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Exclusif : trois futurs papas révèlent leur grossesse !

Aurélien © ARTHURS-H pour la Ligue des famillesTrois hommes enceints. Les photos sont explicites. Belles, symboliques, interpellantes… mais aussi déroutantes voire dérangeantes. L’aube d’un tournant pour l’humanité ? D’un changement majeur face à une définition encore trop figée des rôles ? Ces photos en feront rêver certains… et certaines !

Pourtant, bien sûr, sans l’aide de Photoshop, ces papas auraient le ventre moins rond. Non, les hommes ne vivent pas la grossesse et ne font pas grandir en eux celui qui sera leur enfant. Le lien privilégié, c’est plus tard qu’ils doivent le créer. Raison de plus pour leur donner du temps !

À l’occasion de la fête des pères, trois papas ont joué le jeu des photos pour lancer un appel aux côtés de la Ligue des Familles. Le congé de paternité est déjà court, mais même ces quelques dix jours ne sont pas un acquis pour tous. Ça doit changer !

Le congé de paternité n’est pas acquis

Laurent © ARTHURS-H pour la Ligue des famillesDepuis 2002, le congé de paternité offre aux salariés dix jours pour apprivoiser leur statut de père et soutenir leur famille… Dix jours, à condition de les prendre… Parce que ce congé, il faut le demander. Qu’il faut savoir qu’il existe. Parce qu’il y a la peur que ce soit considéré comme un manque de motivation au travail. Et parce que l’employeur peut faire pression pour que l’employé y renonce.

C’est la situation qu’a vécue Aurélien Dupuis, qui s’est prêté au jeu des photos :

« À l'époque, mon patron a tout fait pour que je ne prenne pas mon congé de paternité. Je n'ai finalement pu obtenir que trois jours. Je travaillais pour quelqu'un de très particulier qui avait fait pression tout au long de la grossesse de mon épouse pour savoir quand elle accoucherait exactement. »

Les chiffres de la Ligue des familles (Baromètre 2015) sont éloquents : seuls 20% des hommes savent à combien de jours ils ont droit pour leur congé de paternité. 56% de l’ensemble des nouveaux pères prennent des jours de congé de paternité, dont 84% qui en prennent la totalité.

Parmi ceux qui n’ont pris aucun jour de congé à l’occasion d’une naissance, 16% n’y étaient pas intéressés et 14% y ont renoncé suite à des pressions de leur employeur. 14%, c’est un homme sur sept ! Le reste est constitué des pères n’entrant – malheureusement – pas en ligne de compte actuellement pour l’obtention d’un congé de paternité (les personnes sans emploi, les indépendants, les intérimaires, les personnes ayant un statut d’artiste…)

Dix jours obligatoires pour des enjeux multiplesGilles © ARTHURS-H pour la Ligue des familles

Face à ce constat, la Ligue des familles prône de rendre les 10 jours de congé de paternité obligatoires. Une mesure qui a la faveur de 55% des pères, pour seulement 13% qui y seraient opposés. Laurent Weyers fait partie des 55% :

« Ce congé a une grande importance dans la vie d’un papa mais sans doute aussi dans la vie de l’enfant qui vient de naître. Je pense que si ce droit existe, il faut faire en sorte qu’il soit exercé par tous les papas. Il faut qu’on aménage les conditions qui sont nécessaires pour que ce droit puisse être exercé par tous.»

Pour la Ligue des familles, ce renforcement du congé de paternité présente de multiples avantages :

  1. C’est un dispositif important pour mieux concilier vie familiale et vie professionnelle ;
  2. Ces quelques jours permettent de renforcer le lien père-enfant ;
  3. Elle permet aux pères de prendre leur part dans l’éducation et les soins à l’enfant ;
  4. C’est une avancée pour l’égalité entre les hommes et les femmes, tant au niveau privé que professionnel.

« Je pense que c’est une bonne idée de faire en sorte que le congé de paternité ne soit plus une question, tout simplement, explique Gilles Datcharry. Quand on devient papa, c’est normal, il faut passer un peu de temps avec l’enfant. Et il faut aussi passer du temps avec la mère. Il y a un changement très important dans l’équilibre du couple et ça se construit à deux. »

Cette mesure a un coût, qui a été estimé directement par le cabinet de la ministre des Affaires sociales et de la Santé publique : 12 millions d’euros. Une somme que la Ligue des familles juge raisonnable au regard des impacts positifs qui en découleront. Notons que des propositions pour rendre le congé de paternité obligatoire ont déjà été déposées par certains partis (Ecolo, PS, CD&V).

Les coulisses de la séance photo...

Laurent :

Tu viens de participer à un shooting un peu spécial, qu’est-ce que ça fait de se retrouver enceint ?

Ça provoque un peu de douleurs au dos dans la tentative pour prendre les poses appropriées… Ça m’aide à imaginer les douleurs des mamans au fil de la grossesse. (rires)

Pourquoi as-tu voulu prêter ton image à cette campagne ?

Parce que je suis très attentif à ce que les droits qui existent pour le bien-être social, n’existent pas uniquement sur le papier mais puissent être concrètement mise en œuvre.

Gilles :

C’est important pour toi de passer beaucoup de temps avec tes enfants ?

Ah oui, c’est très important, c’est vraiment le début où on découvre le caractère, c’est là que le lien de confiance se crée et puis c’est une phase où ils ont beaucoup, beaucoup besoin de nous. 

Aurélien

Un mot de conclusion ?

Dix jours, c’est court et il faudra aller plus loin… Mais la première étape, c’est de garantir que chacun puisse les prendre. Je me sens d’autant plus concerné que j’ai moi-même été empêché de prendre ces quelques jours. C'est vraiment chouette que vous fassiez cette campagne.

Les photos sont à mettre au crédit de © ARTHURS-H pour la Ligue des familles.
Découvrez les photos du making of sur le site du photographe.