Rentrée politique : la Ligue des familles dans les starting-blocks

27 août 2014


A l'heure où tout le monde prépare sa rentrée, nos responsables politiques francophones, fraîchement élus, entament une nouvelle législature sur fond de réforme de l'État, transfert de compétences et mesures d'austérité latentes. La Ligue des familles se tient prête et offre ses services pour identifier les priorités pour les parents, mettre des propositions innovantes sur la table et participer à la concertation sur la mise en œuvre des Déclarations de politique régionale et communautaire.

CINQ NOUVEAUX MINISTRES POUR LES FAMILLES

Les noms des ministres francophones qui ont dans leurs mains les politiques de soutien aux parents sont aujourd'hui connus. En voici la liste.

  • Allocations familiales : Maxime Prévot (cdH) en Wallonie et Céline Frémault (cdH) à Bruxelles.
  • Logement : Paul Furlan (PS) en Wallonie et Céline Frémault (cdH) à Bruxelles.
  • Droits des femmes, égalité des chances et jeunesse : Isabelle Simonis (PS) pour la Fédération Wallonie-Bruxelles.
  • Handicap : Maxime Prévot (cdH) et Céline Frémault (cdH) à Bruxelles.
  • Enfance, enseignement et bâtiments scolaires : Joëlle Milquet (cdH) hérite de ce "super" ministère pour la Fédération Wallonie-Bruxelles.

TROIS OBSERVATIONS

Le temps est à la prise de dossiers et à la mise en place des cabinets. Trop tôt pour se faire inviter à la table des décideurs. Mais nous pouvons déjà faire quelques remarques sur les contours de l'action politique à venir.

  1. Les politiques de l'enfance (crèches et extrascolaire), les bâtiments scolaires et l'enseignement sont regroupés dans le portefeuille de la même ministre. Très bien ! Sur le papier, ce regroupement de compétences est une bonne nouvelle qui rencontre une revendication forte de la Ligue des familles : la création d'un grand ministère de l'Éducation qui permet le développement d'une politique éducative globale, centrée sur l'enfant. Mais… A ce jour, les raisons qui ont poussé à ce regroupement sont pour le moins floues. Plus inquiétant, le manque d'ambition dans la Déclaration de politique communautaire sur la réforme des rythmes scolaires, indispensable à une réelle politique éducative globale, nous rend circonspects. Nous ne manquerons pas d'interpeller la ministre Milquet pour préciser ces derniers points et, bien sûr, vous en informer dans nos pages.
  2. Le nombre de ministres concernés par le soutien à la parentalité à Bruxelles et en Wallonie comprend trois femmes et deux hommes. C'est peu par rapport à ce qui existait précédemment. De deux choses l'une. Soit ce cumul de compétences pose les bases de politiques globales et cohérentes et alors nous nous en félicitons. Soit il est le résultat de pures négociations de portefeuilles entre partis et personnalités politiques, et alors nous ne manquerons pas de le dénoncer.
  3. Enfin, au registre des bonnes nouvelles, la création d'un ministère des Droits des femmes. Cette initiative nous rend optimistes quand à une réelle prise en compte de l'égalité entre les hommes et les femmes dans les politiques familiales à Bruxelles et en Wallonie.

NOTRE PRIORITÉ : LES ALLOCATIONS FAMILIALES

Cette législature sera marquée par la mise en œuvre de la 6e réforme de l'État. La priorité majeure des matières de la Ligue des familles concerne le transfert des allocations familiales du Fédéral vers les Régions bruxelloise, wallonne et la Communauté germanophone. Depuis ce 1er juillet  2014, les allocations ne sont plus fédérales. Au 1er janvier 2015, les moyens financiers seront confiés aux entités fédérées. Chacune d'entre elles a cinq ans pour se préparer à gérer pleinement ces allocations. Cinq ans également pour décider du système qu'elle veut mettre en place pour répondre au mieux aux besoins des parents. Sur ce plan, la Ligue des familles est à la pointe de la réflexion. Nous travaillons depuis 2011 à l'élaboration d'un nouveau système d'allocations familiales, plus moderne et plus en phase avec la diversité des parents d'aujourd'hui. Nous sommes, à ce jour, les seuls à avoir mis en débat une proposition chiffrée. Les réponses des partis politiques et des partenaires sociaux sont évasives. Nous sollicitons d'ores et déjà les ministres Maxime Prévot et Céline Frémault pour engager une réflexion ouverte sur le futur des allocations familiales. La Ligue des familles insiste également pour rester associée à la gestion des allocations familiales. Enfin nous demandons une bonne coordination des politiques régionales et nous plaidons pour des systèmes équivalents à Bruxelles et en Wallonie.

 

Autre point d’attention de la Ligue des familles : les politiques régionales en matière de logement. Nous suivrons avec attention ce dossier et reviendrons sur ce sujet dans un prochain numéro du Ligueur.

 

Au niveau fédéral enfin, nous attendons la fin des négociations de la coalition dite "suédoise" et de la mise en place du prochain gouvernement. Nos priorités se porteront alors sur le suivi des réformes fiscales à venir, la revalorisation des congés parentaux et la mise en place d'un fonds universel de créances alimentaires.

Et plus encore, la lutte contre la pauvreté qui touche 1 enfant sur 4 en Wallonie et 4 sur 10 à Bruxelles. Nous appelons nos prochains responsables politiques à maintenir une sécurité sociale forte et à garantir des services publics accessibles à toutes les familles.

Delphine Chabbert
Directrice des Études et de l'action politique