La Ligue de toutes les familles

2 avril 2014


Plus qu'un slogan, c'est un nouveau chemin qui s'ouvre pour la Ligue des familles. Représenter, accompagner et défendre les parents d'enfants à besoins spécifiques ou en situation de handicap. Et aller plus loin, poser une pierre dans la construction d'une société plus ouverte à la différence et plus inclusive.

La Ligue des familles se prépare depuis quelques mois à accueillir ces familles qui vivent avec des personnes handicapées. Il y a six mois, Olivier Bailly ouvrait la réflexion et posait . Le ton est donné : la Ligue veut participer activement à une société inclusive. Le choix est fait : la Ligue décide d'adopter une approche sociale plutôt que médicale. Et ça change tout.
L'approche médicale définit (réduit) la personne handicapée par ses déficiences physiques et mentales. L'approche sociale, que nous défendons, considère plutôt que « les individus sont plus handicapés par la société que par leur corps ». Ils sont vus comme « différents » et de ce fait ne sont plus considérés comme handicapés mais plutôt en situation de handicap.
De là, découle le principe de l'inclusion. C'est-à-dire que c'est à la société de prendre en charge les différences individuelles, d'offrir une égalité de traitements et, surtout, de faire une place à ces personnes parmi nous et non à côté. Bien sûr, cette approche sociale n'est pas neuve, mais dans les faits nous vivons encore dans une société construite sur une vision excluante du handicap.
Les enfants en situation de handicap vont dans des écoles « spécialisées ». Une fois adultes, ils travaillent pour la plupart dans des espaces « protégés ». Et pour se détendre ? Ça, on ne sait pas trop. On les voit peu puisque rien (ou presque) n'est fait pour les accueillir.
Il est temps, vraiment, de renverser la vapeur et de concrètement faire évoluer notre société pour qu'elle s'ouvre davantage à la différence. Dans la foulée, évoluons avec elle.

Handicap vs capacités

Les mots sont importants. Et embêtants aussi. Dire « en situation de handicap », c'est trop long et ça fait politiquement correct. « Inclusion » ? C'est froid, ça nous rappelle nos cours de maths et on ne voit pas bien la différence avec intégration ou insertion.
On entend aussi « aménagements raisonnables » pour parler de la manière dont une école, par exemple, va concrètement s'organiser pour accueillir un enfant à « besoins spécifiques ». Voilà encore une autre façon de parler du handicap. Alors, pourquoi tous ces mots compliqués ? Parce qu'ils influencent nos manières de penser, et surtout nos actions concrètes.
Prenons l'exemple d'un enfant dyslexique. Cet enfant est-il un handicapé ? Si oui, il sera dirigé vers une école spécialisée. Par contre, s'il est reconnu en situation de handicap, alors on décide d'agir sur l'environnement scolaire ordinaire pour lui permettre d'être avec les autres et de développer l'ensemble de ses capacités. Il s'agit d'aménagements raisonnables.
Aujourd'hui, des dispositions particulières existent pour les enfants dyslexiques qui passent le CEB dans des écoles non spécialisées. Par contre, très peu de mesures existent pour la présence d'enfants autistes en milieu ordinaire, là où c'est tout à fait courant dans d'autres pays.
Alors, inclure un enfant en situation de handicap, cela signifie deux choses fondamentales : 1- Ses capacités sont reconnues. 2- Ce n’est pas uniquement à l'enfant de s’adapter, c'est aussi au milieu d'accueil de lui proposer des aménagements.

Tout le monde

Ce projet de société inclusive que l'on défend implique la participation de tout le monde, que nous ayons un enfant en situation de handicap ou non. Parents, vous pouvez faciliter l'inclusion d'enfants en situation de handicap dans l'école ordinaire de votre enfant, sa garderie ou sa crèche.
Comment ? Pour commencer, ne craignez pas que la présence d'un enfant différent ralentisse la classe ou fasse baisser le niveau. C'est aussi un enrichissement pour votre enfant. Autre piste : pourquoi ne pas s'intéresser à la gestion de la diversité dans l'école de son enfant ? Dans son club de sport ou son académie de musique ?
Plus directement, vous pouvez déjà répondre aux deux enquêtes de la Ligue des familles (jusqu'au 9 avril 2014). Dix minutes de votre temps suffiront pour nous aider dans ce projet. N'hésitez pas à les diffuser dans vos réseaux. Rendez-vous le12 juin 2014 pour débattre publiquement autour des résultats de ces enquêtes publiés dans le Ligueur. Ce n'est que le début d'un long et passionnant chemin.

Delphine Chabbert, directrice Études et action politique