La rentrée coûte (trop) cher aux familles !

26 août 2020


C’est bientôt la rentrée et donc, malheureusement, le temps pour les parents de dépenser beaucoup (trop) pour l’école de leurs enfants. Logiquement, c’est aussi le moment pour la Ligue des familles de revenir taper sur un clou que les parents auraient déjà voulu voir enfoncé depuis un bon moment : celui de la fameuse gratuité scolaire. Maintes fois promise (et votée), toujours insuffisamment réalisée, cette gratuité reste un pas important à franchir vers l’effective démocratisation de l’enseignement.

La rentrée coûte (trop) cher aux familles !

Dans un pays aussi riche que la Belgique, il reste inacceptable que des familles se retrouvent précarisées financièrement par les coûts de l’école. Que des enfants ne se sentent pas à leur place sur les bancs de l’école en raison du faible capital économique de leurs parents. Que l’école, entre autres à travers le rapport qu’elle entretient avec son coût, ne donne pas des chances égales d’insertion socioprofessionnelle à chaque enfant.

La rentrée scolaire reste un moment qui coûte cher aux familles comme vient de le montrer la dernière analyse du service d’étude et d’action politique de la Ligue des familles. De quoi mettre en difficulté les familles les moins nanties. Pourtant, le décret « missions » est clair et prévoit que « des dotations et des subventions de fonctionnement annuelles et forfaitaires sont accordées pour couvrir les frais afférents au fonctionnement et à l'équipement des écoles, et à la distribution gratuite de manuels et de fournitures scolaires aux élèves soumis à l'obligation scolaire ». Dans la réalité, on en est encore loin.

Des pratiques illégales qui perdurent

En plus du coût parfois exorbitant, la Ligue des familles veut dénoncer un nombre important de pratiques illégales à travers ces listes de rentrées. De fait, la plupart des écoles demande aux parents des achats supplémentaires et illégaux. L’écrasante majorité des listes demande également des marques spécifiques comme des colles « Pritt » ou des marqueurs « Velleda ». Et ce malgré l’interdiction d’imposer une marque ou un fournisseur particulier.

En 1re maternelle (depuis l’an passé) et en 2e maternelle (depuis cette année), la rentrée est censée être gratuite : les écoles ne peuvent plus demander qu’un cartable, un plumier et une tenue de sport. En pratique, ce n’est pas du tout respecté : toutes les listes reçues par la Ligue des familles demandent aux parents des achats supplémentaires et illégaux. Il s’agit bien souvent de rouleaux de papier-toilette, de lingettes, de mouchoirs, mais aussi parfois de fournitures plus classiques comme des crayons ou tubes de colle.

Le Covid, un facteur aggravant

Ces coûts importants interviennent dans un contexte particulier en raison dans la crise Covid : les ménages, particulièrement les plus pauvres, se sont encore appauvris durant le confinement et c’est donc dans un contexte plus difficile encore que les frais scolaires vont frapper. Il faut rappeler qu’avant le début de cette crise, environ 1,8 million de Belges vivaient dans la pauvreté. Il est certain que cette crise aura aggravé la situation en privant beaucoup de ménage de précieux revenus.

La Ligue des familles attend donc du monde politique qu’il prenne des mesures claires en faveur de la gratuité et assure le respect de la législation pour permettre à tous les enfants d’avoir une scolarité de qualité, qu’importe ses origines socio-économiques. Il est donc indispensable de prendre des mesures supplémentaires en faveur de la gratuité scolaire, à commencer par celle des fournitures pour toutes les années d’études et l’interdiction de faire payer le temps de midi. Cela ne pourra se faire que si la Fédération Wallonie-Bruxelles en donne les moyens aux écoles, mais aussi en contrôle l’application effective.

La Ligue des familles propose de mettre en place une « inspection gratuité », chargée de visiter aléatoirement les écoles pour vérifier leurs pratiques en la matière. Cela permettrait de vérifier que les parents bénéficient effectivement des mesures de gratuité, car si l’on vote des textes au parlement et qu’ils ne sont pas appliqués sur le terrain, c’est inutile.

Maxime Michiels, chargé d’études à la Ligue des familles