Trois nouveaux ministres et de nombreux enjeux pour les parents

11 mai 2016


Deux ans et demi avant la fin de la législature, cela laisse du temps pour Alda Greoli, Marie-Martine Schyns et François Bellot de répondre aux demandes de la Ligue des familles. Les rendez-vous sont pris.

Marie-Martine Schyns, ministre de l’Enseignement

Les dernières fuites autour du rapport du Groupe central du Pacte pour un enseignement d’excellence, abondamment reprises dans les médias, ne vous ont sans doute pas échappées. Nous les regrettons pour deux raisons :
1. le texte n’est pas définitif et des modifications vont inévitablement arriver ;
2. les arbitrages politiques sur les priorités n’ont pas encore été discutés au gouvernement et tout peut encore bouger.
Bref, rien ne dit que ce que les médias ont présenté verra le jour.

La Ligue des familles est, depuis le début, impliquée dans les travaux autour du Pacte, lancé par la ministre Milquet. Membre du Comité d’accompagnement et désignée comme expert dans le groupe de travail « qualité de vie à l’école, gratuité et rythmes scolaires », la Ligue des familles a mis toute son énergie dans la lutte contre les inégalités, la gratuité et une rénovation des horaires et du calendrier scolaire qui réponde mieux aux besoins des enfants, améliore les relations de qualité famille-école et soit plus en adéquation avec le monde d’aujourd’hui.
Nos réflexions ont été entendues, en témoignent ces fameuses fuites, avec toutes les précautions rappelées plus haut. Mais le changement de ministre soulève plusieurs questions :

► Marie-Martine Schyns va-t-elle poursuivre le travail entamé par Joëlle Milquet, sur le fond et dans la même démarche de consultation ?
► Quel est le timing de la nouvelle ministre pour la mise en place des mesures concrètes ?
► Parviendra-t-elle à mobiliser l’ensemble du gouvernement et des partis politiques vers un engagement à long terme (c'est-à-dire plus long que la fin de la législature), sans quoi cette ambitieuse démarche sera vaine ? Le précédent gouvernement, en accord avec les partis d’opposition, est parvenu à un plan de création de places de crèches jusqu’en 2022. Il faudra bien tout ce temps pour réformer l’école.

Alda Greoli, ministre de la Culture… et de l’Enfance !

Autre compétence jusqu’ici dans les mains de l’hyper-ministre Milquet : l’enfance. Oui, l’enfance, compétence largement ignorée par de nombreux médias après la démission de Joëlle Milquet. C’est donc Alda Greoli, jusqu’ici cheffe de cabinet du ministre wallon Maxime Prévôt, qui aura la responsabilité de cette politique jusqu’en 2019. Avec la culture et l’éducation permanente.
C’est une bonne nouvelle : avec un ministère à taille humaine, le secteur de l’enfance aura peut-être une chance de recevoir l’attention qu’il mérite. Car les enjeux sont importants : préparer la réforme du secteur de l’accueil de la petite enfance (0-3 ans) prévue pour le prochain Contrat de gestion de l’ONE (2018), accorder un vrai statut pour les accueillantes d’enfants (enfin !), poursuivre les créations de places prévue dans le Plan Cigogne III, revaloriser le secteur de l’extrascolaire, proposer des solutions d’accueil plus innovantes pour répondre aux besoins des parents, favoriser la présence d’enfants en situation de handicap dans les milieux d’accueil.
Autre enjeu : avoir une approche partagée (intégrée ?) entre les réformes de l’école et de la politique de l’enfance. Vaste chantier, s’il en est… mais pourtant indispensable si l’on veut des politiques éducatives ambitieuses, centrées sur l’enfant, de 0 à 18 ans.
 La demande de rendez-vous est partie. La nouvelle ministre a donné son accord pour nous rencontrer prochainement. Pour cela, et pour le reste, le Ligueur et la Ligue des familles vous informeront des bonnes nouvelles (ou pas…) pour les parents.

François Bellot, ministre de la Mobilité

Dans cet édito, nous ne souhaitons pas commenter le départ de la ministre Galant ou spéculer sur les qualités de son remplaçant. Notre intention, en qualité de mouvement de citoyens et d’usagers des services publics, est de rappeler les enjeux pour la mobilité des familles. Faciliter l’accès au train, en ville comme à la campagne, incarne les valeurs de solidarité. C’est aussi une réponse aux enjeux climatiques d’aujourd’hui. C’est une solution concrète à la congestion automobile qui pèse sur le quotidien des parents et qui coûte 8 milliards d’euros par an à la collectivité.
À l’automne dernier, la carte famille nombreuse s’est trouvée mise sur la sellette par la SNCB. Ensemble, les deux mouvements familiaux, la Ligue des familles et le Gezinsbond, ont bataillé ferme auprès de Jacqueline Galant… Avec succès ! La ministre nous a affirmé publiquement sa volonté de maintenir les réductions liées à la carte famille nombreuse. Une première victoire pour la Ligue des familles.
Nous attendons du nouveau ministre, François Bellot, de maintenir cet engagement, notamment dans le cadre des négociations du contrat de gestion de la SNCB. Nous espérons trouver une oreille attentive pour les tarifications (carte famille nombreuse), mais aussi pour la qualité du service SNCB, la desserte rurale et suburbaine (RER), l’accessibilité des trains et gares, etc.
Une demande de rendez-vous, conjointe avec le Gezinsbond, est partie fin avril. Nous attendons une réponse. Nous vous informerons des résultats de cette rencontre. Et nous ferons appel à votre soutien s’il fallait, de nouveau, défendre la mobilité des usagers du train et l’avenir de la carte famille nombreuse.

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles