Le vice-Premier ministre De Croo veut un congé de paternité de 3 mois : alors, on y va maintenant ?

16 octobre 2018


Dans son livre tout juste sorti de presse « Le siècle de la femme »*, Alexander De Croo (Open VLD) plaide pour un allongement du congé de paternité. « J’avoue ma préférence pour le modèle islandais », dit-il. « Les mères et les pères ont chacun droit à un congé de naissance de 3 mois, à prendre ou à laisser. Ils ont en outre droit à 3 mois supplémentaires, qu’ils peuvent librement se partager. Durant le congé de naissance, ils perçoivent 80 % de leur revenu normal, payé par l’État. » Il s’agit donc, en outre, de mieux rémunérer le congé de maternité.

La Ligue des familles salue ce positionnement fort d’un vice-Premier ministre. Un congé de paternité de 3 mois constituerait une avancée majeure, tant pour les pères que pour les mères et les enfants : « Des congés de paternité plus longs conduisent à une répartition plus juste des tâches ménagères », argumente Alexander De Croo. « Des études menées en Islande et en Suède indiquent que les pères ayant pris un congé de paternité de trois mois se montrent ensuite plus impliqués vis-à-vis des enfants et des tâches ménagères. »

Place à la concrétisation maintenant ?

Toutefois, au-delà des déclarations d’intention, on pourrait attendre d’un vice-Premier ministre qu’il prenne le taureau par les cornes et travaille dès à présent à la concrétisation de ce congé. « Il faudra employer les grands moyens pour faire de ce siècle celui de la femme » reconnait Alexander De Croo. « Un effort constant dans les prochaines décennies sera nécessaire. » Raison de plus pour commencer au plus vite. Les élections législatives ne se tiennent que dans 7 mois. Il reste donc 7 mois au Gouvernement fédéral pour commencer à concrétiser cette mesure ambitieuse.

7 mois aussi pour faire avancer de manière plus générale, au-delà de ce congé, l’égalité entre les hommes et les femmes. Par exemple en rémunérant mieux le congé parental – actuellement moins pris par les hommes que par les femmes, en partie pour cette raison. Ou en rendant le congé de paternité actuel obligatoire, de sorte que tous les pères soient assurés de passer ces premiers jours auprès de leur enfant, sans être mis en difficulté dans leur milieu professionnel. Autant de sujets sur lesquels les partis du Gouvernement fédéral n’ont pas souhaité avancer jusqu’à présent. Vouloir faire de ce siècle celui « de la femme » dans un livre, c’est bien. Y travailler au jour le jour, c’est encore mieux. 

*Alexander De Croo, « Le siècle de la femme. Comment le féminisme libère aussi les hommes », Éditions Luc Pire, 2018