Élections communales 2018 : votez parents

12 septembre 2018


Les six (vice-)présidents de partis politiques francophones ont accepté l’invitation de la Ligue des familles : deux heures pour échanger sur les priorités des parents dans leur commune. Résultat : quelques évidences, pas mal de divergences et de vrais leviers pour améliorer la vie des familles. *

Élections communales 2018 : votez parents

Disons-le d’emblée, les six (vice-)présidents de partis ont marqué un intérêt pour les questions de parentalité et exprimé leur intention d’améliorer les conditions de vie des familles. En campagne, ils n’allaient pas nous dire le contraire… Alors, nous les avons un peu « cuisinés » sur leur programme.
Mobilité, école, extrascolaire, crèche, aménagement du territoire… Sans surprise, aucun parti ne rencontre toutes les attentes exprimées par les 3 500 parents qui ont répondu à notre enquête. Chacun à sa manière propose ses solutions en privilégiant certains aspects à d’autres.

Pris au sérieux, mais pas très surpris

Dans l’ensemble, ces (vice-)présidents de partis maîtrisent leurs dossiers. Ils ont une vision, des convictions et veulent les partager. Tous ou presque ont fait preuve de qualité d’écoute, de disponibilité et de volonté de débattre. Mais nous sommes parfois restés sur notre faim. Quelques critiques, à prendre constructivement bien sûr.

► Un manque d’innovation. Alors que la vie des parents est un laboratoire permanent d’invention pour « faire famille » et s’en sortir parmi mille contraintes, nous avons entendu peu de solutions vraiment nouvelles ou audacieuses.
► Des difficultés à énoncer des priorités. À la question « Quelles sont vos trois priorités pour mieux soutenir les familles ? », les réponses sont imprécises. Ça semble compliqué : « Une commune n’est pas l’autre, etc. ». Reste que les futur·e·s élu·e·s devront bien agir sur des sujets prioritairement à d’autres et on aurait aimé savoir lesquels.
► Un excès de prudence ? Sur certaines questions - la réparation des routes est-elle une priorité ? Faut-il ouvrir les garderies avant 7h et après 18h ? Etc. -, on a senti un malaise entre la volonté de répondre aux besoins exprimés et la défense d’un modèle de société idéale où il n’y aurait que mobilité douce et horaires de travail décents. Résultat : des réponses très prudentes, des choix politiques peu assumés
► Pas assez de propositions concrètes. Exemple, tous veulent améliorer la qualité de l’alimentation pour les enfants dans les écoles. Mais comment ? Via des circuits courts oui, mais avec quels impacts sur le prix, dans quelles écoles… ? Suspens.

Soyez rassuré·e·s

Des évidences ont traversé les débats avec ces présidents. La création de places dans les crèches et les écoles, par exemple, est dans tous les programmes. Côté école, la nécessaire rénovation des bâtiments scolaires est incontestée au vu des conditions déplorables dans lesquelles nos enfants passent leurs journées. Et puis, la volonté de tous d’aménager plus d’espaces verts ou de plaines de jeux accessibles et de qualité. « L’enfant » est visiblement rassembleur, peu polémique. Nous nous en réjouissons, pour peu que les actes prolongent les intentions.

Soyez avisé·e·s

Mais là où votre vote va compter, c’est sur les sujets où les avis sont les plus tranchés d’un parti à l’autre. Exemple ? La gratuité scolaire. Réclamée par une majorité de parents pour le matériel et les garderies, les partis se positionnent très différemment : de la gratuité totale à uniquement une prise en charge par le CPAS pour les familles les plus en difficultés.
Autre question épineuse, les horaires d’ouverture des services et infrastructures administratives. Derrière cet aspect assez anecdotique, se dessine un projet de société propre à chaque famille politique.
Mobilité encore. Tandis que les parents demandent en priorité une amélioration des routes, il a fallu leur arracher quelques mots sur le sujet. Politiquement incorrecte, la voiture. Les transports publics ont la cote, mais vraiment pas de la même manière.

Soyez exigeant·e·s

À nos questions parfois insistantes, tous ont renvoyé la balle à un niveau supérieur : régional, fédéral ou Fédération Wallonie-Bruxelles. Nous connaissons suffisamment le paysage politique belge pour maîtriser la répartition des compétences. Alors oui, chaque niveau de pouvoir doit jouer son rôle. Mais concernant des aspects très concrets de la vie des familles (écoles, crèches, activités extrascolaires, mobilité…), les communes ont un vrai rôle à jouer là où il y a la volonté politique de le faire.
Durant la campagne, n’hésitez pas à interpeller vos candidat·e·s sur ces sujets, votre dossier du Ligueur à la main. Donnez-leur vos idées, toute innovation est bonne à prendre. Et puis, tout ne s’achève pas le jour de l’élection. Au contraire, suivez leurs actions pendant ces six années et faites-nous part de vos avis. Et bon vote en famille le 14 octobre prochain !

* À lire, l’essentiel des réponses des présidents de partis - rencontrés courant mai - dans l’analyse du Service études sur liguedesfamilles.be.

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles