La Ligue des familles s’engage pour l’accueil des familles migrantes

2 mars 2016


L’incapacité à accueillir dignement des êtres humains qui fuient la guerre et la terreur met nos démocraties face à elles-mêmes. Nous vivons une crise démocratique, une crise de nos valeurs et de notre humanité. La Ligue des familles demande un accueil digne pour chacun, un passage sécurisé pour tous et un débat serein. Plus encore, la Ligue s’engage à mettre ses ressources au service de l’accueil de familles migrantes à Bruxelles et en Wallonie.

Indignation

Les déclarations du bourgmestre de Knokke, le comte Léopold Lippens - « Qu’on fasse un camp pour les illégaux, comme à Guantanamo. Sans les torturer » - nous laissent sans voix. Elles succèdent à celles du gouverneur de Flandre, Carl Decaluwé, qui demande aux riverains de ne pas nourrir les migrants (!). Et s’ajoutent aux consignes données au personnel de la SNCB de signaler à la police les groupes de migrants pour les faire arrêter.
Nous nous indignons face à ces décisions et à l’expression publique de ces propos haineux. Nous sommes d’autant plus choqués qu’ils émanent de responsables politiques, se montrant ainsi indignes de leur fonction. Publiquement énoncés, ces propos libèrent l’expression de paroles racistes et alimentent un climat détestable de rejet, de peur et de mensonges.

Besoin d‘un débat serein

De mensonges parce que les migrants ne sont pas un danger pour « nous ». Nous sommes loin de l’invasion : 1,5 million de réfugiés arrivent en Europe pour une population supérieure à 500 millions. La Banque Nationale de Belgique a même vérifié les capacités de l’économie belge à « encaisser la crise migratoire ». Les résultats invitent au relativisme : les demandes introduites en Belgique représentent 3,1 % du total de l’Union européenne et correspondent à 2 demandeurs pour 1 000 habitants (pour comparaison, la Hongrie affiche 18 pour 1 000 habitants et la Suède 8 pour 1 000). Enfin, l’impact économique des migrants a un effet limité sur la croissance belge : environ 0,1 % de PIB supplémentaire en 2020.
Si ces chiffres froids sont rassurants, l’accueil de ces personnes migrantes demeure un défi qui génère une inquiétude compréhensible. C’est notre responsabilité de l’entendre et d’y apporter des réponses objectives, pour éteindre les peurs inutiles. C’est pourquoi nous en appelons à un débat serein. Même si elle inquiète, la migration n’est pas une réalité nouvelle. Elle fait partie de l’histoire immémoriale des cultures humaines. Nous avons plus à craindre aujourd’hui des Lippens et Decaluwé, qui menacent nos conditions de vie en paix, que des familles migrantes elles-mêmes.

La Ligue des familles demande une protection urgente des enfants et des femmes, et un passage sécurisé

Ces personnes qui arrivent chez nous ont traversé plusieurs pays, passé des frontières toujours plus difficiles à franchir, risqué leur vie, dépensé ce qui leur reste pour payer les passeurs et vécu dans des conditions épouvantables. Selon l’ONU, un tiers d’entre elles sont des femmes et des enfants, souvent en grande vulnérabilité. Certains des enfants sont seuls (Mineurs Étrangers Non Accompagnés - MENA), livrés à eux-mêmes et en proie aux réseaux criminels d’exploitation.
De leur côté, les femmes sont exposées à des violences extrêmes. Environ 12 % voyagent enceintes et certaines accouchent durant le trajet, sans accès aux soins. Elles sont aussi victimes de violences, d’agressions sexuelles et d’exploitation.

La Ligue des familles demande un plan urgent de protection de tous les enfants, particulièrement des MENA. Ils sont plus de 5 000 à être arrivés en Belgique en 2015 et à ne pas tous bénéficier de conditions de vie décentes. Jusqu’à quand les autorités vont-elles laisser des enfants dormir dans la rue ou en présence d’adultes ? La Ligue des familles insiste également sur la nécessité de scolariser tous ces enfants.

La Ligue des familles demande une protection des femmes par l’accueil dans des structures adaptées. Cela implique la fermeture des camps-bidonvilles et un hébergement décent et sécurisé pour chacun.

La Ligue des familles demande la mise en place d’un passage sûr et légal pour les migrants. La fermeture des frontières n’est pas une solution. Comme les citoyens européens qui ont marché dans plus de 100 villes le 27 février dernier (réunis autour du slogan #safepassageNOW), nous demandons aux États de garantir les droits humains fondamentaux de toute personne cherchant protection en Europe.

La Ligue des familles s’engage concrètement pour un accueil solidaire des réfugiés

Valeurs démocratiques, solidarité, vivre ensemble… la Ligue des familles organise des rencontres publiques pour construire ensemble la façon dont nous voulons traduire ces grands mots dans la réalité, et répondre aux besoins concrets des familles migrantes. Rejoignez-nous à Liège, Bertrix, Jodoigne, Marche-en-Famenne, La Louvière, Namur et Bruxelles ce mois-ci (infos pratiques sur liguedesfamilles.be/association/engagements/accueil-migrants). Nous avons besoin de nous rencontrer, entre cultures différentes, pour concrétiser ce fameux « vivre ensemble » et sortir des discours bien-pensants. La Ligue vous ouvre ces espaces citoyens et solidaires. Parce que ce dont nos démocraties seront capables dans l’accueil des migrants dessinera le visage du monde que nous laisserons à nos enfants. Et ils nous poseront la question : « Et toi, t’as fait quoi pour les migrants ? ».

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles

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