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Réforme des rythmes scolaires : F.A.Q.

Pourquoi la Ligue des familles s’engage pour une réforme des rythmes ?

Notre organisation soutien la rénovation des rythmes scolaires. Parce qu’elle ouvre la voie à une organisation du temps qui « colle » davantage aux besoins des enfants accueillis. Depuis 2014, où nous avons mis autour de la table des panels de parents, d’enseignants et d’acteurs de l’extrascolaire, trois balises nous guident :

  • Un meilleur bien-être de l’enfant ;
  • Une prise en compte des réalités de vie de tous les parents ;
  • La lutte contre l’échec scolaire ;

Comment la Ligue des familles envisage cette réforme ?

Depuis, quelques semaines, les médias rapportent certains contenus envisagés pour une telle réforme des rythmes. Ce projet de réforme suscite un certain nombre d’interrogations et de craintes auprès des parents, et c’est bien compréhensible.

Nous vivons en effet dans une société dans laquelle tout s’accélère : c’est la course pour les parents et les enfants, les temps de travail s’intensifient, le stress et les pressions se multiplient. Et il n’est pas simple de faire face à cette société de plus en plus déshumanisée. Pour la Ligue des familles, une réorganisation des rythmes scolaires constitue un levier solide pour une société plus humaine, plus solidaire et plus respectueuse des rythmes de chacun.

Ce n’est pas la priorité, il n’y a pas urgence. La Ministre a bien mieux à faire que de réformer les rythmes. 

Ce n’est jamais le moment. Le chantier des rythmes scolaires est bien entendu un débat clivé. Mais ne reproche-t-on pas souvent aux différents Ministres de l’enseignement trop de timidité ou de manque de volonté dans la refondation de l’école ? Cependant, la Ligue des familles pense que la concertation avec tous les acteurs de l’école est nécessaire à une bonne mise en route d’une telle réforme. Le Pacte d’Excellence est un premier pas, avec une volonté de consultation (administrations, directions, syndicats enseignants, acteurs associatifs, parents). Nous restons vigilants pour la suite.

La réforme des rythmes scolaires coutera cher à la collectivité : impossible en ces temps de disette budgétaire, et puis ça va augmenter nos impôts !

Le cout, c’est une vraie question. Une question de priorité. Parfois ce cout est grossi de façon démagogique par les opposants ou les acteurs souhaitant conserver un statu quo. Souvent on ne pense pas assez aux activités peu ou pas couteuses. Il s’agit de définir des priorités par rapport à d’autres investissements. La Ligue des familles reste particulièrement attentive à la gratuité scolaire ainsi qu’à la garantie d’accès aux activités extrascolaires pour tous les enfants quels que soient les revenus des parents.

Avec la réforme des rythmes scolaires, les enfants seront sous pression, plus fatigués

Bien sûr, tout changement (même chez les adultes) nécessite un effort d’adaptation et d’attention qui entraine une fatigue. L’organisation de longues pause de midi et l’organisation des périodes d’apprentissages et d’activités permettent justement de réduire la fatigue et le stress des enfants. Il n’y a pas non plus de pression : le nombre d’heure de cours reste inchangé et l’intégration d’autres activités permet aux enfants de dépenser de l’énergie tout en découvrant et apprenant de nouvelles choses. Rappelons aussi que les enfants ne se lèvent pas plus tôt avec des rythmes revus et adaptés qu’actuellement.

La pause de midi est un moment importante pour l'enfant. Aujourd’hui ce temps est court, mais plus de deux heures ne serait-ce pas trop ?

Avec une réforme des rythmes scolaires, la pause de midi peut devenir un véritable temps éducatif, où les habitudes alimentaires se prennent dès le plus jeune âge. Il faut pour cela que l'enfant soit accompagné par du personnel formé, dans des locaux calmes et bien conçus, avec le souci de la qualité alimentaire. C'est aussi un moment de faible vigilance moins propice à l’assimilation des matières des cours classiques. Penser une organisation des emplois du temps des élèves avec une pause de midi est le meilleur pour les enfants ! Aujourd’hui, le temps de midi n’est pas un temps scolaire reconnu par la Fédération Wallonie-Bruxelles. la réforme des rythmes scolaires et un aussi un moyen de reconnaître ce moment de la journée comme un temps scolaire, un temps de qualité pour la prise des repas, un temps financé par les pouvoirs publics.

Avec la réforme des rythmes, les parents n’auront plus le libre choix des activités extrascolaires pour leurs enfants. Il n’y aura plus de temps pour ces activités

De fait, certains enfants pratiquent déjà des activités extrascolaires le soir, le mercredi et les week-ends. Les parents auront toujours la liberté d’inscrire leurs enfants à des activités, stages, mouvements de jeunesses. Avec la réforme, des activités sont proposées pendant la journée et à tous les enfants. L'accès pour tous les élèves aux activités artistiques, culturelles et sportives marque la véritable démocratisation de ces pratiques. Par ailleurs, une journée moins chargée en apprentissages scolaires est une journée moins lourde et moins stressante. Et c'est bien là l'un des objectifs d’une telle réforme : mieux étaler les apprentissages scolaires dans le temps.

L’école devrait se concentrer sur les fondamentaux. Avec une réforme des rythmes scolaires on va développer du ludique, au détriment d’élèves qui ont besoin d’acquérir des bases

Il est très facile de brandir les fondamentaux. C’est ignorer l’importance du jeu dans les apprentissages, de la motivation par la culture, etc. Il peut être passionnant de travailler ensemble, enseignants et animateurs, pour lier davantage apprentissages et activités. Le ludique est complémentaire aux apprentissages, il ne se développe pas au détriment de ceux-ci. Les enfants ont aussi besoin d’espaces et de temps pour se détendre, jouer, bouger.

La réforme d’accord, mais est-ce raisonnable de l’envisager pour l’école maternelle ?

Il est clair que l’on ne peut appliquer de la même façon la réforme selon les âges des enfants. D’où l’intérêt des régulations et réajustements, de décaler l’heure de la sieste, par exemple. Réveiller des enfants qui dorment pour aller à des activités est effectivement aberrant. Pour chaque tranche d’âge, il convient d’analyser et construire un calendrier adapté aux besoins de l’enfant.

Même réflexion pour le secondaire ,où la prise en compte des rythmes des enfants est déférente que dans le fondamental.

Les locaux ne sont pas adaptés, les enseignants risquent d’être privés de leur salle de classe quand les enfants sont pris en charge par des animateurs. 

L’utilisation commune des salles de classes pose de réels problèmes pédagogiques et matériels. Malheureusement, dans de nombreuses écoles il n’y a pas d’espaces en nombre suffisant. Non seulement il peut y avoir, l’après-midi, d’autres ateliers pour enfants qui s’y déroulent, mais aussi le soir avec des cours pour adultes. Il est alors nécessaire de rechercher des solutions pour permettre un partage de l’espace : charte d’utilisation du matériel, explicitation des règles de fonctionnement auprès des élèves, etc. Il est vrai que l’état des infrastructures scolaires est très problématique, la réforme doit donc s’accompagner d’une stratégie pour sa rénovation. Là encore, la réforme des rythmes scolaires est l’occasion de soutenir le travail collectif des enseignants et l’articulation du travail des enseignants avec les autres professionnels intervenant dans l’école (accueillants, éducateurs, associatifs, logopèdes, etc.).