Le Pacte pour un enseignement d’Excellence : un pas en avant

8 juillet 2015


Le 2 juillet, la ministre Joëlle Milquet présentait à la presse le premier document officiel de la grande consultation autour du Pacte pour un enseignement d’Excellence. La réforme des rythmes scolaires, abondamment reprise dans les médias, est une des propositions du rapport. La gratuité scolaire également, autre priorité de la Ligue des familles pour l’école de demain. Un bon début.

La première étape du Pacte

La ministre Milquet s’est engagée à organiser une large consultation pour repenser l’école de demain. Objectif : arriver à un projet de réforme de notre système scolaire partagé par l’ensemble des acteurs éducatifs pour 2017.
Le rapport rendu public ce 2 juillet sera présenté au gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles fin août. Celui-ci devra alors en dégager les grandes orientations et les axes prioritaires. La phase 3 du Pacte démarrera alors en septembre 2015 : quatre groupes de travail, déclinés en sous-groupes, plancheront sur les déclinaisons précises des grandes orientations. Devrait suivre une phase d’appropriation par l’ensemble des acteurs de l’école pour entamer concrètement la mise en œuvre de la réforme. Tout un programme. Rien ne dit à ce stade que ce qui figure dans ce rapport sera effectivement mis en œuvre. Ni quand, ni comment.

La Ligue des familles entendue

La Ligue des familles, impliquée dans le Comité d’accompagnement du Pacte, a mis toute son énergie sur deux thèmes, à nos yeux fondamentaux pour l’école de demain. La lutte contre les inégalités notamment par rapport à la gratuité de l’école et la modernisation de l’organisation des horaires et du calendrier de l’école pour être plus en phase avec le monde d’aujourd’hui.
Premier bilan : satisfaction. Ces deux projets de réforme sont repris dans le rapport, ce qui signifie au passage qu’ils font l’objet d’un large consensus. Tout réside désormais dans la capacité des acteurs du Pacte à dessiner ensemble le paysage de la future réforme. Et surtout dans la volonté et la capacité des acteurs de terrain - et les parents aussi - à adhérer à cette réforme, à se l’approprier et à la mettre en œuvre concrètement.
La Ligue des familles se réjouit donc de la mise à l’agenda de la gratuité scolaire, de la réorganisation des rythmes scolaires et extrascolaires et de la volonté de créer une école plus inclusive pour les enfants à besoins spécifiques. Mais elle rappelle que le chemin est encore long.
Lors de la présentation du rapport à la presse, Philippe Maystadt, Didier Viviers et Frédéric Delcor, respectivement présidents du Groupe de travail 1, 2 et du groupe central du Pacte, ont insisté sur la question de la gratuité. Ils n’ont pas caché les débats qu’elle recouvre, mais une chose est sûre : la gratuité de l’école était bien présente. À nous de poursuivre avec ambition notre travail de sensibilisation et de conviction pour aborder les solutions à ce problème.

Demain, faire bouger les lignes ensemble

Le succès de la suite du Pacte d’Excellence dépendra de la méthode de travail. Ça, c’est de la responsabilité de la ministre et de ses équipes : garantir une démarche participative et créer, dès maintenant, les conditions d’une adhésion et d’une appropriation par les personnes qui devront incarner cette réforme. Dans le même temps, l’efficacité de la réforme pour lutter contre les inégalités qui rongent notre système et brisent l’avenir de nombreux jeunes dépendra de l’ambition affichée par la ministre. La réforme osera-t-elle aller jusqu’à toucher aux structures de notre enseignement ?
Et puis, il y a l’implication des acteurs. Ce premier rapport est déjà le fruit de multiples compromis dont la Belgique a le secret. C’est une force. Mais c’est également un risque potentiel de ne rien changer fondamentalement. La déception serait alors grande pour beaucoup (et nous les premiers) que tout ce processus n’aboutisse qu’à des mesures cosmétiques qui visent à corriger certains dysfonctionnements.
Pour aboutir à une réforme à la hauteur des enjeux de l’école du XXIe siècle, il serait bon que chacune des parties prenantes accepte de faire un pas. Un pas de plus dans une nouvelle direction. En d’autres termes, d’accepter de parfois s’assouplir sur des réflexes ataviques, identitaires, voire idéologiques. On appelle cela « faire bouger les lignes ». Et ça ne marche que si chacun joue le jeu.

 

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles