandis que des propos haineux se déversent et que la solidarité citoyenne s’organise, la Ligue des familles lance un appel aux autorités pour qu’elles assument leurs responsabilités et garantissent un accueil digne et respectueux à chacun. C’est un devoir et une obligation.

Eux et nous

Ils seraient 150 000 migrants à avoir rejoint l'Europe par la Méditerranée depuis le début de l'année. Plus de 1 900 ont péri lors de la traversée. Des hommes, des femmes, des enfants. Aujourd’hui, ce sont presque 60 millions de personnes qui sont déplacées de force… Quels parents se jetteraient dans des embarcations de fortune, à la merci de passeurs inhumains, risquant leur vie et celles de leurs enfants, pour venir profiter de quelques allocations (âprement) consenties par un pays comme la  d’hospitalité ? Avec empathie et considération. Les mêmes besoins que nous, hier, en 1940, quand plus de 8 millions de Belges, de Hollandais ou de Luxembourgeois se sont réfugiés dans le sud de la France pour fuir les nazis.

5 contre-vérités à démonter

Entre les propos haineux et les inepties en tous genres, quelques voix sortent du lot pour nous ramener à la raison. Parmi elles, celle du CIRE (Coordination et Initiatives pour Réfugiés et Étrangers) qui tord le cou à 5 idées reçues. À prendre avec objectivité et sans préjugé, et à lire en entier sur www.cire.be.

  1. « L’Europe accueille trop de réfugiés ».« 86 % des réfugiés dans le monde se trouvent dans des pays en développement. Parmi ceux-ci, la Turquie, le Pakistan et le Liban en accueillent chacun plus d’un million ». Voilà pour relativiser les affirmations de Théo Francken évaluant à 250 par jour la capacité maximale de la Belgique à traiter les demandes d’asile…
  2. « La Belgique est trop généreuse en matière d'asile ». « Lorsqu’elle examine les demandes d’asile et octroie sa protection, la Belgique remplit une obligation internationale. Elle applique la Convention de Genève de 1951 et la … ».
  3. « L'accueil des demandeurs d'asile coûte cher à la Belgique ». Le budget consacré à l’accueil équivaut à 0,15 % des dépenses totales de l’administration belge. « Cet argent sert à financer le personnel de Fedasil et de ses partenaires, ainsi que le fonctionnement des différentes structures d’accueil : entretien des bâtiments, eau, gaz, électricité, nourriture, transport… La plus grande partie est réinvestie directement dans notre économie par la création de plusieurs centaines d’emplois dans le secteur ».
  4. « Les réfugiés viennent ici pour profiter de l'aide sociale ». Par définition, les réfugiés viennent avant tout chercher la protection de la Belgique. Une fois le statut de réfugié obtenu, ils sont 55 % à trouver du travail au bout de quatre ans, soit proche du niveau de la moyenne belge de 65 %.
  5. « Qui sait si ce ne sont pas des criminels ou des terroristes ? ». Une « clause d’exclusion » est prévue dans la Convention de Genève pour les personnes suspectées d’avoir commis « un crime contre la paix, un crime de guerre ou un crime contre l’humanité » ou encore « un crime grave de droit commun ». Lorsqu’elle examine les demandes d’asile, la Belgique vérifie les antécédents des personnes.

La Ligue des familles demande 

  • Aux autorités internationales, l’Europe en tête, d’être à la hauteur des enjeux humains, de parler d’une voie unie et de proposer des solutions courageuses ;
  • Aux autorités belges d’offrir des conditions d’accueil dignes à tous les demandeurs d’asile. Nous demandons plus de places d’accueil d’urgence, des démarches administratives facilitées et raccourcies et un accompagnement psychosocial de qualité pour ces personnes. Et aussi, des logements décents, des places d’écoles pour les enfants, des cours de français, etc.

La Ligue des familles soutient

Tous ces collectifs, ces citoyens anonymes, ces familles qui viennent en aide aux réfugiés et qui pallient au mieux les défaillances des pouvoirs publics. C’est concret, c’est solidaire et c’est humain. Prenons le temps d’en citer quelques-unes :

  • À Bruxelles, ce sont des sans-papiers qui les premiers ont installé deux toilettes sèches au Parc Maximilien.
  • À Tournai, une centaine de personnes ont accueilli avec chaleur les premiers réfugiés arrivés ce 1er septembre ; des bénévoles de la Ligue des familles participent également à ce mouvement de solidarité.
  • Une école de Natoye a accueilli 15 jeunes migrants.
  • Plus loin, en Islande, 15 000 citoyens proposent d’accueillir des réfugiés chez eux (alors que le gouvernement islandais s’est engagé à ouvrir…50 places).
  • Etc., etc., etc.

La Ligue des familles dénonce

  • Tous les propos haineux qui abondent sur certains forums. Nous demandons à ces médias de modérer correctement leurs espaces de communication. Au nom de la dignité humaine et par respect pour leur profession et les lecteurs.
  • Les gouvernements qui affichent avec fierté leur refus de solidarité et qui osent l’inadmissible, comme les autorités tchèques qui ont marqué sur l’avant-bras les 214 réfugiés débarqués d’un train venant de Hongrie. Etc., etc., etc.

Que diront nos enfants dans cent ans sur la façon dont on a traité ces milliers de personnes ?

La Ligue des familles défend une société inclusive

C'est-à-dire solidaire, ouverte à l’autre, tolérante, hospitalière. C’est notre richesse et nous voulons la partager, avec les migrants aussi.

Signez l’appel en solidarité avec les réfugiés sur : www.refugees-welcome.be

Merci !

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles