Pour un congé de maternité plus juste !

16 mars 2018


Le 7 mars 2018, la Ligue des familles, avec toute une série d’associations, a adressé une lettre ouverte à la ministre de la Santé sur le congé de maternité qui est injustement raboté en cas de maladie avant l’accouchement. Aucune réponse à ce jour.

Pour un congé de maternité plus juste !

Un congé de maternité à deux vitesses

En 2016, à l’initiative de Valérie Loreaux, plus de 40 000 personnes ont demandé, via une pétition, un changement de la loi concernant les incapacités de travail survenant dans les six semaines avant l’accouchement et qui sont converties en congé de maternité. Pourquoi ? Parce que cette mesure réduit la durée du congé après la naissance de l’enfant de plusieurs semaines et crée une discrimination entre les femmes enceintes, les bien-portantes et les autres.
Dans les faits, cette loi crée un congé de maternité à deux vitesses, récompensant les femmes qui ont pu travailler jusqu’à la dernière semaine avant l’accouchement et punissant celles qui n’ont pas pu en raison de leur état de santé. Or, rien ne justifie d’assimiler une incapacité de travail au congé de maternité. Quand on sait, par ailleurs, que ce congé en Belgique est l’un des plus courts en Europe (quinze semaines), le réduire encore est dur à avaler. Cerise sur le gâteau, la législation européenne précise que de tels jours d’interruption pour maladie ne peuvent être comptabilisés dans la période du congé de maternité.

Une entrée plus précoce de l’enfant à la crèche

Cette réduction du congé postnatal a des répercussions sur le tout jeune enfant qui devra entrer plus tôt à la crèche (pour les femmes qui travaillent). Double peine : la mère retourne plus vite au travail, l’enfant sort plus vite du nid.
Précisons que les mères indépendantes ne sont pas concernées par cette disposition mais la durée de leur congé de maternité plus courte encore (douze semaines) les place dans une situation comparable. Et leurs enfants sont souvent les premiers à fréquenter un milieu d’accueil. En effet, l’enquête réalisée par la Ligue des familles sur les parents indépendants montre que 59 % des enfants de ces parents avaient moins de 4 mois à l’entrée à la crèche. Et 9 %, moins de 2 mois…

Double peine : la mère retourne plus vite au travail, l’enfant sort plus vite du nid

Une lettre ouverte sans réponse

Le dossier est au point mort. Aucune réponse ni à la pétition signée par des dizaines de milliers de citoyens, ni à la lettre ouverte signée pourtant par l’ensemble des mouvements familiaux francophones et flamands et les associations de défense des droits des femmes. Notre demande est somme toute assez simple, réaliste et raisonnable : modifier la loi et permettre à toutes les femmes enceintes de choisir le moment du début de leur congé de maternité.

L’indemnisation et la durée du congé de maternité

Notre congé de maternité a vraiment besoin d’être reconsidéré. Alors que ce congé est en partie obligatoire, les femmes sont pénalisées financièrement. À partir du 31e jour, elles perçoivent 75 % de leur salaire brut plafonné alors que le congé de paternité est indemnisé à 82 % pour les sept derniers jours.
Le minimum attendu est une harmonisation à 82 % du salaire pour les pères et les mères. Puis, dans un deuxième temps, aller vers une indemnisation à 100 % du salaire.
Sa durée pose également question. Quinze semaines, c’est peu et le congé belge de maternité est parmi les plus courts d’Europe. Nous souhaitons un allongement à dix-huit semaines tel que cela avait été prévu dans une directive de la Commission européenne, abandonnée par les États européens par manque de courage politique.

La protection de la maternité et l’écartement des femmes enceintes

Après la réduction de la durée du séjour à l’hôpital suite à l’accouchement, la ministre de la Santé fait part de sa volonté de limiter l’écartement des femmes enceintes de leur lieu de travail. Ces dernières seraient trop souvent écartées pour de mauvaises raisons et devraient continuer à travailler. La Ligue des familles appelle à une extrême prudence sur ce dossier. L’an dernier, ce sont pas moins de 24 000 femmes enceintes salariées qui ont été écartées totalement ou partiellement de leur travail.
La maternité ne fait visiblement pas partie des priorités de la ministre de la Santé. Dont acte. Pour nous, ce sujet est de première importance et nous mettrons tout en œuvre pour le défendre et vous informer des suites de ce dossier.

Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles